31 mai 2017, 15:08

WHISKEY MYERS

@ Paris (Théatre Les Etoiles)

Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre en terme de réception du tout premier concert parisien (sauf erreur de la part de votre serviteur) de WHISKEY MYERS. Programmé au théâtre Les Etoiles, nous pensions même découvrir les Texans sur scène dans un cadre plutôt intime. Force est de constater que c'est tout l'inverse, et que l'ascension que WHISKEY MYERS connait aux Etats-Unis a quelque peu contaminé l'Europe, le parterre de la salle étant plein comme un œuf !



On rentre tout de suite dans le vif du sujet, le concert ne proposant pas de première partie et WHISKEY MYERS d'entrer en scène sur les coups de 20h15 pour nous offrir un show qui a de vraies allures de tête d'affiche avec 1h45 au compteur. Il faut bien garder à l'esprit que si nous découvrons ce soir le groupe en live, il a tout de même 10 ans d'ancienneté et 4 albums dans la besace, de quoi proposer un set ultra rodé qui pioche allègrement et de manière équilibrée dans les 3 derniers albums que sont « Mud » (2016), « Early Morning Shakes » (2014) et « Firewater » (2011).

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, WHISKEY MYERS est un septet qui donne dans un savoureux mélange à la croisée des chemins du rock sudiste, de la country, du hard rock et du bluegrass et on ne pourrait que conseiller aux amateurs de ces styles d'y jeter une oreille s'ils sont en quête de nouveauté et de fraîcheur.
Le concert démarre sur les chapeaux de roues le très convaincant "On The River", où l'on souligne d'emblée la belle plus-value du multi-instrumentiste Jon Knudson, qui magnifie ici la chanson avec son violon et lors de la majorité du reste du set avec son clavier et parfois même un saxophone ! Le percussionniste Tony Kent se montre quant à lui beaucoup plus dispensable et à sept sur une petite scène, les trois piliers du groupe que sont le frontman charismatique Cody Cannon et les deux excellents solistes avec l'imposante tige barbue et chapotée Cody Tate et le "babyface" John Jeffers, sont pratiquement les seuls bien visibles tout devant tandis que, faute de place, les autres se retrouvent remisés dans le fond.
Ces trois-là nous offrent d'ailleurs un festival de sonorités différentes en utilisant une multitude de guitares différentes, enchainant Stratocaster, Telecaster,  Les Paul, SG et autant de combinaisons de micros différentes (humbucker, micro simple, P-90), tout cela ne faisant qu'accentuer un peu plus la large palette sonore du groupe.



Après ce premier titre subtil et abouti, s'ensuit un autre qui l'est tout autant, mais dans un genre beaucoup plus heavy, "Mud" balancé à 3 guitares électriques (Cody Cannon est davantage à l'acoustique) et dont la voix éraillée et l'attitude de Cannon ne fait qu'appuyer davantage là où ça fait du bien ! On le disait, Tate et Jeffers sont de grands guitaristes et ne tardent pas à le montrer avec un duel de phrasés nerveux de toute beauté sur "Early Morning Shakes". Signalons d'ailleurs l'inclinaison de WHISKEY MYERS à transcender ses chansons grâce à de nombreuses jams, lorgnant dans l'esprit vers THE ALLMAN BROTHERS BAND, même si le style du groupe se montre plus direct à la manière d'un LYNYRD SKYNYRD avec une qualité de composition et d'arrangements des BLACK CROWES.
N'imaginez pas forcément un croisement de ces 3 monstres sacrés, mais dans l'idée, il y a un peu de ça. WHISKEY MYERS, en bon groupe du sud, nous propose également grand nombre de titres lumineux et festifs qui sentent bon le barbecue, le coup de soleil... et le whisky avec "Lightning Bugs and Rain" ou bien encore "Some Of Your Love". Titre irrésistiblement catchy de son nouvel album, "Frogman" s'impose vraiment ce soir avant que l'on se délecte de ce "Bill" chanté par la voix impayable de Cody Tate. Le percussionniste devient fou pendant "Home" et vient taper comme un damné sur sa cloche au devant de scène avant que "Headstone" ne s'impose comme un autre grand moment de la soirée.
En fin de set, nous sommes surpris d'entendre une reprise du "Seven Nation Army" de THE WHITE STRIPES, version magnifiée à l'envi par des solos dantesques et une autre jam ! Ce concert, aussi bon que prometteur pour la suite, s'achève avec le délicat "Stone" et le groove contagieux de "How Far".
Franchement, WHISKEY MYERS n'a pas déçu en concert les espoirs mis en lui à l'écoute de ses albums.


Photos © Axelle Quétier


Blogger : Laurent Reymond
Au sujet de l'auteur
Laurent Reymond
Passionné de musique (et de basket-ball), j'ai fondé mon webzine Heavy Music en 2004 afin de partager mon avis sur l'actualité musicale, tenter de poser des questions pertinentes à mes musiciens favoris et mettre la lumière sur des formations chères à mes yeux. De 2008 à 2012 j'ai officié au sein de Rock Hard, avant de revenir à Heavy Music cette même année et de participer depuis 2014 à l'aventure Hard Force. Une manière de boucler la boucle pour moi, lecteur assidu de la version papier de Hard Force dans les années 90, mon magazine de chevet pendant l'enfance et l'adolescence. Metal, Hard-rock, Classic-rock, Rock sudiste, Stoner, Doom, Rock Progressif, Blues, Jamband, Funk, Jazz...peu importe, pourvu que la musique soit bonne, organique et personnelle !
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