5 janvier 2017, 22:15

STEVE 'N' SEAGULLS

Interview Irwin Remmel

C’est par une journée automnale que nous sommes conviés à rencontrer, dans un hôtel parisien, Remmel (guitare acoustique, mandoline, chant) de STEVE 'N' SEAGULLS, groupe finlandais folk-bluegrass qui gravite dans l’univers rock et metal. Après avoir explosé les vues sur YouTube avec leurs reprises d’IRON MAIDEN ("The Trooper") et d’AC/DC ("Thunderstruck", "You Shook Me All Night Long") issues de leur premier album, puis tourné massivement, les Finlandais reviennent avec leur nouvel album « Brothers In Farms ».


Juste pour le fun, aimes-tu les mouettes (seagulls) ?
(Rires) Oui, je viens d'une petite ville où il y a plein d'animaux et j'apprécie vraiment les mouettes (rires).

STEVE 'N' SEAGULLS, on a dû vous demander sans cesse ce que cela représentait, non ? C’est quoi alors ?
C’est un des membres du groupe qui a eu l'idée de ce nom. C'est un mix de Steven Seagal, l’acteur qui fait des arts martiaux, et de rock'n'roll. Et le nom est très rock’n'roll ! (rires)

Comment est né le groupe ?
Originellement, c'était en 2010. C'était un side-project. C'était un concept fun, un groupe qui jouait dans les restaurants, les hôtels et les bars. Je n'en faisais pas partie à lépoque, je suis arrivé il y a trois ans. C'est la même formation actuellement. Nous étions tous dans différents groupes à l’époque. C'était plus électrique au début, il y avait des guitares électriques, des claviers. Nous sommes tous de la même ville en Finlande, nous nous connaissions tous depuis toujours. Il y a trois ans, je bossais dans un magasin de musique, mais je voulais être musicien à plein temps et jouer live. C'était l'occasion avec STEVE 'N' SEAGULLS.

Tu faisais quoi avant de faire de la musique ?
J'ai étudié et travaillé dans le domaine de la petite enfance. J'étais enseignant, puis j’ai travaillé dans une usine d'acier et dans un magasin de musique. J'ai fait de la musique en solo, en groupe. J'ai aussi travaillé comme musicien freelance. Plein de choses en fait mais depuis ces 3 dernières années, ce n'est que le groupe pour moi. Nous avons trouvé notre son en acoustique avec un super ingénieur du son qui a fait du super boulot ! Notre son est énorme pour de l'acoustique même dans les festivals. Voilà un peu notre histoire.
 

« Nous avons eu la chance de travailler avec un super producteur et un super ingénieur du son qui ont capturé l'essentiel  du groupe. »  –Irwin Remmel


Comment a été créé « Brothers In Farms »?
Cela a été plus simple que le premier album où nous avions tout fait un peu dans tous les sens. Nous enregistrions pendant les tournées, entre les concerts, dans les chambres d'hôtel... un vrai bordel. Pour celui-ci, nous avons énormément répété : bus, backstage, chambre d'hôtel... Lorsque nous sommes arrivés en studio, les titres étaient quasi prêts sur le plan musical. Nous avons travaillé sur les voix surtout. Nous avons eu la chance de travailler avec un super producteur et un super ingénieur du son qui ont capturé l'essentiel du groupe. En studio, nous avons joué, joué, joué... Il y avait tout le matériel nécessaire : deux sets de batterie, des guitares, des mandolines, etc.
Toutes les chansons et tous les instruments ont été enregistrés live. Il y a quelques overdubs pour des solos difficiles ou des instruments additionnels comme la clarinette, par exemple. Pour les voix, tout a été fait en même temps : la voix principale était enregistrée dans une petite pièce pendant que les chœurs l'étaient dans une autre. Nous sommes quatre dans le groupe à faire les voix à tour de rôle. Il y avait des micros partout (rires).
Nous voulions vraiment pour cet album une énergie live, ce que nous aimons par-dessus tout. Nous voulions prendre ce risque pour cet album. Je crois qu'il fonctionne bien ainsi, nous avons réussi à faire ce que nous désirions.



 

Tu trouves qu'il existe des différences avec le précédent album ?
Oui, nous étions plus prudents. Nous n'avions pas encore défini précisément notre direction au niveau du son. Nous commencions à jouer tous ensemble. Deux à trois cents concerts plus tard, c'était plus simple (rires). Plus de répétitions, d'idées et notre ingénieur du son nous a dit : « OK, j'ai votre son ! ».

Comment se fait le choix des titres pour un album ?
Habituellement, l'un de nous vient avec une idée rythmique ou mélodique et une idée de chanson genre « je me souviens de cette chanson lorsque j'avais 15 ans ». On l'essaie avec un banjo, une mandoline, différents instruments. Si cela fonctionne, on bosse le titre.

Vous avez récemment fait une pub pour Citroën ?
Oui, c'était quelque chose de nouveau pour nous. Lorsque l'on nous a proposé de le faire, nous avons accepté le projet. Il y avait trois groupes différents et le groupe qui avait fait la chanson originale. C'était fun comme idée. Nous avons tourné la pub sur une journée en juin dernier.  C'était une autre façon de montrer une voiture à la télé.

