10 avril 2017, 11:59

DEF LEPPARD + POISON + TESLA

@ Montréal (Centre Bell)


Second concert de la tournée nord-américaine du package de luxe Classic-Hard-Rock mixant les Anglais DEF LEPPARD et les Américains POISON & TESLA. Pour POISON, la dernière tournée de reformation remonte à il y a cinq ans. Il s’agissait à l’époque d’une série de concerts avec leurs amis anglais et Lita Ford, à l’occasion du “Rock Of Ages Tour”.
En cette soiréee printanière, tout se passe au Centre Bell de Montréal, au Québec. L’arène, haut lieu des Canadiens de la ville, l’équipe de hockey sur glace, est remplie à craquer avec ses 15 000 sièges. A 19 heures précises, TESLA ouvre les hostilités avec un greatest-hits de ses plus 35 années de carrière. Jeff Keith, tout de blanc vêtu, assure le show, accompagné de Frank Hannon et Dave Rude (présent depuis onze ans maintenant dans le groupe) à la guitare, Brian Wheat à la basse, et Troy Luccketta à la batterie. "Into The Know" est puissant, heavy à souhait. "Edison’s Medicine" est out of time comme le chante Keith. Les guitaristes sont à fond. Le backdrop du groupe est vidéo-isé sur trois écrans avec les pochettes dalbum correspondant au titre interprété. Les deux célèbres reprises du groupe seront de la setlis, "Signs" de FIVE MAN ELECTRICAL BAND et "Little Suzi" de PhD avec ses parties acoustiques jouées par Hannon. Le gang de Sacramento y va aussi de sa "Love Song" et de "The Way It Is". Le public est réceptif, connaît bien le groupe qui est souvent programmé sur les radios locales.
Le matin même vers 9h30 était diffusé un certain nombre de ses grands classiques sur différentes stations dans la voiture ! Idem pour POISON, DEF LEPPARD et autres mercenaires du Hard Rock… Ça change des programmes radio français du matin ! TESLA est très pro et interagit de façon hallucinante avec son public. Le groupe achève son set avec le grand classique "Modern Day Cowboy" et son riff bien heavy ! Un best of de sept titres, un vrai teaser pour la soirée qui va suivre !

15 minutes de pause, la scène s’allonge un peu et dévoile le matériel de POISON. Backdrop vidéo avec le logo vert du groupe, jeux de lumières somptueux, Brett, CC, Rikki et Bobbi sont de retour au Canada. Un musicien aux claviers et aux chœurs est présent sur le côté de la scène. Pour moi, addict au metal, la dernière fois avec la bande à Michaels, c’était au début des années 90, avec mon frère de sang Fred, lors des Monsters Of Rock parisiens. Le groupe tournait alors pour son troisième album, « Flesh and Blood », et jouait en plein après-midi. "Look What The Cat Dragged In", issu du premier album, avec son riff heavy, ouvre le bal du hard rock des eighties. Projection dans les années MTV, clips démesurés, ouverture mentale du livre Hair Metal de Jean-Charles Desgroux (achetez le, c’est une bible sur la question), ce titre est une claque cognitive. C’est l’hystérie dans le Centre Bell… et ce n’est que le début. CC DeVille a troqué ses BC Rich d’époque contre des Flying V, Rikki Rockett (guéri d’une tumeur) est heureux d’être derrière ses fûts, Bobbi Dall court partout et Brett Michaels, bandana et chapeau vissé sur la tête, est en grande forme physique et vocale.


Aucune fioriture pour POISON, ce sera quatre gars avec leurs instruments qui font le show et de très beaux jeux de lumière. Point. Le groupe enchaîne sur "Ride The Wind" avec son riff initial simple, récurrent en DM (ré majeur), Brett Michaels prend une guitare Explorer pour accompagner CC. Titre hyper efficace. Le public est à un niveau sonore puissant et en communion totale avec les heavy glammers. Première reprise classique ensuite, véritable hit radio en Amérique du Nord déjà repris par beaucoup d’artistes comme Rob Zombie, JACKYL ou THE DEAD DAISIES, le "We're An American Band" de GRAND FUNK RAILROAD fonctionne de façon osmotique avec les 15 000 personnes présentes.
Brett Michaels remercie le public d’être là, de croire en eux et demande que tout le monde active sa fonction torche sur son smartphone. Dans un ciel virtuel étoilé, le chanteur avec sa guitare acoustique débute la ballade "Something To Believe In". Tout le monde chante à l’unisson. Chair de poule assurée ! Maintenant, place au rock'n'roll ! Riff d’intro avec CC, Brett Michaels jette sa guitare acoustique à son roadie, sort son harmonica et le groupe balance "Your Mama Don't Dance", la reprise de LOGGINS & MESSINA. Le Centre Bell est en feu.

Break avec solo de guitare de CC. La moindre note rend fou le public. Le solo se termine sur le riff de "Fallen Angel", ce hit de la fin des années 1980. L’ambiance est à son comble. On est dans le greatest-hits aussi ce soir et les titres de POISON sont indémodables pour un public connaisseur. "Unskinny Bop" est enchaîné. Break encore, Rikki y va de son solo de batterie et sort un petit drapeau canadien, ce qui n’est pas sans exciter encore plus le public. POISON continue d’achever ses fans avec le dantesque classique "Every Rose Has Its Thorn", ballade interstellaire. Le Centre Bell ne fait qu’un. Le sunset spectacle s’achève sur un "Talk Dirty To Me" énormissime. Le groupe est acclamé, les musiciens quittent la scène mais Brett Michaels reste un petit moment pour claquer des mains et parler aux fans des premiers rangs. Un grand moment et un grand concert !



