27 novembre 2023, 18:28

CRYPTA

"Shades Of Sorrow"

Album : Shades Of Sorrow

Ah, le Brésil, ses peaux et plages baignées par le soleil, ses télénovelas et son death/thrash tribal, j’avoue ma fascination pour tout ce qui provient de ce pays. Dissidentes du groupe de thrash phare NERVOSA et fondatrices de CRYPTA, avec quelques changements de line-up depuis, Fernanda Lira et Luana Dametto ont décidé de prouver une nouvelle fois que leur groupe est le meilleur, avec un côté définitivement death old-school posé sur ce deuxième album « Shades Of Sorrow ». Ça vous rappelle quelque chose ? Le thrash/death from Brazil semble avoir décidément un côté drama à rebondissements.

Après un "The Aftermath" instrumental qui annonce un jugement dernier, "Dark Clouds" surgit fort à propos avec un death metal bien lourd et sombre. Les riffs sont gras, les soli pointus et tranchants, la batterie syncopée. Cette orchestration maîtrisée est au service d’un double chant où le growl goudronné accompagne des cris poussés. La dévastation bestiale se poursuit avec "Poisonous Apathy" et "The Outsider". CRYPTA nous sert de la maestria, avec cette basse mortellement ronflante sous les doigts de Fernanda, et de la force, dans des riffs thrash cousins d'ARCH ENEMY. Ces demoiselles de rock fort n’y vont pas de main morte dans leur approche violente et ravageuse du death metal. Fernanda avec ses lignes de chant est impressionnante, quant à ses comparses, Luana extirpe des sons incroyables de son kit, Jéssica di Falchi et Tainá Bergamaschi tricotent merveilleusement leurs cordes huileuses. Prions devant cette alchimie que cette fois le line-up se stabilise, car nous tenons l’un des groupes du moment.

"Stronghold" déverse son thrash qui tâche, accompagné d’envolées de haute volée, un réel plaisir pour les fans tant le tout est varié et technique. Urbain et tribal est le chaos sur "The Other Side Of Anger", le Brésil est définitivement la patrie des percussions. Et toujours un style emballé de cris et de g-riffs incontournables. Une lourdeur pour nous bercer, délicieux paradoxe.

Quelques notes de piano esseulé plus tard ("The Limbo") on se prend en plein visage "Trial Of Traitors". Nos guerrières du riff sont bien énervées, seuls de brefs breaks mélodiques aèrent un death metal au classicisme imparable. Ces démonstrations de force ont de quoi nous faire sortir les yeux des orbi-tuary. "Lullaby For The Forsaken" offre sa part de grâce dans le gras du tempo, et le résultat est martialement puissant. CRYPTA nous envoûte avec de mélodieux soli. "Agents Of Chaos" mixe les guitares de tous horizons pour un rythme hypnotique. Saignant diamant aux échos de SLAYER jeté dans un écrin brute. Elles ont du talent les filles, leur majesté s’éclate sur "Lift The Blindfold", vibrant de rage destructrice où l’on sent exploser la batterie à force d’acharnement et des guitares sans fin... mais toujours empreintes d’une finesse d’exécution. "Lord Of Ruins" nous déposera une dernière charge que nous n’oublierons pas, scream et châtiments pour un dernier baroud death old-school. Respect CRYPTA.

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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