29 janvier 2026, 23:59

DEFTONES (+ Denzel Curry + DRUG CHURCH)

@Paris (Adidas Arena)


Suite à un regain inattendu de popularité grâce à TikTok, le concert de DEFTONES de ce jeudi 29 janvier est encore plus attendu que d'habitude par les fans, les nouveaux comme les plus anciens. Ayant vendu l'intégralité des places en quelques instants, le groupe de Chino Moreno a donc mis les bouchées doubles et invité le rappeur Denzel Curry et le groupe de post-hardcore DRUG CHURCH pour chauffer la foule avec deux styles très différents avant son passage à l'Adidas Arena de Paris ! Une soirée éclectique pleine de promesses !

 

Alors que l'Adidas Arena se remplit doucement et que la soirée débute, DRUG CHURCH, groupe de post-hardcore venu d'Albany aux États-Unis, prend le contrôle de la scène. Avec une disposition sobre et convenue (tous les membres sont alignés à l'avant de la scène), la formation propose au public de s'échauffer le plus possible avant la venue de Denzel Curry puis de DEFTONES et réclame régulièrement l'ouverture d'un mosh pit et l'arrivée de slammeurs, mais c'est une réaction timide du public parisien qui fait écho à leurs demandes. La fosse est divisée en deux pour permettre à certains d'accéder à la catégorie or, plus proche de la scène, mais cela implique également, comme on a pu l'observer à de nombreux concerts, une ambiance bien moindre dans les deux fosses. Un petit pogo d'une demi-douzaine de personnes apparaît rapidement dans la fosse or et un slammeur se risque à se faire porter mais malheureusement, DRUG CHURCH ne déchaîne pas la foule ce soir, malgré les nombreux extraits de ses excellents deux derniers albums et l'énergie déployée par le frontman Patrick Kindlon, que j'ai particulièrement appréciée. C'est tout de même sous une ovation générale que le groupe quitte la scène, mais on préférera certainement les revoir dans une salle plus petite comme un Trabendo.

Ce n'est pas très commun pour un concert de metal, mais c'est au tour d'une superstar du rap américain de prendre le contrôle de la scène : Denzel Curry est là et il compte bien chauffer la salle à blanc avant l'arrivée de DEFTONES ! Accompagné d'un DJ qui assure les chœurs pendant tout le concert, le rappeur est clairement remonté à bloc et lance des dizaines de « let's go » et de « hands up » et hèle régulièrement la foule pour la faire hurler. Et ça marche ! Entre deux comparaisons opposant le bruit que fait la partie droite et celui que fait la partie gauche du public, le rappeur enchaîne également quelques morceaux, dont une majorité issue de son album « King Of The Mischievous South Vol. 2 » et un nouveau single, ''Lit Effect''. Visiblement, Denzel trouve son public et les hurlements de la foule se font de plus en plus forts alors qu'il joue ''Sumo/Zumo'', et encore plus sur son hit ''Ultimate'' qui clôture son set. Si Denzel Curry était une première partie inattendue pour cette soirée, il faut avouer que malgré un léger surplus de « let's go » et de « hands up », il a effectivement bien chauffé l'Adidas Arena et a été un bon « team player » pour la soirée.


Soudain, les lumières s'éteignent, la foule crie à l'unisson et les écrans s'allument : DEFTONES commence son set par ''Be Quiet And Drive (Far Away)'', à la surprise de tous ceux qui s'attendaient à ne voir ce hit qu'en fin de set ! Par un jeu intelligent d'écrans gigantesques et de niveaux de hauteur différents, les Californiens donnent immédiatement une impression de gigantisme, présentant des visuels magnifiques plus grands que la scène elle-même. Chino Moreno, très énergique dès le début, semble plus en forme que jamais et les musiciens, bien que discrets, assurent leurs parties avec une nonchalance contrastant avec le public de plus en plus énergique à chaque instant. L'écran devient soudain vert et l'ambiance change totalement quand le serpent de « Private Music » apparaît pour le premier extrait dudit album : ''Locked Club''.

C'est avec des changements d'ambiances soudains et grandiloquents que DEFTONES balade le public pendant une heure et demie entre les différents albums de leur discographie, de « Adrenaline » à « Private Music », n'oubliant que « Gore » au cours du set (au grand dam de ceux qui, comme moi, attendaient ''Prayers/Triangles''). On passe donc d'une ambiance de cinéma « drive in » sur ''Ecdysis'' à une pluie de diamants sur ''Diamond Eyes'', en passant par un magnifique lever de soleil sur ''Change (In The House Of Flies)'' !


Au niveau du son, passé les trois premiers morceaux (au cours desquels Chino admet qu'il a dû trouver son rythme), bien que certains l'aient vivement critiqué, je n'ai pas eu de soucis à mon niveau et ai pu pleinement profiter du set, distinguant parfaitement chaque instrument. Le seul point négatif que j'ai pu trouver était l'absence de Stephen Carpenter, guitariste iconique du groupe, remplacé sur l’ensemble de la tournée européenne par Lance Jackman. Le guitariste fait parfaitement le boulot, mais se permet peu d'écarts sur scène, restant assez immobile dans son coin de scène.

Quinze morceaux plus tard, il est temps de rappeler DEFTONES sur scène pour trois derniers titres : les classiques ''Cherry Waves'', ''My Own Summer (Shove It)'' et ''7 Words'' qui achèvent le concert en lançant les plus grands mosh pits de la soirée. On a même le droit à un circle pit dans la fosse « normale » sur ce dernier ! Après des au revoir assez longs, visiblement émus par leur retour devant le public parisien, les membres de DEFTONES quittent la scène sous une dernière ovation, prêts à revenir cet été pour Rock En Seine et à ouvrir une nouvelle page de leur carrière, alors qu'ils sont au sommet de leur popularité.

Photos © Benjamin Delacoux - Portfolio
 

Blogger : Jed Mosley
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