Nous l'avons vue sur YouTube. Justement ce média a-t-il été important pour vous ?
Oui, nous avons eu beaucoup de chance. La première vidéo que nous avons faite était "The Trooper" d'IRON MAIDEN. On l'a tournée dans la cabane d'un des nôtres (le joueur d'accordéon) au milieu des bois. Un autre ami nous a filmés, un ami d'enfance de l'accordéoniste. C'était supposé être un outil promotionnel pour les agents qui font du booking en Finlande. On a mis le lien sur YouTube. Les fans de MAIDEN l'ont vue, Reddit.com a relayé, d'autres médias aussi. C'est devenu viral, c'était dingue. Nous avons eu de la chance. Nous étions contents. Les trois suivantes, nous les avons faites au même endroit: "Holy Diver" (DIO), "Thunderstruck" (AC/DC), "You Shook Me All Night Long" (AC/DC)... et "Seek And Destroy" (METALLICA) aussi.

Je te donne un nom de groupe que tu aimes ou que tu as repris et tu me donnes le mot qui te vient à l’esprit ?
METALLICA : Jeunesse.
AC/DC : Puissance.
GUNS N’ ROSES : Mélodies.
MEGADETH : Dave.
DEEP PURPLE : Hammond.
KISS : Masques.
GHOST : (il réfléchit) Je viens d'écouter leur dernier EP. Intéressant.
LORDI : Finlande.
MOTÖRHEAD : Basse.

Quelles reprises pouvons-nous attendre de vous dans le futur ?
Je ne sais pas. Mais c'est un secret en fait ! Nous avons quelques idées. Il y a toujours des titres de notre jeunesse et des titres récemment écoutés. Nous verrons bien. Nous allons essayer de jouer avec de nouveaux instruments acoustiques.
 

« Nous bossons constamment sur cette idée de titres originaux. » – Irwin Remmel


Et des titres originaux ?
Oui, nous bossons constamment sur cette idée. Il y en a un sur le nouvel album. Nous voulons laisser les choses se faire naturellement. Même si nous nous amusons avec les chansons que nous reprenons, nous travaillons dur et sérieusement. Nous répétons beaucoup et prenons du plaisir avec ces reprises et ces nouveaux instruments que nous testons.

Avec quel musicien aimerais-tu travailler ?
Question difficile ! Chaque membre du groupe aurait une réponse différente. Pour moi, ce serait Neil Young pour les musiciens vivants.

Et avec quel musicien décédé aurais-tu aimé travaillé alors ?
Il réfléchit...

Jimi Hendrix ?
Oui pourquoi pas. J'ai un énorme poster de lui sur l'un des murs de chez moi. Pour STEVE 'N' SEAGULLS, je dirais Jon Lord, un des musiciens les plus étonnants de la scène hard rock.

Si tu étais une drogue ?
Le cannabis. J'aime être relax en écoutant des albums. Si c'était avant de monter sur scène, ce serait quelque chose de puissant, de plus excitant.

Comme de l’Ecstasy ?
Oui, par exemple. Tu sais avant de monter sur scène, il y a toute cette énergie, tu oublies tout. Après le concert, j'adore être backstage en sueurs avec les autres. Un moment spécial.

C'est quoi ton plus gros rêve ?
Sûrement monter un projet communal artistique. Si j'avais de l'argent, je le ferai dans ma petite ville en Finlande. J'aime les créations artistiques ou l'on utilise différents formes d'architecture comme un building. J'aime aussi les projets spéciaux dans les musées.

Tu vis dans une ferme ?
Non, dans ma petite ville. J'ai passé tous mes étés chez mes grands-parents à la ferme. Maintenant, je suis proche de la mer, pas loin de la capitale. J'ai quand même ce souhait de rejoindre un jour la ferme de mes grands-parents. C'est un endroit magnifique où il fait bon y vivre. C'est comme sur une petite île au milieu d'un lac. 
 

« Nous avons passé plus de 200 jours sur la route ensemble. » – Irwin Remmel



Vous êtes des frères de la ferme dans le groupe ?
Oui, un peu (rires). Nous avons passé plus de 200 jours sur la route ensemble. Nous sommes un peu proches !

C’est quoi le programme de tournée du groupe ?
Nous finissons une partie de la tournée le 21 décembre, ce sera quelques semaines off après. Fin janvier, nous tournerons en Finlande. Ensuite, soit nous retournons aux USA pour une nouvelle tournée, soit ce sera une tournée en Europe. Tout ceci est en cours de discussion.

Quelle est la situation du groupe en Finlande. Vous êtes des rock-stars ?
Non (rires). Les choses se font petit à petit. Nous travaillons dur et avons bossé dur. Les gens commencent à nous reconnaître. C'est sympa. Nous aimons bien après les concerts boire quelques bières avec ceux qui sont venus nous voir. Nous discutons d'un peu de tout et de rien. C'est un honneur et un privilège d'avoir un public et de pouvoir être en interaction avec lui. Quand tu es en tournée, tu n'as le temps de rien faire, tu vois l'aéroport, la salle où tu joues. Parler avec les gens qui viennent te voir apporte un plus sur l'endroit où tu joues.

Tu n'as pas eu le temps de visiter Paris depuis hier ?
(Rires) Non, nous avons visité le restaurant à côté de l'hôtel. Une prochaine fois je l'espère.

Si tu avais quelque chose à dire en particulier pour terminer ?
Merci au public français d'être présent pour nous. A chaque fois que nous avons joué ici, cela a été fabuleux. J'ai aussi envie de dire aux lecteurs : sortez, allez voir les groupes en concert. C'est ça le vrai esprit de la musique !

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK