1 novembre 2022, 20:21

HOWARD

"Event Horizon"

Album : Event Horizon

HOWARD fait partie de ces jeunes groupes prometteurs que notre monde chaotique aurait pu offrir en sacrifice sur l'autel du dieu du non-essentiel. C’était sans compter que ces trois musiciens n’en sont pas moins fans de littérature occulte, d’où leur nom inspiré par l’auteur Howard Phillips Lovecraft. Face à l’horreur, l'obstacle qui se dressait face à eux ne pouvait en aucun cas mettre un point d’arrêt à leur esprit créatif. C’est donc en cet automne 2022, alors que le monstre s'essouffle dans un énième assaut que le trio revient en force avec « Event Horizon ». Toutefois, cet album n’est pas tout à fait le résultat en musique des heures sombres d’un vaisseau revenu de l’au-delà après avoir mystérieusement disparu tout en laissant à ses passagers des souvenirs cauchemardesques. Après avoir été privé d’une tournée en compagnie de KADAVAR, HOWARD a continué sa route sans se laisser perturber par la concurrence des discours démagogiques des uns et des autres. C’est ainsi que cet album sombre et lumineux à la fois, a vu le jour.

C’est en mettant à profit les confinements que le trio francilien s’est attelé au retour de son vaisseau HOWARD en racontant son voyage au-delà du réel. C’est ainsi qu’en février 2021 un premier clip présente l’inquiétant "I Hear A Sound" qui commence par une introduction littéralement flippante au coeur d’une forêt désertique. Laissant place à la musique, l'auditeur découvre le monde déserté de nous-mêmes, rapellant un passé encore proche, d’autant que le riff de guitare associé à un orgue dissonant et un chant métallique donne à l’ensemble chaotique un air de dark-wave.

Juste le temps d’ouvrir grandes les fenêtres en attendant le soleil de l’été 2021, que le groupe entre en hibernation. Ce n’est que début juin 2022 que le trio revient avec le génial "Bankable Sermon". Ce titre vient révéler que le son entendu l’année précédente n’est autre qu’une voix qui distille un discours vénal. Superbe et fait de plan varié, le titre commence en douceur par introduction à l’orgue. La transition vers le couplet est assurée par une explosion sonore monumentale suivie d'une non moins belle mélodie de clavier. Le couplet se développe sur un subtile et discret duo basse/batterie qui débouche sur un refrain puissant et un solo démentiel. Le clip met en scène un être humain qui finit par s’apercevoir de sa crédulité et qui se révolte contre ceux qui se sont enrichis sur son dos. Un titre imparable pour débuter un album.

En continuant avec "Seed Of Love" révélée à la mi-septembre, HOWARD démontre que même en calmant le tempo, ses mélodies d’orgue, entrecoupées de riffs explosifs de guitares, associées à un chant limpide et puissant restent comme précédemment imparables. A la veille de la révélation des cinq titres restants, l'auditeur ne peut qu'être persuadé que cette nouvelle expérience risque d’être essentielle. Avec son couplet en forme de discours et son refrain de slogan, "Need Want Get" n’est pas sans rappeler RAGE AGAINST THE MACHINE. S'il était possible d’imaginer un "Telescope" pour explorer l’univers de la musique, nous pourrions y interpréter l’association des notes subtiles du clavier et du chant comme une sorte de folle rencontre entre John Lord et Jim Morrisson débouchant sur une explosion sonore à la LED ZEPPELIN.

"The Way" poursuit cette expérience musicale dans le monde étrange d'un univers psychédélique du câblage numérique du vaisseau de l'au-delà que symbolise la pochette. Le voyage se termine par deux chansons magnifiques. Tout d’abord avec l’insouciante et rythmée "Heedless" qui entraîne l'auditeur dans une course musicale qui lui fera dodeliner la tête au son d’un chant métallique. Enfin, le disque se termine avec la subtile et entraînante chanson-titre de ce second album des adeptes de l’occulte et mystérieux monde de Cthulhu.

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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