12 novembre 2015, 20:19

PAPA ROACH

Interview Jacoby Shaddix & Tony Palermo

Après la sortie du nouvel album « F.E.A.R » en début d'année, PAPA ROACH a donné un concert au Trianon en mars avant de revenir le 15 novembre à Lille et le 16 à Paris à l'Olympia. Bref, on s'est dit que l'occasion était bien trop belle et que c'était le bon moment pour ressortir quelques extraits d'une interview réalisée avec Jacoby Shaddix (chant) et Tony Palermo (batterie) lors de la promotion de leur dernier album. Les deux compères y parlent de leur carrière et du rôle qu'à eu l'album « The Connection » sorti en 2012, de la façon dont ce dernier a influencé « F.E.A.R », de ce qu'est PAPA ROACH en live, et surtout, de leurs relations avec leurs fans et avec eux-mêmes.


Jacoby, quels ont été tes sentiments quand tu as su que l'album « F.E.A.R » était terminé et que tu l'as entendu pour la première fois dans sa forme finale ? 
Jacoby Shaddix : Tu sais, quand arrive le moment d'entrer en studio, un certain stress s'empare de toi quant à ce que ton groupe va bien pouvoir réaliser, quant à la direction que l'on va prendre pour former l'identité de l'album, tu vois ce que je veux dire ? Donc, quand le travail commence, tu essaies de faire ce que tu as envie, car finalement tu es un artiste, et en tant que tel, tu as des envies. Mais avec le temps, tu penses aussi à ce que les fans aimeraient peut-être entendre. Donc, on essaie surtout, et tout simplement, de se donner les moyens d'aller au bout d'un processus créatif qui nous mènera vers un résultat qui saura nous satisfaire, nous et les fans. Et ça passe la plupart du temps par un album honnête dans la différence qu'il entretient au niveau de son identité, ainsi que dans la passion que tu y mets pour qu'il soit aussi bon que les précédents. Si tu dois toujours faire le même truc, ça ne sert vraiment à rien. Par contre, quand tu entends pour la première fois le résultat de ton travail quand le mixage a été fini, ce sentiment d'accomplissement est super agréable et fait que dans ce cas précis, je suis vraiment content.

Si tu devais parler de l'identité de « The Connection » sorti en 2012, et du rôle qu'il a pu jouer dans votre discographie, qu'en dirais-tu ? J'ai toujours eu le sentiment que cet album avait beaucoup contribué à vous remettre sur pieds.
Je crois qu'avec «The Connection », nous souhaitions trouver où donner un sens au mot "espoir". Personnellement, j'étais dans une période très compliquée de ma vie, c'était vraiment le bordel. Beaucoup de choses que tu peux entendre sur cet album viennent de ce "désespoir" dans lequel j'évoluais, de cette cassure qui était la mienne. C'était très difficile de défendre cet album sur scène. Je me battais pour rester sobre par exemple et j'essayais de reconstruire ce puzzle qu'était devenue ma vie. Je suis revenu de cette période avec les idées claires, prêt à attaquer le travail sur notre nouvel album, « F.E.A.R ». Qui est bien plus porté sur l'espoir que « The Connection ».
 

"Qui sait où j'en serais si je m'étais laissé aller à mes peurs, à mon désespoir ?" - Jacoby Shaddix

 

A t'entendre, on peut vraiment sentir que ça ne devait pas être simple. Pourtant, quand on se rappelle de ta fougue durant le show du Hellfest 2012, période où vous défendiez « The Connection » justement, on a du mal à imaginer ce que tu traversais…
(sourire)
Putain, le Hellfest avait vraiment été épique. Surtout qu'il y avait beaucoup de mes amis présents sur l'affiche cette année là. KORN, SKINDRED ou encore P.O.D, des groupes avec qui on a plus l'habitude de tourner aux Etats-Unis. Finalement, on se sentait vraiment chez nous je crois. Il y avait tellement de fans en face de nous, tellement d'énergie, c'était juste dingue. On commence à vraiment se rendre compte que notre base de fans en France grandit et est prête à nous donner beaucoup.

Finalement, « The Connection » et la tournée de deux ans qui a suivie ont doc été obligatoires pour amener un album comme « F.E.A.R » ? 
Clairement, oui. Tu sais, si tu veux progresser en tant que personne, en tant qu'artiste, tu dois accepter de faire face à ce que tu crains. Ma vie, comme je te le disais, a été un putain de bordel, tu n'imagines même pas. Pourtant, j'ai fait face, je suis resté debout, j'ai fait cet album, j'ai fait cette tournée, j'ai remis ma vie en ordre, j'ai écrit à nouveau. Et nous voilà avec « F.E.A.R ». Tout ce désespoir, cette fatigue, cette vie. (Il marque une pause) Je ne veux plus vivre comme ça, plus jamais. Qui sait où j'en serais si je m'étais laissé aller à mes peurs, à mon désespoir ? J'ai juste fait face et je pense sincèrement que c'est quand tu as le courage d'affronter ta peur que tu arrives à avancer. "Face Everything And Rise", comme les initiales du nouvel album, comme le nom de la chanson titre. Il faut outrepasser ces peurs pour comprendre où tu en es et savoir qui tu es. Tes actes te définissent et ce durant toute ta vie.

(Tony Palermo, batteur du groupe, nous rejoint)

Salut Tony, tu es arrivé dans PAPA ROACH en 2007, c'est exact ? 
Oui monsieur !

« F.E.A.R » est donc ton troisième album studio avec PAPA ROACH. Alors, certes, tu es là depuis huit ans, mais quand vient le moment d'aller en studio, découvres-tu encore de nouveaux aspects quant à la relation musicale qui t'unit à tes camarades ?
Tony Palermo : (sourire) Eh bien pour « F.E.A.R », il s'avère que j'ai été le dernier à arriver en studio pour enregistrer la batterie. Au début, j'étais un peu décontenancé, je trouvais ça bizarre car normalement, le batteur est souvent là dès le début du travail. Mais en même temps, j'aime cet effet de surprise qui surgit des choix faits par le groupe. C'est toujours un plaisir d'arriver et d'enfin découvrir les paroles écrites par Jacoby. Cette fois, en arrivant en dernier, c'était encore un peu plus intense car le chant, les guitares et la basse étaient prêts. Je découvrais tout un univers, je découvrais toutes ces nuances très personnelles proposées par chacun. Et finalement, j'ai compris que c'était à mon tour de faire de même. Je me suis imprégné de ça durant l'enregistrement de la batterie et j'ai essayé de me livrer comme j'ai pu. Je savais ce qu'ils attendaient, je savais ce que j'attendais. Je voulais me faire plaisir tout en leur faisant plaisir. Et c'est ce que j'ai fait. Après, et je ne m'en cache pas, j'aurais aimé pouvoir taper le bœuf plus souvent avec eux et être un peu plus impliqué. Je pense que ce qui aurait pu naître de tout cela aurait été intéressant, peut-être plus sauvage et bestial, mais ça n'aurait peut-être pas pu donner un album comme « F.E.A.R ». J'espère vraiment qu'on pourra travailler de cette façon sur le prochain CD.
Jacoby : Oui. Ce serait bien en effet.

D'ailleurs, Jacoby, après huit ans avec Tony, que ce soit en studio, en tournée ou même dans la vie sur la route, qu'apporte-t-il à PAPA ROACH ?
Jacoby : (poussée d'énergie) Il a amené TONY PALERMO, mec ! Il a amené le feu dans le groupe. J'aime l'avoir avec nous, j'aime son jeu, j'aime le fait qu'il vienne d'un univers un peu différent de celui de PAPA ROACH. Tony vient du punk-rock. Et il sait comment faire avancer les choses si tu vois ce que je veux dire. J'espère d'un batteur qu'il tue tout sur son passage quand il frappe sur ses fûts et c'est ce que fait Tony. Quand on a pu écouter les titres une fois finis, je me suis dit : « Putain, c'est carrément dingue ! » On sentait qu'il prenait du plaisir et qu'il voulait en donner. C'est ce que je voulais entendre, un groupe qui s'éclate. Et grâce en partie à Tony, je m'y retrouve totalement. De plus, même en dehors de la scène, c'est un type en or, et ça apporte beaucoup de sérénité également.

Changement de sujet. Quels titres de « F.E.A.R » peut-t-on attendre sur scène ? Et surtout, considérez-vous le potentiel "live" d'un titre avant de le placer définitivement sur un album ?
Oui, nous le faisons régulièrement, c'est une étape qui compte beaucoup.
Tony: Nous jouons sur beaucoup de festivals et nous devons être capables de proposer des titres qui sauront pousser les fans à lâcher la bride. Nous devons être capable de foutre le feu dans la fosse, nous devons être capables de faire en sorte que les fans s'amusent, comme de les faire ressentir quelque chose.
Jacoby : Prends le titre "Skeletons" par exemple, je pense sincérement qu'il propose quelque chose de proche de la description que fait Tony de ce que nous cherchons à faire avec notre musique. Je pense que tout n'est qu'une affaire de sincérité, on y revient toujours.

De plus, la scène permet quelques libertés par rapport à la version studio d'un titre, non ?
Totalement. C'est ce que nous faisions avec "Silence Is The Enemy" (ndlr : titre issu de l'album « The Connection »). On faisait en sorte de proposer une version un poil plus agressive que celle en studio. Il faut dire que ce n'était pas très drôle de la jouer, pour des tonnes de raisons. Mais on s'inspirait des sensations brutes procurées par le live et on "improvisait" autour de ça pour offrir au titre sa chance d'être plus que ce qu'il était en studio. De plus, les fans avaient l'air de s'éclater quand nous le jouions, on a donc fait ce qu'il fallait.
 

"La plupart du temps, on essaie de jouer ce qui a des chances de faire plaisir aux fans." - Jacoby Shaddix



Faites-vous partie de ceux qui pensent que pour savoir si un titre est bon ou non, il faut le jouer en live ?
Ça dépend, il y a déjà l'avis personnel de chaque membres du groupe qui rentre en compte. Enfin, ce n'est pas parce qu'on aime un titre qu'on le jouera forcément. La plupart du temps, on essaie de jouer ce qui a des chances de faire plaisir aux fans. Il ne faut pas forcer les choses surtout. Il faut savoir s'adapter suivant ce que tu ressens en live, si ce sont des "good vibes" ou non. Si tu vois des gens dans le public prendre leur pote par l'épaule l'air de dire : « Mec, c'est énorme ! », c'est que tu as quelque chose d'intéressant à creuser. 


PAPA ROACH, c'est dimanche 15 à Lille à l'Aéronef et lundi 16 novembre à l'Olympia de Paris !


Blogger : Jimmy Jetsam
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