7 août 2017, 13:47

DOKKEN

• Interview Don Dokken, Mick Brown et Jon Levin

Don Dokken est à Paris pour quelques jours en cette fin du mois de juillet. Il a invité les membres de son groupe pour une visite de la capitale après un dernier concert au festival "Ramblin’ Man Fair" au Royaume-Uni. Une rencontre en ce début de soirée estival dans les jardins de leur hôtel parisien pour une interview exclusive... et improvisée !


Le premier que je croise est "Wild" Mick Brown, le batteur, un verre et une cigarette à la main. Que vous dire ? Un gentleman ! Jon Levin, le guitariste du groupe depuis presque vingt ans, nous rejoint.

Mick Brown : Quel temps magnifique ! Nous avons fait un peu de tourisme aujourd’hui.
Jon Levin : Cette ville est magnifique ! Ce soir, nous allons manger chinois. On va se balader à pied. Pas de taxi.

Don Dokken arrive...

Don Dokken : Hello Laurent !

Hello Don, merci pour cette interview...
Don : Un plaisir, allons-nous asseoir sous la tonnelle. Tu veux boire quelque chose ?

Avec plaisir, merci ! Comment s’est passé le "Ramblin’ Man Fair" (un festival de classic hard rock et de blues au Royaume-Uni) ?
Don : C’était super. Il a un peu plu. C’était la première fois qu’il pleuvait comme ça. On est allé en Angleterre, car on aime ce pays. Nous y avons joué de nombreuses fois. Le public est très fidèle et réceptif. Nous nous sommes donnés à fond.

Qu’est-ce que vous faites à Paris ces jours-ci ?
J’ai invité les musiciens. C’est un bonus. Nous avons tourné pendant sept mois. C’était une longue tournée. Nous sommes à Paris pour le fun et filmer des images du groupe.

Vous n’avez tourné qu’aux Etats-Unis ?
Nous avons joué aux USA, mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni…

Pas de date à Paris ou une ville française dans la tournée ?
Non, c’est difficile, tu sais. Le hard rock, ici… C’est compliqué.

Te souviens-tu de la première fois que tu as joué à Paris ?
Oui, c’était  avec AC/DC en 1988 au Zénith.

C’est quoi ton meilleur souvenir de la France ?
Mon meilleur souvenir, c’était de voyager en France en tour-bus, de découvrir les villes, boire du vin : du Bordeaux, du vin de la Vallée de la Loire, Sancerre (en français avec l’accent 'ricain). Vous avez d’excellents vins.

Comment s’est passée la tournée japonaise avec le line-up original ?
C’était bien, c’était fun, c’était intéressant. Tu sais, je les connais depuis plus de quarante ans, j’ai joué plus de vingt ans avec eux. C’était bien, mais je préfère largement la formation d’aujourd’hui.

Un DVD live va sortir ?
Oui, il est presque fini. Il y aura un CD audio avec. Je suis dessus. Dans un mois, je pense.

Il y a aussi un nouveau titre écrit par le groupe ?
Oui, c’est moi qui l’ai composé, il s’appelle “Just Another Day”. Il est heavy, dans l’esprit “In My Dreams”, avec un peu de “Paris Is Burning”. Il y a un super riff de guitare.
 

« Une reformation du line-up original ? Non. Je ne vois absolument pas pourquoi on se reformerait. » - Don Dokken


Y aura-t-il une reformation du line-up originel ?
(Catégorique) Non. Je ne vois absolument pas pourquoi on se reformerait. Jeff Pilson est avec FOREIGNER depuis vingt ans, le groupe tourne sans arrêt. George Lynch a ses nombreux projets. Vraiment, aucune raison de le refaire.

Quels sont alors les futurs projets pour DOKKEN ?
Nous travaillons sur un nouvel album. Nous allons commencer à écrire en septembre sur une période de trois semaines probablement. Une sortie est prévue pour le printemps prochain, je pense. Ce sera sur Frontiers Music Srl. Je produirai l’album.

