27 octobre 2016, 13:18

EPICA

"The Holographic Principle"

Album : The Holographic Principle

« The Holographic Principle » est le septième album des Hollandais EPICA qui est sorti chez Nuclear Blast Records fin septembre. Les musiciens reprennent exactement à l'endroit musical où ils s'étaient arrêtés avec leur précédente production, « The Quantum Enigma ». Tout est upgradé sur ce disque cristal ou numérique : c’est plus heavy, plus lyrique, plus épique, plus symphonique... Leur volonté créatrice de pousser les limites un peu plus loin sont bien présentes. La thématique centrale de l'album tourne autour de la philosophie du virtuel. La production  est énorme et digne des superproductions américaines de grands spectacles ou de films à millions d'entrées.

La virtualité, ce n’est ici que dans l’approche textuelle. Les instruments métalliques et surtout classiques sont bien réels sur l'album. Les passages thrashy, un peu death prog', induits par les guitaristes Jensen et Delahaye, abondent. Ce principe holographique a aussi une répartition millimétrée au niveau vocalises : environ 50 % de chant clair, aérien, cristallin ; 25 % de voix growlées et doublées et 25 % de chœurs. Les rythmiques (guitares, basse) sont puissantes, le travail de batterie est phénoménal et que dire des arrangements de claviers, de tout ce qui a été travaillé en numérique puis mis en vie avec un véritable orchestre ? Simone Simons, Mark Jensen et les membres d’EPICA se sont surpassés en essayant d'optimiser la formule de la précédente énigme. Cela dure 72 minutes et rien n'est virtuel...

Introduction symphonique et épique avec "Eidola", telles les 2 minutes d'un blockbuster. L'architecture sonore est massive. "The Cosmic Algorythm" est heavy, mélodique, fait headbanger. Les coups de double pédale sur des riffs énormes balaient tout sur leur passage. Les solos de guitare de Mr. Delahaye aussi. "Edge Of The Blade" est dans le même esprit, entraînant avec ses rythmiques façon cavalcade en forêt enchantée où les démons du metal règnent dans des coins retranchés et sombres... Je m’égare... Sur la parade fantasmatique, un des autres titres, c'est un combat de Voices où Simone est une Reine qui donne son aval aux chœurs, toute la musique est à son service sur ce titre. "Universal Death Squad" est fort dans ses mots, complexe, ambitieux, créatif. Le groupe a d'ailleurs choisi ce titre comme single. "Divide And Conquer" est dans le même style avec une forte présence de Jensen sur le titre.

"Beyond The Matrix" est épique, commercial, ressemble même à des titres que l'on peut entendre sur des productions dignes des plus grands films de la firme Disney, en plus dur. Les éléments orientalisants, les chœurs multiples et classiques sont parfaitement distillés. Gros break qui fait tout bouger, avec voix menaçantes et un solo de guitar-hero concluant le tout. "Once Upon A Nightmare" ressemble à un conte, introduit par des cordes... La symphonie introductive alterne les émotions. Miss Simons se place en reine des neiges du metal avec sa voix de déesse des sirènes. La chanson est lente, prenante. Les rythmiques heavy rejoignent en douceur la chanteuse au deux tiers de l'objet épique. Ce mélange sucré/pimenté est parfait. "Dancig In A Hurricane" est très oriental dans ses arrangements, très progressif dans son approche, mid-tempo qui s’accélère doucement avec la même formulée growlée.

Le morceau "Ascension" est sombre, gothique malgré tout. Jensen brille de mille feux. La voix narrée un peu plus d’une minute trente avant la fin apporte une touche de plus à l’histoire que nous raconte EPICA. Final en apothéose. "Tear Down The Walls" est une montagne russe heavy, thrashy, apocalyptique, elliptique émotionnellement parlant. Enfin, l’album s’achève sur une pièce maîtresse de plus de 11 minutes qui reprend le titre de l’album avec l’ajout des mots « A profound understanding of reality ». Il s’agit du résumé parfait du style des Hollandais : des chœurs religieux, une mélodie au piano accompagnée de cordes, du progressif, du symphonique, de l’épique, du metal, des tempos fluctuants, des ambiances multiples, du growl… Tout quoi !

« The Holographic Principle » est un must pour les fans d’EPICA et du style. Pour les autres, il n’y a rien de masochiste à écouter ce travail symphonic-metal néerlandais. L’écoute au casque à volume raisonnable est conseillée tant la complexité des arrangements est fabuleuse.
Le groupe a sorti une carte « produire plus, aller plus haut, aller plus loin ». Un très joli travail musical et vocal pour les amateurs du genre.

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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