3 mai 2020, 19:51

PARKWAY DRIVE

• "Viva The Underdogs"

Album : Viva The Underdogs

Comment ? Une heure et douze minutes, c’est tout ? « C’est un peu court, jeune homme ! », comme dirait Cyrano De Bergerac. Effectivement, le film « Viva The Underdogs » de PARKWAY DRIVE est tellement bien filmé, prenant et passionnant de bout en bout que l’on aurait aimé qu’il dure plus longtemps. Cela dit, cette durée est aussi l’un de ses atouts car on ne s’y ennuie pas une seule seconde.

Retraçant la carrière du quintet australien né à Byron Bay en 2002, ce documentaire est incroyablement authentique et émouvant. Se terminant sur la date butoir du Wacken Open Air de 2019 dont le groupe assurait la tête d’affiche, point d’orgue de cette tournée monumentale, l’histoire démarre début 2019 à Berlin, en Allemagne, pour les répétitions du "Reverence Tour" qui allait sillonner le globe. Avec de nombreux flashbacks agrémentés d’images d’époque, le film offre un regard intime sur les 15 dernières années des cinq musiciens/surfeurs aux corps d’athlètes. Car comme on peut le constater, le surf fait partie intégrante de leur philosophie de vie. Les quelques gamelles qui nous sont données de voir sont la preuve que ces gars-là sont des têtes brûlées, un peu tarés, mais hilarants et tellement attachants. Il faut aussi savoir que s’exporter et tourner, pour un groupe australien, coûte une fortune de par la position géographique de l’île. En effet, rallier les continents européen ou américain n’est pas une mince affaire, entre les billets d’avion hors de prix et le matériel de scène à transporter.

On découvre également que PARKWAY DRIVE est composé de cinq musiciens qui s’investissent intégralement dans leur groupe. Ils s’occupent absolument de tout, design, communication, financement, scénographie, etc. Et le management a même été attribué au guitariste rythmique Luke "Pig" Kilpatrick. Leur ingénieur du son n’est autre qu’un fan qui les suit depuis qu’il a 11 ans, Fishy de son petit surnom. C’est le témoignage de la vie d’un groupe dans toute sa complexité logistique, avec les éclats de rires, la fatigue, les moments magiques mais aussi les galères à gérer, comme la date à Hollywood où la table de mixage explose et rend l’âme, empêchant les musiciens de poursuivre le concert, au grand dam des fans, déçus de voir leur spectacle annulé. Ou encore le Resurrection Fest à Viveiro, en Espagne, où ils sont obligés de retarder leur performance à cause de violents orages, avant que, cerise sur le gâteau, la structure métallique de fond de scène qui est censée déclencher une grosse pyrotechnie, après le lancer du cocktail Molotov du chanteur Winston McCall, refuse de fonctionner.

Et puis, entre les témoignages des personnes gravitant autour du groupe et les scènes de franche rigolade, on a droit à des extraits surpuissants des concerts de PARKWAY DRIVE durant cette tournée. On les suit en Australie, à Byron Bay, où ils s’accordent 15 jours de repos avant le fameux Wacken Open Air. Jia "Pie" O’Connor, le bassiste, trouve le moyen de se casser la rotule pendant ces quelques jours, et c’est en fauteuil roulant, poussé par sa propre mère, qu’il joue sur la scène du festival allemand. La maman va même décider de s’offrir son premier crowdsurfing. Telle mère, tel fils ! Les extraits tirés du concert à Wacken sont époustouflants : l’immensité de la foule rassemblée à perte de vue, le public sautant comme un seul homme, les circle-pits de folie, les larmes du chanteur, pris par un flot d’émotions, le guitariste soliste, Jeff Ling, qui fait chanter les fans avec ses riffs ultra efficaces, le batteur, Ben "Gaz" Gordon, entouré par les flammes, impressionnant de maîtrise derrière son kit...

Le son de ce documentaire est monumental, les images sont d’une qualité exceptionnelle et le montage est parfait, donnant suffisamment de rythme à l’histoire. Pour soutenir le film, le groupe a également sorti le CD du concert du Wacken Open Air, sur lequel on peut apprécier une bonne partie de la set-list ainsi que la version studio de trois de ses chansons réenregistrées en allemand ("Vice Grip", "The Void" et "Shadow Boxing"). Expérience un peu étrange que d’entendre ces titres dans la langue de Goethe, mais il faut bien avouer que la musique énergique et agressive du groupe se prête plutôt bien à l’exercice.

Ce superbe film nous prouve que PARKWAY DRIVE est devenu, en l’espace de quelques années, un des nouveaux géants de la scène metal mondiale, mais qu’il n’en a pas renié ses origines pour autant. La sincérité poignante du groupe, sa motivation, toujours plus forte, son investissement personnel et sa vision grandiose et théâtrale des spectacles qu’il offre sont autant de raisons d’aimer et de respecter encore plus ce groupe. Vivement le Zénith à Paris en novembre prochain. Et Viva The Underdogs !

Blogger : Sly Escapist
Au sujet de l'auteur
Sly Escapist
Sly Escapist est comme les chats : elle a neuf vies. Malgré le fait d’avoir été élevée dans un milieu très éloigné du monde artistique, elle a réussi à se forger sa propre culture, entre pop, metal et théâtre. Effectivement, ses études littéraires l’ont poussée à s’investir pendant 13 ans dans l’apprentissage du métier de comédienne, alors qu’en parallèle, elle développait ses connaissances musicales avec des groupes tels que METALLICA, ALICE IN CHAINS, SCORPIONS, SOUNDGARDEN, PEARL JAM, FAITH NO MORE, SUICIDAL TENDENCIES, GUNS N’ROSES, CRADLE OF FILTH, et plus récemment, NIGHTWISH, TREMONTI, STONE SOUR, TRIVIUM, KILLSWITCH ENGAGE, ALTER BRIDGE, PARKWAY DRIVE, LEPROUS, SOEN, et tant d’autres. Forcée d’abandonner son métier de comédienne pour des activités plus «rentables», elle devient tour à tour vendeuse, pâtissière, responsable d’accueil, vendeuse-livreuse puis assistante commerciale. Début 2016, elle a l’opportunité de rejoindre l’équipe de HARD FORCE, lui permettant enfin de relier ses deux passions : l’amour des notes et celui des mots. Insatiable curieuse, elle ne cesse d’élargir ses connaissances musicales, s’intéressant à toutes sortes de styles différents, du metalcore au metal moderne, en passant par le metal symphonique, le rock, le disco-rock, le thrash et le prog. Le seul maître-mot qui compte pour elle étant l’émotion, elle considère que la musique n’a pas de barrière.
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1 commentaire

User : Jean-François
Jean-François
le 04 mai 2020 à 19:11
Ils sont forts ces australiens,je vais de ce pas voir ce doc, merci sly ???
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