Quelles sont tes relations avec Jeff Pilson, le bassiste ?
Elles sont bonnes. On ne se voit pas beaucoup. Nous avons travaillé sur l’album live au Japon, sur le DVD. Tu sais, il tourne sans cesse. FOREIGNER, c'est du non-stop. Notre relation est amicale.

Et avec George Lynch ?
Elle est amicale aussi.

Et “Wild” Mick ?
Il est comme un frère. Il est fidèle. C’est “Wild” Mick Brown !

Un souvenir fort de ta carrière dans les années 1980 ?
Les années 1980 ? Il y en a plein ! Si je devais en choisir un, je te dirais les Monsters Of Rock avec METALLICA, SCORPIONS, KINGDOM COME (en 1988, il y avait VAN HALEN en tête d’affiche pour la tournée de leur album «OU812»). C’était fabuleux ! Jouer devant une foule aussi immense, c’était fou !

Et dans les années 1990 ?
Nous n’avons pas beaucoup tourné. J’avais mon projet solo avec John Norum à la guitare. Nous avons reformé DOKKEN. Le grunge a tout dévasté, il y avait ALICE IN CHAINS, PEARL JAM, NIRVANA. C’était une période différente pour nous et nous n’avons pas beaucoup tourné.

Et avec ton line-up récent ?
Tu sais, il n'est pas si récent que ça. Jon, le guitariste, est avec moi depuis 20 ans. Tout est cool, pas de bagarres. Pas de drogues. Tu sais, les drogues nous ont fait imploser à la fin des années 80. George était sous cocaïne, Jeff et Mick aussi. Je n’ai jamais touché à ça. Moi, j’ai eu des problèmes d’addiction aux analgésiques (médicaments opioïdes antidouleur).

Je connais bien le domaine des addictions. Qu’aimerais-tu dire à propos de cette maladie ?
C’est quelque chose d’horrible. En Amérique, des tas de gens meurent. Il y a des médecins qui prescrivent des analgésiques qui peuvent tuer. Tu sais, j’ai connu ce problème. Tu as des douleurs, tu prends des médicaments. A un moment cela ne suffit plus, tu augmentes les doses. Ton cerveau ne comprend plus rien. Il n’arrive plus à juger la douleur, il veut des médicaments. Cela prend des années pour s’en sortir. Je suis allé en cure de désintoxication, j’ai suivi des traitements médicamenteux pour m’aider. Le cannabis, l’alcool, je n’ai pas de problèmes avec ça. 

Si tu devais effacer quelque chose de ta vie, ce serait quoi ?
Trop dur de répondre comme ça. Tout le monde commet des fautes. Il nous faudrait au moins 4 heures pour en parler (rires).
 

« "Back For The Attack" est notre disque le plus dur. Ce n’est vraiment pas mon préféré. » – Don Dokken


Je te cite un titre d’album de DOKKEN et tu me donnes deux mots qui te viennent à l’esprit. « Breaking The Chains » ?
Le premier.

« Tooth And Nails » ?
Premiers hits.

« Under Lock And Key » ?
Notre meilleur album.

« Back For The Attack » ?
Notre disque le plus dur. Ce n’est vraiment pas mon préféré.

Quel est ton album favori alors ?
« Dysfunctional ».

Pourquoi ? Parce qu’il est... dysfonctionnel ?
Non, parce qu’il est différent. On est loin de l’esprit MTV. Il y a des influences des BEATLES, de LED ZEPPELIN, des DOORS. Pour moi, c’est un album abouti, très intéressant.

Et le come-back avec « Lightning Strikes Again » ?
C’est un mix de tous les albums de DOKKEN. Il y a des trucs medium, lents, rapides. Il y a quelque chose.

Quel est ton top albums de tous les temps ?
Le premier album de CREAM. Je m’en souviens, j’étais jeune. C’est un super souvenir. Le second album, c’était le Jimi Hendrix EXPERIENCE, cela m’a éclaté. LED ZEPPELIN, pareil. Il y a aussi « Revolver » des BEATLES.

