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LABELS ET LES BETES • "Le coté obscur de la force métallique - épisode 19"

par Crapulax
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Feb
14
2019


Une nouvelle fois, nos trois aventuriers du net sont partis (rien que pour vous !) prospecter dans les tréfonds de l’undergound, parfois au péril de leur vie et de leur santé mentale, à la recherche des plus beaux trésors ! Aude est revenue la première avec les légendaires roses de givre dans ses mains encore congelées, celles qui poussent uniquement dans les montagnes enneigées où s’affrontent les tribus Vanirs et Aesirs depuis la nuit des temps ! Tout feu tout flamme Clément, lui, a osé dérober le joyau surnommé le « cœur du dragon » caché dans une tour dédiée au dieu Set dans la cité orientale de Zamboula. Cela n’a d’ailleurs pas vraiment plu au dragon en question qui le lui a fait « chaudement » savoir... Quant à Crapulax, il a maladroitement tenté de faire les poches d’un géant cimmérien aux longs cheveux noirs de jais circulant dans les quartiers mal famés de Shadizar et s’est retrouvé le crâne fendu et la mâchoire fracassée…

Crom c’est dommage pour lui !


MALIST : « In The Catacombs Of Time » (Northern Silence Productions)

Il ne faut parfois rien de plus que le minimum pour porter un projet haut et fort. MALIST est un one-man band venu de Russie tout récemment signé chez Northern Silence.

Pour son premier album « In The Catacombs Of Time », Ovfrost concentre toute son énergie misanthrope autour d'une guitare saturée mise en valeur par des passages atmosphériques bien placés et une ambiance mélancolico-dépressive omniprésente. MALIST offre un black metal brut mais varié au gré de 10 titres plus ou moins longs, allant du true black sans concession au black atmosphérique tourmenté.

Des morceaux comme "Uniformity" tout en nuances avec sa double voix, son rythme effréné et son break mélodique ou "En Bitter Längtan", mid-tempo, tout en progressivité et à l'intro arpégée confèrent à l'album tout l'intérêt qui mérite de lui être porté. En parallèle, "Violated By Nothingness" explore des univers moins accessibles mais tout aussi captivants. Et l'acoustique "Ever After" de nous faire revenir en douceur dans la réalité du quotidien.

MALIST est en fin de compte la bande son idéale pour agrémenter un hiver interminable.
(Aude)



NON EST DEUS : « There Is No God » (Naturmacht Productions)

Donc que les choses soient claires ! Tout est question ici de blasphème, de rejet de toutes les religions et même si la dérision est souvent de mise, le fond est quand même anti-dogmatique.

Pour resituer le contexte, NON EST DEUS est un groupe allemand pour le moins productif puisqu'il sort avec « There Is No God » son deuxième album en un an. Il comprend 5 titres pour un peu plus de 30 minutes de black metal résolument engagé. L'ensemble est bien ficelé, entraînant et réellement captivant.

Ce qui est surprenant et novateur dans la musique de NON EST DEUS, ce sont les passages mélodiques de guitares heavy, groovy voire bluesy, les soli impromptus, les passages de claviers et les moments de purs délires vocaux, limite parodiques parfois. Ils nous offrent en toute modestie un black metal mélodique haute couture, perfectionniste et non dénué d'inspiration.

Chaque minute de l'album regorge de surprises et il est impossible de décrocher. Plusieurs écoutes sont d'ailleurs nécessaires pour voir émerger toutes les subtilités de « There Is No God ». Ah l'humour allemand ! A prendre au premier et au second degré.
(Aude)



​KRUKH : « Безглуздість! » [Absurdity!] (Indépendant)

KRUKH n'est prophète en son pays ! C'est à coup sûr parti de ce fameux adage que le trio, composé d'un ouzbek, d'un ukrainien et d'un américain, s'est lancé dans le black glacial et épique propre aux froides contrées de l'Europe de l'Est. Et sans surprise, l'amateur du genre retrouvera ici tout ce qui lui fait du bien aux esgourdes : thèmes mélodiques délicats qui charrient des riffs tranchants comme des couteaux à glace, rythmiques forgées dans la rigueur des hivers slaves qui n'oublient pas d'aérer le propos avec quelques interludes atmosphériques du meilleur effet.

J'ai beau chercher, rien ne manque à l'appel. Pas même cet orage lointain qui, accompagné d'une pluie de traîne dont l'on devine le clapotis des gouttes sur "Bтрачений", permet de reprendre ses esprits lors d'une courte pause à mi-parcours.

