Les Obscures Soirées poursuivent sur leur lancée. À Caen, ce rendez-vous ne se limite pas à un simple enchaînement de concerts. Il s’articule en deux temps, entre échange et déflagration sonore. Une rencontre d’abord, pour donner du relief aux univers artistiques, puis un plateau metal resserré, pensé pour le live. Deux temps, deux ambiances, pour une même soirée dédiée aux musiques extrêmes.
Afin de préparer les esprits, Emgalaï et Walrus ont pris le temps de l’échange avec le public (80 personnes quand même). La discussion, animée avec justesse par Jean-Claude Lemenuel, le président de l’association Obscurs Phénomènes, a permis de mettre en lumière deux univers différents mais profondément liés à la scène (images, création et parcours). Un moment posé, sincère, qui rappelle que le metal ne se vit pas seulement sur scène.

Place ensuite au plateau constitué de trois groupes qui n’avaient encore jamais joué à Caen. L’aubaine était trop belle pour les metalheads qui ont répondu présents, remplissant largement la salle pour une proposition pourtant exigeante.
Ce sont les Rouennais SORDIDE, presque à domicile, qui ont ouvert les hostilités à 20h15 pétantes. Le power-trio, particularité notable, voit ses trois membres se partager le chant, apportant une vraie richesse à l’ensemble. Le groupe a puisé dans sa discographie pour proposer un set à la fois cohérent et varié. Côté moments forts : "Banlieues Rouges", "Je n’ai nul Pays", qui reste mon préféré, et "La Poésie du Caniveau". Un set maîtrisé, habité, qui a parfaitement lancé la soirée. « SORDIDE injecte ce que j'aime de crasse et de désespoir dans le black metal, témoigne Yvan. Leur batteur très visuel comme j'aime et l’alternance au chant apportent vraiment quelque chose de plus ».

GRAVEKVLT a enchaîné avec son énergie si particulière, entre noirceur et rock'n'roll. Un set direct, sans détour, taillé pour le live. Avec des titres de la trempe de "The Queen" et de "Goat’n’Roll" (issus du premier album éponyme), puis "Full Moon Fever", "Skvllkrvsher", "Last Skeletons' Dance" jusqu’au plus lourd "Fangs Of The Night", le groupe a déroulé avec efficacité. Le public a visiblement pris son pied.
Un public qui a clairement répondu présent. Ça bougeait, ça suivait, ça prenait. Même une corde cassée n’a rien ralenti. Une prestation solide, portée par ce rock fédérateur qui fait mouche. « J’attendais particulièrement GRAVEKVLT et leur speed-rock'n'roll et je n’ai pas été déçu. Leur set, composé de titres de leurs deux albums, était solide et rugueux comme j’aime », résume JB.

C’est peu dire, que NECROWRETCH était attendu à Caen. Les maître du death metal le plus putride, a défendu avec ses riffs acérés et son énergie frontale « Swords Of Dajjal » paru chez Season Of Mist en 2024) son dernier album en date. Il jouera pas moins de 6 titres sur les 8 de l’album ("Ksar Al-Kufar", "Dii Mauri", "Swords Of Dajjal", "Vae Victis", "Daeva" et "Total Obliteration").
« Le set très attendu de NECROWRETCH a mis tout le monde d'accord, commente Jean-Claude. Emporté par une énergie rageuse et sombre, un son magistral et une rythmique implacable, le public a été littéralement aspiré dans un maelstrom sonore dont personne n'est ressorti indemne. »
Plus loin, Anna se souviendra d’avoir pris « une véritable mandale. Je n'ai pas de comparaison à apporter. J'ai tout simplement adoré. »
L’association Obscure Phénomène, forte de ce succès, envisage déjà une édition 2027 de son offre singulière et unique.
