CACHEMIRE dans HARD FORCE ?! Et pourquoi pas ? Le groupe n’appartient pas stricto sensu à l’environnement metal, mais il intéresse clairement nombre d’amateurs de musiques saturées. On en veut pour preuve ces spectateurs vêtus de tee-shirts Hellfest, MASS HYSTERIA ou METALLICA présents lors du concert à la Cigale ce samedi 31 janvier. Des personnes qui étaient peut-être déjà là lors de la prestation de la formation au dernier Hellfest, ou au Raismes Fest de 2024. Les programmateurs, manifestement, ne se posent pas la question de savoir si les Bretons sont suffisamment metal pour les mettre à l’affiche…
CACHEMIRE, pour les néophytes, c’est donc du rock français bien énervé, qui déménage déjà bien sur disque (cinq au compteur, dont un live et le récent « Suffit Juste d’une Seconde », sorti en octobre dernier), mais voit son énergie littéralement décuplée sur scène.

Il est 21 heures lorsque les cinq musiciens investissent la scène, décorée d’un superbe triangle lumineux. Ils respectent tous un code couleur, le blanc, symbole de pureté et d’innocence. Sauf qu’ils sont tous en robe ! A l’exception de la guitariste, Alice Animal, qui arbore pour sa part un short et une veste, blancs évidemment.
Pureté et innocence, tu parles ! Dès le premier titre, "Moi être Roi", c’est le foutoir sur les planches, et le chanteur, FredBastar, ne fait rien pour arranger les choses. Il saute partout, court de droite à gauche, harangue la foule, qui ne se fait pas prier pour essayer de lui piquer la vedette en clamant les paroles à pleins poumons. Et la titille dès le deuxième morceau, "Je", avec un petit « je sens que tu as envie de sauter »…
Corentin Pujol, claviériste de M vient renforcer le son sur "Ma Gueule". Deux invités, dont nous n’avons pas retenu/compris les noms, se succèderont d’ailleurs sur scène à la guitare, plus un quatuor de cordes (trois violons et un violoncelle). Excellente initiative !

Après un hilarant et endiablé "Mouscash", CACHEMIRE rend hommage à Alain Bashung, avec une reprise de "La Nuit je Mens" qui passe fort bien la rampe. Tout comme la très délicate "Adam", suivie de la très énergique "Ces Voix", où FredBastar se lance dans d’impressionnantes vocalises à la Justin Hawkins (THE DARKNESS).
Toujours aussi facétieux, l’homme réclame au public de former un cercle dans la fosse, pas à des fins de pogo, mais « un cercle pour s’aimer » ! "Pied au Plancher" mérite bien son titre, ça fuse de toute part, avant un bien sauvage, "L’Animal", seul extrait du tout premier album, « Photochope-moi » (2014).
Le groupe finit sur une longue "Chanson pour Sépultures", et ses paroles appropriées : « Allez, danse ! », « Je veux voir du mascara couler », « Je veux te voir nu à danser » (mais aussi « Je veux voir le curé détraqué » !). Un ultime grand moment de folie scénique, peut-être un peu trop prolongé, FredBastar se lançant dans une grande série de remerciements, y compris en faveur de ses collègues, « Je vous aime, putain de merde ».
Et comme d’habitude, c’est une courte reprise instrumentale du "Kashmir" de LED ZEPPELIN qui clôt les débats, qui n’incluent aucun rappel, mais juste le "Hey Jude" des BEATLES balancé plein pot, avec son refrain chanté par la foule.

Un public bien chauffé par la première partie, le trio HOWARD, lui aussi passé par le dernier Hellfest. Son troisième album, « Oscillations » (2025), a surpris à cause de son virage electro. Mais sur scène, le groupe met les potards à fond. Le chanteur, Jimbo Canoville, en robe (décidément) et mèches bleues), mène la troupe durant 40 minutes, maître d’orchestre d’un rock psychédélique gorgé de fuzz.
Pas de bassiste, mais les basses sont bel et bien présentes via les claviers de Raphaël Jeandenand, qui utilise également un thérémine pour renforcer l’aspect "autre" de la musique. Et la batterie de Tom Karren apporte une assise en béton aux titres bien percutants proposés. Seul bémol, une tirade en faveur de l’univers queer, ce qui ne nous dérange absolument pas dans l’absolu, sauf lorsque cela dure un peu trop longtemps, alors qu’on aurait bien pris une chanson supplémentaire à la place…