Slave c'est sûr, ce premier album de KRUKH fleure bon les racines, le lichen et l'humus. Du haut de ses trente-cinq (trop) courtes minutes dans sa besace, il prend des allures de road-trip dans l'obscurité infinie d'une forêt enneigée.
(Clément)



MORILD : « Så kom mørket og tog mig på ordet... » (Indisciplinarian Music)

En dépit de son titre à rallonge, dont je vous épargne ici la totalité, ainsi que de son affreuse couverture, ce premier effort du quintet danois MORILD est une merveille de black atmosphérique.

Confirmant ainsi qu'il ne faut jamais se fier aux apparences, il dévoile dès ses première notes une intro tout en échos lointains qui n'aurait pas dépareillé sur les premiers albums de WOLVES IN THE THRONE ROOM. Un terrain de jeu idéal pour propulser dans la foulée un "Sort Sky Ad Minder" rageur et incendiaire, véritable monstre rythmique au sens inné du riff froid et précis qui claque tel le blizzard sur les joues rougies.

Armé d'un latteur-bûcheron aux abois, d'une section rythmique en mode blitzkrieg et surtout d'un vocaliste hurlant son désespoir à qui veut bien l'entendre, MORILD n'est pas vraiment là pour faire des bonhommes de neige. Les accélérations, abruptes et envoûtantes, qu'il distille avec parcimonie lui confèrent d'ailleurs une aura typiquement scandinave. Vous l'aurez compris, ne serait-ce que pour le sublime "I Afgørende Stunder" qui met en P.L.S. les trois-quarts de la scène actuelle avec ses mélodies poignantes, vous devez vous procurer ce chef-d’œuvre de toute urgence.
(Clément)



ELECTROCUTION : « Psychonolatry » (Goregorecords)

Si personne n’avait entendu parler de cette formation transalpine malgré le fait qu’ils démarrèrent très tôt leur carrière (en 1990, pensez donc !), la raison en était simple : ils disparurent moins de trois ans plus tard juste après la sortie de leur premier album « Inside The Unreal ». Aussi leur reformation en 2014 suivie de la sortie du dispensable « Metaphynsicarnation » passèrent tout aussi logiquement sous les radars. Avec « Psychonolatry » les italiens ont peaufiné leur argumentaire avec un son résolument moderne, des riffs qui claquouillent, des solis qui grattouillent (avec Brandon Ellis de THE BLACK DAHLIA MURDER en invité !) et des passages mélodiques disséminés avec parcimonie pour relancer leur death metal brutal juste à point nommé.

« Psychonolatry », ou la farandole des 11 torgnoles à la bolognaise, prouve à qui veut l’entendre que les membres d’ELECTROCUTION sont parvenus au top de leur maîtrise technique. Chaque titre possède le petit gimmick qui le différencie intelligemment des autres (« Hallucinatory Breed » et son riff à la GOJIRA, « Divine Retribution » et son clin d’oeil à DEATH, l’intro sordide de « Bulaggna » ou l’effet clavier sur « Warped »), assurant à l'album tout son intérêt.

Alors si vous aimez avoir les oreilles qui bourdonnent, c'est par ici que ça se passe.
(Crapulax)



STONE AGE MAMMOTH : « Riff Desert » (Indépendant)

Dans le rock stoner (appelé aussi desert rock), subtil mélange de rythmiques hypnotiques, de rock psychédélique, de blues et parfois de doom popularisé par des groupes comme KYUSS, deux grandes tendances s’affrontent : ceux qui optent pour le hurlement du coyote au coucher du soleil dans les plaines désertiques de l’Arizona (groupes avec chanteur) et ceux qui ont filé un bon coup de winchester au coyote (groupe sans) !!!

Même si STONE AGE MAMMOTH ne tire pas sa légitimité de ces terres si chères aux Navajos, ce frère de sang de HAZY SEA (Grèce) s’inscrit durablement dans la seconde catégorie, celle instrumentale qui laisse libre cours aux longs délires des guitares, celle emplie de rêves conçue pour planer haut et fort comme un vautour au dessus de sa proie attendant son heure… Du coup, l’auditeur peut à loisir siroter sa binouze avachi dans son rocking-chair sous un porche en mode « grosse larve » ou avaler les kilomètres pendant des heures sur une bonne vieille Harley-Davidson le long de la route 66 (« Cactus »).

Plus prosaïquement, on peut aussi repasser son linge en écoutant STONE AGE MAMMOTH, faire un sudoku, patienter dans la salle d’attente de son proctologue favori voire brancher discrètement ses oreillettes pendant que sa belle-mère soliloque. C’est beaucoup moins romantique mais ça marche aussi...
(Crapulax)


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