28 juillet 2014, 15:03

JUDAS PRIEST : "Redeemer Of Souls"

Album : Redeemer Of Souls

Une retraite reportée. The Priest is back ! Rob Halford l’avait annoncé le 17 mars 2014 aux Ronnie James Dio Awards à Los Angeles. Six années après l’album conceptuel « Nostradamus », « Redeemer Of Souls » est leur dernière création à l’artwork bien heavy metal qui est sorti le jour de la Fête Nationale en France. Avec cet album, JUDAS PRIEST réalise une double performance dans sa carrière, à savoir une position dans le top 10 au Bilboard (6ème place) pour la première fois aux USA, et est 18ème meilleure vente en France (une première également) !
Cet album marque aussi le sceau créatif de Richie Faulkner, nouveau guitariste à l’ADN très proche de Sir K.K. Downing induisant un morphotype assez troublant. La copulation musicale et émotionnelle avec la paire Halford/Tipton est étonnante d’efficacité. Les 3 musiciens ont d’ailleurs pris un peu de temps pour composer la dite galette également disponible en support digital.

J’ai été étonné par un certain nombre de réactions très négatives sur les réseaux sociaux à l’écoute d’extraits de cet album, même si beaucoup restent néanmoins positives. Alors, c’est vrai, chacun ses goûts et son registre d’expression de ses sentiments lorsque l’on découvre un nouvel album. Trois choses sont sûres : JUDAS PRIEST fait du JUDAS PRIEST un peu comme AC/DC fait de l'AC/DC… L’exemple se répète à l’infini pour les grands groupes :  IRON MAIDEN, MOTÖRHEAD, Ozzy Osbourne, BLACK SABBATH… (liste non exhaustive). OK, Rob Halford, 63 ans prochainement, le même jour que Gene Simmons (KISS), n’arrive plus à monter dans les aigus comme avant mais l’évolution physiologique normale des cordes vocales y est pour quelque chose, on ne peut pas lutter ! (pour tout avis plus précis, j’ai un très bon contact ORL J) et le son des guitares sonne old school !

Avec « Redeemer Of Souls », on est justement dans cette bonne vibe old school du PRIEST et Stephane Buriez (LOUDBLAST), avec qui, un soir, chez Laurent Boussignac un frère du metal, nous revoyions le concert de la tournée « Screaming For Vengeance » au US Festival à San Bernardino, California en 1983, est plus que d’accord.

L’album s’ouvre avec des éclairs et un riff heavy classique retentit. Section rythmique typique, Rob Halford envoie ses lignes de chants caractéristiques sur « Dragonaut ». « Redeemer Of Souls » continue dans sa lancée heavy metal mid-tempo avec un refrain mélodique. Les échanges de solos sont comme à la grande époque. Richie Faulkner apporte un nouveau souffle au groupe en restant dans la droite lignée de celui-ci. « Halls Of Valhalla » démarre crescendo avec des lignes de guitares laissant place à un riff heavy old school. Ce cri de Rob Halford est énorme tout de suite rattrapé par un solo bien agressif à la wah wah. Le morceau est épique, guerrier !
Rob fait un travail vocal inhabituel sur « Sword Of Damocles ». Le refrain mélodique appuyé par cette grosse rythmique, les lignes de guitare servant de jonction entre les couplets sont efficaces. Le côté narratif de la ligne de chant apporte quelque chose de plus à ce titre ! « March Of The Damned » sonne comme un classique du registre du Priest. Il aurait pu figurer aux côtés de « You’ve Got Another Thing Coming » sur l’album « Screaming For Vengeance » ou de « Metal Gods » et « Living After Midnight » sur « British Steel » dans son côté entraînant et mélodique accrocheur. Un hit à ranger dans un "best of" du groupe. « Down In Flames » n’a rien d’original mais a une touche démoniaque « Bloodstone » issu encore de l’album « Screaming For Vengeance ».  

« Cold Blooded » a un côté heavy mélancolique mid-tempo où le travail rythmique est vraiment fantastique. Rob joue de ses cordes comme un Metal God ! Arpèges de guitare, ligne de chant très mélodique jusqu’aux lyrics présentant le titre « Hell & Back ». Le morceau est heavy comme il faut, accrocheur dans son approche, faisant headbanger sans remords. Le riff principal devrait plus que fonctionner sur scène. Tout groove dans le morceau, notamment le break final !

« Metalizer » et « Battle Cry » sont du pur PRIEST, épiques à souhait mais peut-être un peu plus faibles que le reste des morceaux de la rédemption des âmes. Le final est 80’s à souhait. « Crossfire » sonne 70’s radio friendly avec ses guitares wah wah et les riffs accompagnant la mélodie du titre. Un autre très bon titre avec un travail de guitares à saluer comme sur l’ensemble de l’album. « Secrets Of The Dead » est la parfaite synthèse entre le old et le new JUDAS PRIEST. Richie Faulkner est, quant à lui, la synthèse parfaite dans l’éxecution guitaristique du PRIEST et des groupes qui se sont inspirés de JUDAS.
« Begining Of The End », à ne pas confondre avec « End Of The Beginning » sur le dernier BLACK SABBATH, est un grand moment. Il s’agit certainement de la meilleure ballade qu'ils aient enregistré depuis 30 ans. Ce titre mélodique est touchant dans l’honnêteté de son thème, à savoir les questionnements autour de sa mort.

Une rédemption post « Nostradamus » pour JUDAS PRIEST ? Il faut la voir dans le désir de poursuite du travail des défenseurs de la foi heavy metal. Cet album n’est certainement pas le meilleur album des anglais mais un très bon album avec des titres s’inscrivant de façon homogène dans la set-list classique du groupe que j’ai hâte de (re)voir en live ! Cet  album m’a aussi donné envie de réécouter l’intégralité de la carrière des Metal Gods jusqu’à « Painkiller » et ça fait du bien !

Dans ma playlist : « Halls Of Valhalla »,  « Sword Of Damocles », « March Of The Damned », « Cold Blooded » , « Hell & Back », « Crossfire », « Begining Of The End »

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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