Te souviens-tu de la première fois où tu as décidé que tu allais être musicien ?
Non. J’ai commencé à jouer de la guitare à 12 ans. Je jouais dans mon garage comme tout le monde, en fait. C’était pour le fun. Je n’ai pas décidé d’être musicien. C’est arrivé comme ça.

Que penses-tu des réseaux sociaux ? Les utilises-tu ?
Non, je ne les utilise pas trop. Cela peut être mauvais. Tu as des gens qui se planquent derrière de faux noms, de faux profils. Ils disent ce qu’ils veulent, des méchancetés, balancent des fake news. Ils disent de la merde. Ces gens-là n’ont aucun honneur, pas de couilles. Ils mentent. Si tu es adulte, un homme, dis ce que tu as à dire en utilisant ton vrai nom.

Tu penses quoi de l’industrie de la musique ?
C’est fini… Il n’y a plus de maisons de disques. Elles ne payent pas pour les vidéos, les tournées, les disques. Il n’y en a que pour le R&B et le hip hop. Les gens font tout dans leur garage avec des logiciels comme ProTools. Ils n’enregistrent plus de vraies batteries, de vraies guitares. Il n’y a plus de vrai chanteur. Tout le monde peut l’être. Il y a des chanteurs de m.... Tu enregistres des lignes de chant, tu les passes en auto-tune et c’est parti !

C’est quoi ta vie en dehors du studio et des tournées ?
C’est tranquille. Je suis avec mes chiens. Je fais beaucoup de jardinage, j’adore ça. Je m’occupe de mes plantes, des arbres. Je fais de la moto aussi. Je vis à Los Angeles, je bosse sur mes voitures. J’ai vraiment une vie paisible. Je lis beaucoup aussi, de vrais livres, pas des e-books. J’apprécie le côté vrai des choses.

Qu’est-ce qui entretient ta flamme ?
Je ne sais pas. Je fonctionne à l’instinct. Quand je me dis que je dois arrêter, j’arrête. Après une année, je repars. C’est comme un peintre, tu ne peins pas pour l’argent, tu peins parce que tu aimes ça. Tous les matins, tu te réveilles, tu vois des choses différentes : politique, guerre, des gens dingues comme Trump… C’est toujours une inspiration pour écrire des choses. Tu peux parler de tragédies, d’amour, de joie, de tes opinions. Il y a toujours quelque chose à dire.

Tu as des enfants ?
Oui, de grands enfants. Un est pilote d’avion et l’autre professeur de piano. Un garçon et une fille. Ils ont plus de 20 ans et sont heureux.

Un mot de conclusion pour nos lecteurs ?
Nous aimons la France. Nous aimons venir chez vous. Tu sais, il y a ces rumeurs qui disent que les Français n’aiment pas les Américains, mais ce sont des conneries, je le sais. Nous avons élu un trou du cul comme président, mais cela ne doit pas ternir notre image auprès de vous. J’adore la France, votre cuisine. Les Français sont plus artistiques et plus loyaux. J’ai longtemps souhaité que nous jouions en France régulièrement après la tournée avec AC/DC mais malheureusement, cela n’est jamais arrivé. Mais on ne sait jamais, cela pourrait venir... Je te laisse avec “Wild Mick” et Jon. Ils te donneront une autre interprétation des choses.



 

Alors, c’était comment le "Ramblin Man Fair" ?
Mick : C’était super, franchement, mais il a plu. Nous avons apporté la pluie, je pense. Les groupes qui y jouaient étaient sympa. C’était différent des festivals où l’on a l’habitude de jouer. Habituellement, en Europe, on joue avec des gros groupes de hard rock. Là, à part EXTREME, il y avait des groupes de blues. L’ambiance était bonne. Le groupe a vraiment bien joué, nous nous sommes éclatés mais franchement, le temps n’était pas au rendez-vous pour le public.

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez joué à Paris ? Jon ?
Jon : Avec DOKKEN ou en général ?

En général.
C’était en 1989 avec DORO à l’Elysée-Montmartre. Il y avait plein de marches pour y arriver. J’avais quatre amplis Marshall avec les têtes, c’était fou ! J’ai un bon souvenir de cet endroit. C’est loin d’ici ?

