
Ils sont de retour ! Toujours plus haut, toujours plus forts et toujours plus attendus, c'est cette fois le Zénith de Paris que la bande d'ELECTRIC CALLBOY s'est promis de faire vibrer. Un set particulièrement attendu au vu de la montée en puissance jusqu'ici ininterrompue des Allemands depuis quelques années, à grands renforts de hits plus accrocheurs les uns que les autres et d'effets visuels flashy à souhait. Une folie dans laquelle le public parisien se replonge volontiers, surtout lorsque la soirée est royalement lancée par un duo de choc venu d'outre-manche, à savoir WARGASM et BURY TOMORROW.
Sam Matlock et Milkie Way (dans un énième nouveau look extrêmement travaillé) sont donc les premiers à fouler les planches du Zénith, devant un public déjà bien dense. Un début de soirée sans détour : WARGASM n'a pas le temps de niaiser et lance d'entrée les hostilités d'un “Bad Seed” ravageur. “Angry songs for sad people”, affirment les écrans géants. Un mantra qui accompagne le duo depuis ses débuts. Si “Bang Ya Head” est absent de la setlist, le public de la Villette a droit au dernier single du groupe, “Small World Syndrome”. Les lumières sont tamisées, virant soudainement sur le rouge pour “D.R.I.L.D.O.”. “Drink, fuck, fight, love”, entonnent en cœur les deux énergumènes, qui auront sans aucun doute conquis de nouveaux admirateurs avec ce passage à 1000 à l'heure.

De nouveau amis, nul doute que BURY TOMORROW s'en sera fait aussi au cours de cette soirée. Un objectif clairement affiché par Dani Winter-Bates devant une salle largement composée de personnes n’ayant jamais vu les petits gars de Portsmouth en live. « Ce serait un rêve de jouer un jour en headline dans une salle comme celle-ci », lâche le frontman, bien décidé à se donner les moyens d'accomplir ledit rêve. Un show débuté par un message d'urgence annonçant une « purge » et invitant tout un chacun à se livrer au plus grand nombre de « moshpits et wall of death », exceptionnellement autorisés jusqu'à la fin de la soirée. Une atmosphère inquiétante entretenue tout au long du set par la scénographie des six musiciens. Comme à chaque fois, l'énergie est au rendez-vous, les breakdowns font mal et les morceaux s'enchaînent à la vitesse de l'éclair. Tout juste Winter-Bates prend-il quelques instants pour délivrer un message politique, appelant à la tolérance et l'union de tous en ces temps difficiles. Pas sûr en revanche que les 400 slameurs réclamés sur « Black Flame » aient été atteints, même si tout le Zénith met du cœur à l'ouvrage. Close enough !

Une belle entrée en matière, même si ceux que tout le monde attend de pied ferme, ce sont bien sûr ELECTRIC CALLBOY et leur show grandiose. Pour ce qui est l'arrivée sur scène, les Allemands ne déçoivent pas : un carré au milieu de la scène, un rideau qui tombe et cinq musiciens en folie dans leurs doudounes sans manche pointues qui dégainent d'entrée “TANZNEID” pour démarrer en trombe. De nouveaux déguisements (pas loin d'une dizaine seront utilisés au fil du show, des plus classiques à quelques nouveautés) qui inspireront sans doute de nouveau cosplays chez les fans, un hit déjà connu de tous et repris en chœur, des couleurs fluos dans tous les sens et un savant mélange désormais largement étrenné entre metalcore puissant et electro : tout ce qui fait le succès de la bande est bien là. Un premier temps fort vite suivi de la désormais traditionnelle reprise de “Still Waiting” de SUM 41, histoire de rappeler ce qui est désormais une évidence : la présence de Frank Zummo derrière les fûts.

La foule est conquise. Encore plus au moment d'apercevoir le personnage métallique symbole de la tournée jouer avec sa radio sur les écrans géants pour lancer un “Hypa Hypa” toujours aussi attendu. L'occasion de souligner l'impressionnante production emmenée dans leurs valises par un groupe aux moyens exponentiels. Une véritable machine à spectacle parfaitement huilée. Les deux frontmen Nico Sallach et Kevin Ratajczak se muent en rois de l'accélération (au volant d'une cadillac, ou non) avec les plus grands succès des dernières années à l'image de “Pump It”, puis de gestion des temps plus calmes, si tant est que le mot soit approprié. Un premier medley débuté par quelques mesures de “Hurrikan” nous transporte ensuite temporairement en boîte de nuit, bien loin d'un concert de metal. Mais tant que cela fonctionne auprès du public, pourquoi s'en priver ?
Un premier pas de côté dans le concert suivi d'un deuxième un peu plus loin dans la setlist. Un nouveau medley après lequel Zummo se mesure au géant de metal dans un solo de batterie endiablé. De quoi captiver la fosse pendant que le reste de la bande s'y faufile dans la pénombre. Après avoir fait s'accroupir tout le monde, les voilà qui se lancent dans une interprétation acoustique de “Fuckboi” façon « feu de camp intimiste », pour reprendre leurs propres mots. Non, les Callboy ne maîtrisent pas que les envolées endiablées pour faire sauter une foule dans tous les sens, mais ils peuvent aussi prendre le temps de véhiculer un joli lot d'émotions. La même recette est ensuite appliquée à “Everytime We Touch”, tout de même achevée dans sa version originale sur scène, pour un bon gros wall of death libérateur.

Le point de départ d'un final sans le moindre ralentisseur sur la route, dans une véritable hystérie collective. Avec en guise de conclusion un rappel de trois titres lancés par “RATATATA”, le désormais célèbre featuring avec les Japonaises de BABY METAL. Su et ses acolytes sont d'ailleurs un peu avec nous pendant le morceau, par le biais des écrans géants. Le temps pour Kevin Ratajczak de faire travailler le bruit de bouche en vue du refrain, et on enchaîne avec “Spaceman”. Sans surprise, c'est avec “We Got the Moves” que la soirée s'achève, les joyeux drilles enfilant leurs ultimes déguisements (bien connus de longue date ceux-ci) pour un final plein d'allégresse. Il fallait bien cela pour que la fête soit totale.
Photos © Amandine Moonblaast - Portfolio
