11 février 2019, 10:08

61e Grammy Awards

• Quelle place reste-t-il au rock ?


Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

C'est la question qu'on est légitimement en droit de se poser en 2019 lorsqu'on voit la place accordée au rock - ne parlons même pas du metal - aux yeux de l'industrie musicale américaine.
On a connu des périodes de vaches maigres, mais honnêtement, il faut être peu exigeant pour se satisfaire du palmarès présenté ce 10 février 2019.
La variété pop, les musiques dites urbaines, les catégories marquant la spécificité du marché américain (pop, r&b, hip-hop, latin, country, christian) raflent comme toujours la mise, ne laissant que des miettes à ce qui nous fait vibrer.
Soyons honnêtes et surtout lucides, les Grammys n'ont jamais été un haut lieu de l'électricité débridée, hormis la catégorie spécifique metal.
Pour mémoire, l'année dernière, MASTODON avait remporté "The Best Metal Performance" avec "Sultan's Curse", la meilleure chanson rock était attribuée à FOO FIGHTERS avec "Run" et puis c'est tout...
C'est donc toujours avec plein d'espoir qu'on attendait la révolution - évidemment, je plaisante - et pour ne rien vous cacher, il n'y avait pas de raison de veiller cette nuit pour ça, mais après le spectacle offert par "Les Victoires de la musique" vendredi soir, on se raccroche à ce qu'on peut quand l'affaire est pliée et entendue chez soi.

On avait appris il y a quelques jours que Tobias Forge de GHOST y pointerait le bout de son nez, lui le grand gagnant de la catégorie metal de 2015, mais on ne se faisait pas grande illusion pour le reste.
 


Alors, dans quelles catégories pouvait-on envisager de faire péter le bouchon ?
Rien pour "L'enregistrement de l'année", rien pour "L'album de l'année", rien non plus pour "Le disque de l'année", une option pour GRETA VAN FLEET dans la catégorie "Meilleur jeune artiste", rien pour "L'artiste solo de l'année", rien évidemment dans les styles hors-sujet ici et même rien à attendre de fracassant en musique alternative, ni dans les clips. 

En revanche, ARCTIC MONKEYS, Chris Cornell, HALESTORM, THE FEVER 333 et GRETA VAN FLEET concourraient pour la "Meilleure performance rock" et dans la catégorie du meilleur groupe metal, BETWEEN THE BURIED AND ME, DEAFHEAVEN, TRIVIUM, UNDERØATH et HIGH ON FIRE allaient se chamailler.
GRETA VAN FLEET avait ses chances avec le titre "Black Smoke Rising", mais avait en face de lui St. Vincent, TWENTY-ONE PILOTS, BRING ME THE HORIZON (avec "Mantra") et... GHOST avec "Rats".
La catégorie "Meilleur album rock" pouvait aussi laisser entrevoir un espoir de reconnaissance pour "Prequelle" de GHOST, "Mania" de FALL OUT BOY, "From The Fires" de GRETA VAN FLEET, "Rainier Fog" d'ALICE IN CHAINS et "Pacific Daydream" de WEEZER. Sans omettre que GUNS N' ROSES pouvait avoir ses chances comme - si, si, ils ont fait un Grammy pour ça - "Meilleur coffret ou packaging édition limitée" avec, on le rappelle, le "Appetite For Destruction (Locked N' Loaded Box)" qui a fait tant parler.

La mémoire courte
Comme chaque année, la cérémonie rendait hommage aux grands disparus de l'année passée.
Une manière comme une autre aussi de constater, malgré 4 nominations entre 1994 et 2000, que la Recording Academy a non seulement oublié PANTERA, mais qui était Vinnie Paul, l'une des pertes, parmi d'autres malheureusement, qui ont marqué le monde du metal en 2018. Nous, on te salue Vinnie !

Et les gagnants sont...
 


HIGH ON FIRE sont donc les préférés de l'industrie musicale américaine dans la catégorie metal avec son huitième album studio "Electric Messiah".
Etonnant choix (rassurant ?) quand on remarque que le trio californien n'a aucun clip à son actif pour ce disque, si ce n'est des lyrics vidéo, face à l'armada de communication visuelle et marketing déployée par tous les gagnants des awards.   
 


GRETA VAN FLEET et son revival classic rock remporte le trophée comme "Meilleur album rock".
A titre posthume, Chris Cornell voit d'en-haut la profession lui rendre hommage avec "When Bad Does Good", "Meilleure performance rock".
Et GHOST repart bredouille cette année, malgré les arguments très favorables qui pouvaient séduire sur "Prequelle"...

Comme dirait le fan de rock, philosophe de comptoir à ses heures : "moins les choses changent, plus elles restent les mêmes..."

Si vous ne connaissez pas HIGH ON FIRE...

Blogger : Christian Lamet
Au sujet de l'auteur
Christian Lamet
Christian Lamet est réalisateur, journaliste et producteur pour la télévision et le multimédia...entre autre. Fondateur en 1985 du magazine HARD FORCE, il en a été le rédacteur en chef durant ses quinze années de parution en kiosques. Depuis, l'aventure HARD FORCE a repris depuis 2008 sur le web, devenant ainsi le plus ancien média metal en France toujours en activité encore mené par son fondateur. Christian est également producteur et réalisateur du media digital HEAVY1 en partenariat avec LIVE NATION FRANCE et du webmagazine METALXS.
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