7 février 2020, 15:40

W.I.L.D.

• Interview Jérôme Thilly & Fred Patalas


© François Lampin


C'est en octobre dernier que Jérôme Thilly annonçait sur la page facebook de W.I.L.D. sa décision de mettre fin à une aventure de presque deux décennies. Cette collaboration a pris fin le 16 décembre 2019 chez Paulette en compagnie de MORTUARY. Ce départ était plutôt inattendu puisque ces dernières années le groupe s'était fait un nom sur la scène death metal française grâce à deux très bons albums « Purgatorius » en 2017 et « The Domination Chronicles » en 2019, mais aussi de nombreux concerts un peu partout en France. Nous nous sommes donc entretenus avec Jérôme Thilly pour lui demander les raisons de son départ, et partager quelques souvenirs inoubliables de cette belle aventure. Nous en avons aussi profité pour demander à Fred Patalas de nous parler de l'avenir du groupe.


Pourquoi quitter W.I.L.D. après deux excellents albums alors que le groupe est sur une pente ascendante et aussi devenu visible sur la scène nationale ?
Jérôme : Merci pour ce compliment ! La raison pour laquelle j'ai décidé de quitter le groupe est assez simple. Cet été, des "événements" m'ont fait comprendre certaines choses. En me projetant sur l'année à venir, je me suis dit que je ne pourrai plus être autant disponible que par le passé. J'ai donc préféré quitter l'aventure. C'était une importante décision à prendre, mais il le fallait.

Quand et comment a commencé l'aventure ?
Jérôme : C'est en 2001 que Fred, que je connais depuis l'âge de 3 ans, et qui avait monté un groupe instrumental m'a demandé de venir en répétition gueuler 2 ou 3 trucs. Je n'avais jamais pousser la chansonnette auparavant et je me suis dit "pourquoi pas" ! Le groupe n'était pas forcément à la recherche d'un chanteur mais le fait qu'on se connaissait avec Fred a bousculé les choses. Avec le recul je pense que c'était vraiment pas super mais je devais avoir du potentiel (rires) ! Je me suis pris au jeu, j'ai commencé à chanter en concert le titre "Lies" écrit par Jean-Phi, le bassiste de l'époque, ensuite je me suis mis à écrire des textes, on a imaginé des parties acoustiques et ainsi de suite. Dix huit années plus tard et plusieurs démos, EP et albums, je peux dire que je ne m'en suis pas trop mal sorti.

Ton pire et ton meilleur souvenir ?
Jérôme :
Pas facile... Le pire, je pense que c'est durant mes premières dates, les balances s'étaient bien passées. On commence et là pas de chant, c'était dans un bar donc pas d'ingénieur du son. Je n'avais pas d'expérience scénique donc je me suis énervé et je suis reparti dans les loges ! Réaction de merde quand même (rires) !
Pour le meilleur, difficile d'en choisir un seul du coup j'en donne deux ! Lorsque j'ai su qu'on partirait sur la tournée européenne avec VADER et MELECHESH. On a vécu un truc de fou. Plus de vingt dates, quatre groupes dans un tour bus, on a traversé je ne sais combien de pays, rencontré des centaines de personnes !
Le deuxième c'est quand j'ai su qu'on jouerait juste avant SEPULTURA à l'Aeronef de Lille. J'étais au boulot, Fred m'a appelé et là la nouvelle de fou tombe ! J'ai raccroché et levé les bras comme quand un joueur de foot marque un but !

Comment un fan de rock progressif de années 70 devient growleur dans un groupe de death metal ?
Jérôme : (Rires) ! Comme dit plus haut ça s'est fait par hasard. J'écoutais du metal avant d'écouter du rock progressif. Après au niveau des textes, je pense que certains sont inspirés de textes prog'. Les arpèges assurément le sont. J'ai pu découvrir des groupes comme OPETH et me prendre d'énormes claques à chaque écoute. En 18 ans, j'ai rencontré beaucoup de musiciens qui jouaient dans des formations extrêmes qui sont également fans de KING CRIMSON, YES ou GENESIS (période Peter Gabriel).

As-tu de nouveaux projets dans la musique ? Si oui, veux-tu en parler ?
Jérôme : Aucun pour le moment.

Comment tes compères ont reçus la nouvelle de ton départ ? S'y attendaient-ils ?
Jérôme : Il faudrait leur demander en fait. Je n'en avais parlé à personne autour de moi. J'ai voulu qu'on se rencontre pendant l'été mais ça n'a pas été possible. On reprenait les répétitions début septembre, j'ai donc voulu parler dès la rentrée au groupe et j'ai alors expliqué ma réflexion, mes raisons et ma décision, dans cet ordre. Je pense que personne ne s'attendait à ça. Évidemment, j'ai dit que ça ne se ferait pas du jour au lendemain. J'ai donc assuré les dates jusqu'à la fin de l'année y compris celles rajoutées. On m'a régulièrement demandé si j'avais bien réfléchi, si j'étais certain d'avoir pris ma décision ! C'est le cas, maintenant c'est derrière moi et je leur souhaite le meilleur pour la suite.

Changer de chanteur après presque deux décennies n'est pas chose aisée d'autant que W.I.L.D. est une bande de potes. Comment abordez vous cette transition ?
Fred :
Alors effectivement ça fait 18 ans que Jérôme officiait dans le groupe, donc oui ce n'est pas une chose aisée. On ne l'a pas choisi et on respecte son choix car il faut qu'on fasse avec. C'est forcément un crève cœur car Jérôme et moi sommes potes depuis 35 ans. Nous avons aussi partagé beaucoup de choses ensemble et donc son départ du groupe me marque d'une façon personnelle. Maintenant, le groupe doit aller de l'avant car nous sommes encore quatre. Même si l'identité d'un groupe se traduit aussi par son chant, il va falloir que l'on soit exigeant sur les qualités du nouveau chanteur (sourire).

Quels sont les critères attendus pour le nouveau growleur qui vous rejoindra ?
Fred : Justement nous avons pas mal de critères attendus. Nous voulons être exigeant tout en restant humain, car nous ne sommes pas un groupe professionnel, il nous faut avancer, et nous souhaitons continuer à prendre du plaisir. Il nous faudra donc un chanteur avec qui ça se passe bien humainement, ensuite il faudra forcément qu'il sache growler mais on espère aussi trouver chez lui une perspective d'évolution quant au chant et à la composition, qu'il soit disponible et surtout qu'il aime la bière c'est assez primordial (sourire).

Quelles sont les prochaines échéances ?
Fred : Alors nous avons quelques concerts en avril et en mai ce qui fera la main au nouveau chanteur, nous jouerons le 11 avril au Chaulnes Metal Fest avec entre autres MORTUARY, DESTINY et BLOOD RED THRONE, le 25 avril à l'Usine à Chapeaux de Rambouillet pour la dernière date de nos potes PITBULLS IN THE NURSERY et FATAL. Le 2 mai nous jouerons  au Dreamer Fest avec en tête d'affiche ENTOMBED AD, voilà pour ce qui est des concerts. Nous avons aussi commencé doucement à travailler sur la suite de « The Domination Chronicles » qui est sorti il y a moins d'un an et qui nous a permis de faire vraiment de super scènes. L'heure est à la patience et nous prendrons le temps de bien faire les choses.

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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