C’est près de Pigalle, tu connais ?
Non.

C’est un endroit où il y a des sex shops, des peep shows, des sex clubs, le Moulin Rouge…
Voilà, je savais que j’adorais cet endroit, c’est pour ça ! (rires). C’était il y a longtemps, en 1989.

Et toi, Mick ?
Mick : Je crois que c’était avec AC/DC au Zénith.

Oui, c’est ce que m’a dit Don tout à l’heure.
Nous avons joué avec ACCEPT en France aussi. Tu sais, quand tu es jeune, que tu viens de Californie pour la première fois en France, en voyageant en tour bus, tu te réveilles tôt. Tu regardes tout Paris, tu deviens proche de la ville, tu observes tous les monuments, les icônes. Tu es époustouflé. L’architecture est magnifique et différente de ce que tu connais. C’est très excitant. Après, tu joues le soir. Tout va vite, c’est un peu comme « Hello Zenith !… Goodbye ! » (rires). Pendant un jour off, on allait à la Tour Eiffel.

Comment s'est passée la tournée japonaise avec George et Jeff ?
J’ai trouvé ça décevant. Tu sais, à nos débuts, on était bien ensemble mais les choses ont changé un peu. Cette tournée était bien, calme. J’adore le Japon, ça se passe toujours bien.
 

« Tout ce que j’avais travaillé depuis des années, depuis toute une vie, a disparu. » - Jon Levin


Vous avez commencé à écrire des chansons ?
Jon :
J’ai écrit un certain nombre de riffs que je garde au chaud. C’est un challenge pour nous cet album. J’aime beaucoup le précédent et il va falloir que l’on fasse mieux.

Mick, un seul souvenir fort des années 1980 ?
Mick :
L’argent (rires).
Jon : Il y avait plein de cash. (rires)
Mick : Mon premier disque d’or. Je me suis dit : « Wah ! Qu’est ce qu’il m’arrive ? » C’était génial. Mais tu sais, il y a tellement de souvenirs…

Et dans les années 1990 ?
A cette époque, il y avait LYNCH MOB. C’est un très bon souvenir pour moi. J’ai apprécié cette période. MTV dirigeait tout à cette époque avec un certain style. On était dedans au début. Il y a eu la reformation de DOKKEN aussi.

Et toi, Jon, dans les années 1990 ?
Jon : J’étais dans un groupe appelé BIG TROUBLE avec Bobby Randall. Puis est arrivé le grunge et ça a été un désastre. Je suis un guitariste soliste. NIRVANA est arrivé, a tout explosé, mais il n’y avait plus de solos de guitare. Tout ce que j’avais travaillé depuis des années, depuis toute une vie, a disparu ! Plus de solos. C’est comme si tu disais à un batteur (il se tourne vers Mick), il n’y a plus de batterie, c’est fini.
Mick : C’est impossible. Je me serais mis à la batterie électronique, sinon ! (rires)
Jon : Donc, tout ce que j’ai bossé toute ma vie a explosé, m’a été pris. Je suis parti pour peut-être revenir.

Qu’as-tu fait alors ?
Je suis allé en fac de droit. Je suis avocat.