 

Un rideau géant DEF LEPPARD cache la scène gigantesque qui va accueillir le groupe de Joe Elliott qui tourne pour la promotion de son dernier album éponyme. La set-list de ce soir va être très équilibrée niveau succès du groupe et donc toucher ses grandes périodes en faisant toutefois l’impasse sur « Slang » et « X » par exemple. Ouverture somptueuse du show avec "Let’s Go" issu du dernier album. Un écran vidéo géant fait office de backdrop et deux écrans latéraux retransmettent d’autres éléments du spectacle. L’entrée en matière est puissante. Joe Eliott, Rick Savage, Rick Allen, Vivian Campbell et Phil Collen sont charismatiques. Le groupe enchaîne sur "Animal" et dès les premières mesures, le public est en transe, nouvelles projections vidéos en symbiose. Le parterre est en adoration, le groupe est immortel… En témoignent les différences d’âge dans le public !
DEF LEPPARD adore ses fans et ces derniers le lui rendent puissance un million pour son rock hystérique depuis 40 ans. Joe Elliott échange avec le public en s’essayant au français « Mon anglais est un peu meilleur ! », fait éclairer la salle, prend Phil Collen ou Vivian Campbell comme témoins de ce super moment qui est en train de se dérouler.

Un petit "Let It Go" des familles, hyper efficace, enflamme la salle montréalaise, enchaîné sur un nouvel extrait très « Hystéria » de leur dernier album : le single "Dangerous" que tout le monde connaît sur le bout des doigts. Place à Vivian d’avancer sur la scène avec son chanteur pour l’intro d’un extrait de « Pyromania », "Foolin’"… Chanson efficace avec ses arpèges et ses riffs, le groupe défonce tout, les chœurs sont impeccables. Eliott agite son pied de micro avec son foulard british accroché. Tout le monde dégaine son smartphone pour un flot de lights pendant "Love Bites", le backdrop étant l’accompagnement lyric-vidéo du titre. Un moment d’anthologie mélancolique. Autre extrait de leur album multi-platine « Hystéria » : "Armageddon It". Idem, public en furie. Rick Savage offre un solo de basse. Joe Eliott quitte la scène. Lights flashisants, il revient, looké seventies, veste et chapeau haut-de-forme pour une reprise du "Rock On" de David Essex, datant de 1973 (et figurant sur l’album de reprises « Yeah!» paru en 2006).



 

Eliott envoie ensuite leur titre façon "Another One Bites To Dust" de QUEEN, avec son compère bassiste. Ça groove à Montréal avec des effets de couleurs psychédéliques aux impressions de vagues ! Une petite "Rocket" est balancée ensuite. Retour, un peu avant en 1981 avec la ballade "Bringin’ On The Heartbreak" qui nous rappelle feu le guitariste Steve Clarke. Place ensuite à l’instrumental "Switch 625", tout le monde se donne à fond. Le duo Collen-Campbell est phénoménal. L’ambiance aussi. Puis, Rick Allen entame un solo de batterie. Les caméras le filment avec brio. Il rayonne dans les écrans, son casque protecteur auditif, un peu comme un bijou Swarovski, aux couleurs du drapeau anglais, brille aussi. Le batteur est acclamé, ovationné, la star de la soirée et il y en a ce soir des rock-stars. Allen est touché et remercie son public par un V de victoire dans son gant noir. Le morceau repart et s'enchaîne sur le big titre « Hysteria ». L’écran géant diffuse d’ailleurs un historique du groupe en images (photos, films, clips d’époque). C’est touchant émotionnellement parlant comme moment...

"Do You Wanna Get Rocked ?" retentit… "Let’s Get Rocked", avec des vidéos en arrière plan hallucinantes, est interprété avec brio. Solo de Phil Collen. Tout monte d’un cran encore avec "Pour Some Sugar On Me". Cette chanson est utilisée dans des pubs, salons de strip-tease de luxe, des films et a même été chantée dans Rock Forever par Tom Cruise (qui l’avait interprété, mort d’angoisse, devant le groupe d’ailleurs). Le titre est également vendu imprimé sur des culottes sexy dans les stands de merchandising de la salle.

Fin du concert. Les lumières sont cependant éteintes...

C’est le feu sonore dans le Centre Bell. L’intensité est plus forte que lors d’un match de hockey. Joe and Co. reviennent pour le rappel : deux titres du début de leur carrière avec "Rock Of Ages" et "Photograph" et son défilé d’images d’anthologie sur l’écran géant. DEF LEPPARD se fait plaisir. Le groupe est à un niveau d’interprétation à haut potentiel après 40 ans de tournées, de studio, de sorties multiples, de hauts et de bas. Il est plus que généreux avec son public, Joe Eliott s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet tout au long de la soirée. La mise en scène des musiciens, les décibels et les projections qui rayonnent sur l’écran géant en fond d’espace sont fabuleux. Que vous dire pour conclure ? Une affiche de rêve pour les fans de ces trois groupes légendaires. Une soirée de dingues. Un public hypersyntone. On souhaite tous et toutes une affiche de ce type en France en dehors de ce que peuvent nous proposer nos festivals.


Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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