30 juillet 2017, 13:40

MR. BIG

• "Defying Gravity"

Album : Defying Gravity

MR. BIG est de retour et veut défier la gravité avec une nouvelle sortie. Le groupe a toujours cette orientation artistique particulière concernant ses pochettes de disques avec, ici, un éléphant en équilibre sur sa trompe. Ce neuvième album studio est produit par Kevin Elson, le responsable des quatre premières sorties des Californiens : « Mr. Big » (1989), « Lean Into It » (1991), « Bump Ahead » (1993) et « Hey Man » (1996). La production est d'ailleurs plus brute que le précédent album. Une volonté de retourner aux racines ? Quoi qu’il en soit, il y a cet esprit qui plane sur ce « Defying Gravity » avec les combinaisons musicales de Paul Gilbert et de Billy Sheehan sur le timbre vocal caractéristique et les mélodies d’Eric Martin. En raison de ses problèmes de santé, Pat Torpey n’a réalisé les batteries que sur quelques chansons. Matt Star, qui l’avait aidé sur la précédente tournée, s’est chargé de la majorité des parties. MR. BIG a mis six jours pour enregistrer les chansons en les interprétant live au studio, comme le rappelait récemment Paul Gilbert.

« Defying Gravity » sonne hard rock bluesy mélodique avec une recette bipolaire propre à Martin, Gilbert, Sheehan et Torpey. Le titre générique est justement un exemple parfait rappelant l’époque du deuxième album dans son architecture mélodique, ses riffs catchy, ses refrains et ses lignes de guitare entêtantes. Paul Gilbert n’y va pas de main morte. "Open Your Eyes", le premier titre du disque, a l'empreinte hard bluesy période seventies tout comme "Everybody Need a Little Trouble", très groovy dans son approche. Eric Martin a cette qualité mélodique tout de suite reconnaissable.
"1992" est old-school à souhait comme son titre numérique l’indique, avec du gros riff heavy mid-tempo. Gilbert sait ce qui va plaire aux fans du supergroup. "Mean To Me" est un rouleau compresseur dans son toucher rythmique au niveau des riffs. On a même droit à un duel basse/guitare spécifique à Messieurs Sheehan et Gilbert (il y en a ailleurs aussi). "Nothing At All" a cet air de déjà-entendu dans la rythmique groovy et hard rock
funky. Il y a de l’influence BEATLES, FREE, mixé à du MR. BIG de la première heure dans ce titre. Le break avec les guitares solos dissonantes est excellent.

L’autre facette de l’album est plus hard-pop comme le titre radio-friendly "She’s All Coming Back To Me Now" et son refrain mielleux sur des arpèges électriques et des harmonies typiques. "Forever And Back" est la classique ballade du groupe avec ce contraste mélancolique entre les couplets, ce mot « back » répété de nombreuses fois et qui fait effet avant le refrain, et justement ce refrain soutenu par des chœurs à la MR. BIG. Un solo de Gilbert comme il le faut aussi. Une formule que le groupe connaît sur le bout des doigts.

Deux autres titres ont une structure acoustique essentiellement. "Nothing Bad (About Feeling Good)" vous propulse en 1992 à l’époque du single "To Be With You". "Damn I’m In Love Again" est une promenade country avec ses guitares acoustiques, sa basse ronflante, une caisse claire prédominante. L'histoire d’amour d’un homme ordinaire. On a l’impression d’avoir déjà entendu ce titre mais c’est tellement bien fait !  "Be Kind" est bluesy, sept minutesn dans l’esprit de la Motown. Le solo de Gilbert est fabuleux, les harmonies vocales aussi, la section rythmique est pachydermique. Le titre s’achève à 5'33" et... repart comme une jam des années 70, ça shredde, les notes fusent de tous les côtés, que ce soit la basse ou la guitare, les fûts sont martyrisés, pareil pour les cymbales. Joli clôture de l’album.

MR. BIG retourne à ses racines avec cet album, une formule artistique parfaitement maitrisée depuis 1989. Ce disque aurait pu sortir juste après « Hey Man » en 1996. Il n’a cependant rien de vieux, au contraire. Martin et ses camarades (dé)montrent tout le talent de composition d’un "supergroup" encore en activité après tant d’années et l’emploi du temps chronophage du guitariste, du bassiste et du chanteur.
« Defying Gravity » : un bonne pièce de hard rock mélodique teinté de blues, de groove et de mélodies parfaites pour votre cerveau cet été !

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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