Ah bon ?
Oui, j’ai même représenté par hasard Jeff Pilson en 1997. Un soir, je rentre du tribunal, j’étais en costume. J’ai un message de Jeff Pilson sur mon répondeur : « Hey Jon, peux-tu venir faire des solos de guitare ? Nous n’avons pas de guitariste. ». Il ne m’a pas dit que c’était pour DOKKEN. S’il me l’avait dit, je n’y serai pas allé, ça m’aurait rendu trop nerveux. Je dînais avec mon père ce soir-là et je lui dis : « Papa, un de mes clients m’a demandé de venir jouer des solos de guitares sur son album, qu’en penses-tu ? » Il m’a alors répondu : « Vas-y ! ». Ce « vas-y » a tout déclenché. J’ai pris ma voiture pour le rendez-vous à Rendondo Beach (en Californie), je ne savais pas trop où c’était. J’étais en costume, mec ! J’arrive et je vois une porte ouverte avec un bras tendu et une guitare Les Paul. C’était qui ? C’était Don ! Mick était là aussi.
Mick : Nous étions en répétition. Jon nous a impressionnés. Il savait tout jouer.
Jon : Tu te souviens, on a joué pour l’anniversaire de Don. C’était le 29 juin. Le rendez-vous était au Steak House à Rendondo Beach. J’ai tourné pendant des heures. Impossible de trouver cet endroit. J’ai failli rentrer chez moi, j’étais avec ma petite amie. Je ne savais pas où c’était. Elle me dit : « Hey, regarde là-bas, il y a du monde ! », c'était pas le Steak House, c’était le Steak Out (rires). Si j’avais loupé cette fête, je n’aurais peut-être pas fait les autres concerts ! (rires) Ils ne m’auraient plus jamais invité. C’était en 1998. Après, en juillet, j’ai fait mon premier concert officiel avec DOKKEN. J’avais les cheveux courts, un pantalon bleu violet. Mon père est venu au concert. Il est âgé maintenant mais se porte bien. C’était vraiment un super moment. J’étais un gros fan de DOKKEN aussi.

Un nom d’album de DOKKEN sur lequel tu as joué ou non et tu me donnes seulement deux mots, OK ? « Breaking The Chains » ?
Mick : Tout neuf.

« Tooth And Nails » ?
Mick : Excitant et en progrès.

« Under Lock And Key » ?
Mick : Poursuite et succès.
Jon : J’allais dire succès !

« Back For The Attack » ?
Mick : Confusion et séparation. Tout était allé trop vite et ce n’était pas si bien.

Jon, « Long Way Home » ?
Jon : Je n’ai pas joué dessus mais je te dirais : nouvelle direction et très cool.

« Hell To Pay » ?
Jon : Nouveau pour moi et remontant.

Pour moi, « Lightning Strikes », c’est quelque chose. Tu en penses quoi ?
Jon : Oui, en pleine cible et le come-back. C’est un mix de toutes les périodes de DOKKEN.

« Broken Bones » ?
Jon : Progressif, mon favori, et profond

Et toi, Mick ?
Mick : Je n’ai pas joué dessus. Je ne l’ai pas beaucoup écouté. Il sonne comme du DOKKEN classique. On ne joue pas beaucoup de titres de cet album.

Comme je l’ai évoqué avec Don tout à l’heure, je m’occupe de problèmes d’addiction chez les gens. Que voulez-vous dire sur cette maladie ?
Jon :
Tu peux nous aider ? Franchement, je ne suis pas addict.
Mick : Tu sais, pour moi, cela n’a jamais été un problème. Les drogues, c’était plutôt un usage récréatif. Je me suis toujours marré. Cela devient grave quand des conséquences, des troubles apparaissent, que le côté fun disparaît. Pour moi, honnêtement, ça a toujours été fun (rires). C’était facile d’arrêter, je n’ai jamais eu de conséquences mais sinon, c’est grave.
 

« A 8 ans, pour mon anniversaire, j’ai eu mon premier cours de batterie avant Mickey Hart, avant qu’il ne rejoigne GRATEFUL DEAD » - Mick Brown



Vous rappelez-vous quand vous avez décidé d’être musicien ?
Jon : Professionnel ou en général ?

En général.
Jon : La musique m’a choisie. J’étais très jeune. J’avais 9 ans. Mon ami Jeffrey Frank avait un livre de partitions des BEATLES, une petite guitare électrique et un petit ampli. Il ne jouait pas ! J’ai donc pris ce livre et commencé à apprendre les accords mineurs de guitare et à la fin, j’ai réussi à jouer “Eleanor Rigby”. Voilà comment tout a commencé pour moi. Après, j’ai découvert les ROLLING STONES. C’était énorme pour moi. J’ai acheté mes deux premiers 45 tours, “Brown Sugar” et “Jumpin’ Jack Flash”.
Mick : Fabuleux !

