29 avril 2022, 18:51

THUNDER

"Dopamine"

Album : Dopamine

La dopamine est un neurotransmetteur impliqué dans les récompenses naturelles de l’Homme, nécessaire à sa survie : manger, se désaltérer, avoir des rapports sexuels. On sait aussi qu’elle est impliquée dans les sentiments amoureux, le goût immodéré pour la musique et dans les addictions aux substances licites/illicites et aux comportements. Après avoir lu un article sur cette molécule du plaisir, le chanteur, Danny Bowes et le guitariste et compositeur prolifique, Luke Morley se sont penchés sur cette question ! Après un excellent précédent album intitulé « All The Right Noises » sorti en pleine pandémie l’année dernière et difficilement défendu en raison des conditions sanitaires mondiales, Morley a composé tellement de matériel avec le temps qu’il avait, que THUNDER est déjà de retour avec un double-album de chansons originales. Seize titres (initialement 20 !) de classic hard rock teintée de soul, de groove, de blues, de sonorités des années 70 et 80.

« Dopamine » tire sa principale inspiration du repli massif de la société vers les médias sociaux pendant les différentes périodes de confinement liées à la pandémie, et à cette recherche sans fin de la prochaine dose d'hormones du bonheur, rapportent les protagonistes anglais ! Les guitares crunchy avec ces riffs bien hard rock'n'roll de Morley couplées à la voix de Bowes qui se bonifie avec le temps (et surtout qui ne bouge pas), la section rythmique hyper efficace de Gary "Harry" James et de Chris Childs, les guitares et claviers bien sentis de Ben Matthews, brillent de toute pièce sur les titres "The Western Sky", "One Day We'll Be Free Again", "The Dead City", "All The Way" (qui clôt la première partie de l’album), le single "Across The Nation" taillé pour la scène, et "Disconnected" (cette batterie à la John Bonham et ces sonorités BEATLES !).

THUNDER nous surprend aussi avec d’autres titres. "Black" est un peu plus sombre côté profondeur sonore, plus commercial dans son approche rock 70's avec ce côté rythm and blues mixant du Stevie Wonder à du FREE. L'interaction des guitares de Morley et de Matthews est à la fois intelligente et musicalement complexe. Elle délivre clairement la signature sonore caractéristique de ce morceau. "Dancing In The Sunshine" a cette touche très ROLLING STONES et accroche l’oreille plus la piste avance. Les arrangements avec le piano honky tonk sont absolument là où on les attendrait. THUNDER a cette maturité de produire des titres d’une efficacité redoutable. "I Don't Believe The World" est une autre facette musicale des anglais, avec un tempo lent, une mélodie sombre soutenue par cette ligne de basse, une puissante succession d'accords de guitare, des harmonies montantes dans le refrain, un solo édifiant, un segment a capella féminin qui se poursuit vers la fin du morceau.

THUNDER sans ballade n’est pas THUNDER. Le groupe nous gâte avec "Even If It Takes a Lifetime" et sa guitare acoustique en accordage spécial, son esprit bluesy, country avec cette touche à la FREE et son solo bottleneck. "Unraveling" démontre toute la charge émotionnelle de Bowes qui prend aux tripes. "Last Orders" est une ode country, un peu révolutionnaire, avec toujours ce côté très seventies. Morley débute au chant puis Bowes prend la main. Le titre part crescendo dans le plus pur style THUNDER avec cette touche punk-rock acoustique. "Just a Grifter" se voit ajouté d’un violon et d’un accordéon, donnant un titre qui pourrait être un hit radio mainstream. "Is Anybody Out There?" a ce spectre vocal à la Elton John derrière son piano, ou encore Lionel Richie période THE COMMODORES. Bowes a une voix de dingue et c’est peu dire ! Matthews assure derrière le piano.

Sur "Big Pink Supermoon", Morley et Bowes nous prennent à contre-pied avec ce titre jazzy, plein de groove. Les lignes de chant sont sexy, le solo bluesy à souhait. "No Smoke Without Fire" clôt l’album avec un mid-tempo hard rock et ses choeurs féminins, son timbre guitaristique dont Morley à la recette.
THUNDER se fait plaisir avec ce double-album. Il faut plusieurs écoutes pour en intégrer ses subtilités. Quand vous êtes dedans, votre cerveau sécréte plein de dopamine et vous allez être dans un état d’addiction POSITIVE.  

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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