Et toi, Mick ?
Mick : J’ai vu les BEATLES à la télé au “Ed Sullivan Show”. J’avais 5 ans et j’ai dit à mes parents : « Je veux jouer du saxophone ». Ils m’ont répondu : « Tu es trop jeune ». Le saxophone allait être plus grand que moi ! Il y avait la guitare aussi mais au moment où j’ai vu les BEATLES, la puissance du rock, j’ai voulu faire de la batterie. A 8 ans, pour mon anniversaire, j’ai eu mon premier cours de batterie avant Mickey Hart, avant qu’il ne rejoigne GRATEFUL DEAD. J’ai eu mon premier groupe à 10 ans et je ne me suis jamais arrêté (rires).
Jon : Mickey Hart était dans le même collège que moi. J’étais sur la côte Est et toi sur la côte Ouest. Il a bougé ?
Mick : Je pense, c’était à San Francisco. Tu crois que c’est le même ?
Jon : Oui, je crois, Mickey Hart était le musicien du collège, c’était un peu la star et il a fini dans le business de la musique.

Et les réseaux sociaux, vous en pensez quoi, vous ?
Jon : Je les utilise mais je n’en abuse pas. Je consulte de temps en temps mon compte, je réponds à des fans. J’utilise Facebook de manière raisonnable.

Mick ?
Mick : Pas du tout. Ce n’est pas de ma génération. Des amis m’ont fait une page Facebook. J’y vais très peu. Je n’utilise pas tous ces trucs. C’est horrible, je suis vieux, les gars ! (rires) Je me sens comme un dinosaure !
Jon : Nooooon ! (rires) Mick est un mec talentueux et qui réussit. Je crois qu’il est modeste.



Vous pensez quoi de la situation actuelle de l’industrie de la musique ?
Mick :
Je ne sais pas. Il n’y en a plus. Plus de contact avec eux. Depuis longtemps maintenant !

Qu’est-ce qui fait encore brûler votre flamme intérieure ?
Jon :
J’aime la musique, j’aime les guitares, j’adore en jouer (sur un ton très enjoué). Mick a toujours été là pour moi, il m’a toujours encouragé. C’est mon mentor à 100%. C’est probablement la personne qui a le plus compté pour moi dans ma carrière.
Mick : Wah !
Jon : C’est vrai ce que je dis. Je vais te dire pourquoi. J’apprécie d’avoir des critiques positives et constructives. Mick sent la musique à 100%. Il ressent les notes. C’est le seul batteur avec qui j’ai joué qui laisse les guitares dans ses écouteurs sur scène. Il m’écoute, écoute mon jeu de guitare tous les soirs, les erreurs et ou les trucs pas très bons que je joue.
Mick : Tu fais des erreurs ? (rires)
Jon : Chaque soir, il peut me dire : « Ce que tu as fait là est top mais tu devrais faire ça ou essayer ça ! »
Mick : Oui, c’est rare d’avoir quelqu’un qui t’écoute. Je suis vraiment fier qu’il le fasse. Il joue tellement bien.
Jon : J’ai eu dans ma vie deux personnes qui ont compté dans ma carrière et qui m’ont encouragé : Mick et mon professeur de droit quand j’étais à la fac. J’allais arrêter le droit, il m’a pris dans son bureau et m’a reboosté. Il m’a donné des vibrations positives. Mick a fait pareil, il m’a aidé au début.
Mick : J’ai créé ce monstre. (rires)
Jon : Don a aussi été là pour moi.

Et toi, Mick, qu’est ce qui te motive encore après toutes ces années ?
Mick : La passion pour la musique. Je crois que ma flamme s’éteint. Je pense que mon temps est bientôt fini.
Jon : Nooon !
Mick : Si si. J’ai ces douleurs aux mains, aux épaules. Après toutes ces années, il faut que je pense à la retraite. J’aime la musique, j’aime jouer mais je crois que mon corps ne suit plus. J’ai toujours aimé jouer, j’ai toujours fait et eu les choses que je voulais sauf de l’argent (rires). Si je pouvais en avoir un peu, cela réanimerait ma flamme... (rires)

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK