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NO VALE NADA • "Alter Ego"

par Clément
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Mar
30
2019

Que de chemin parcouru en à peine trois ans par le trio chaumontais depuis la sortie de son premier album, « Demain » ! De ses débuts noisy ravageurs NO VALE NADA a conservé l’urgence et la hargne, prenant le soin de cogner aujourd’hui avec plus de doigté et de précision pour faire un maximum de dégâts. Mais gare à ceux et celles qui interpréteraient cette méthode revisitée comme une baisse de régime, il n’en est rien ici... bien au contraire ! Le groupe est loin d’avoir tourné la page du post-hardcore foutraque, prenant ainsi le temps de peaufiner son style au profit de quelque chose de plus personnel.  Et cela se ressent dès les premiers instants où un déluge de riffs d'une délicieuse sauvagerie laisse exploser des mélodies tordues en arrière-plan. L’effet bœuf est garanti, renforcé par une production aux petits oignons une nouvelle fois façonnée par Amaury Sauvé (BIRDS IN ROW, COMITY, AS WE DRAW…). Ses studios lavallois ont accouché d’un son sauvage et abrasif qui offre un terrain de jeu idéal aux ambiances cataclysmiques façonnées par NO VALE NADA. Le côté dissonant propre au style du trio, déjà présent dans ses précédentes productions, est ici démultiplié et les conséquences ne se font pas attendre : la rage et le dégoût transpirent par tous les pores. L’accalmie, option non retenue par le groupe dans son approche musclée, ne se savoure que furtivement au début et à la fin de ce disque. Le reste tient en quelques mots : une déclaration de guerre.

Les morceaux défilent ainsi au gré des larsens et la violence monte d’un cran, la folie dans ses bagages, avec des brûlots comme "Ego" et "Amour" qui s’imposent comme de grands moments de violence maîtrisée. Le tout rappelle THE DILLINGER ESCAPE PLAN dans ses envolées les plus rock’n’roll sur « Miss Machine » mais il y a ici quelque chose de plus vicieux, d’insondable qui pousse les compteurs dans le rouge en permanence. "Plutôt Crever que Mourir" s’apparente, lui, à une glue épaisse qui s'abat sur les tympans : le terme "dissonant" prend d’ailleurs toute sa mesure en quelques dix minutes convulsives avant de s'achever sur un final bruitiste imparable. Aucun doute n’est permis : la section rythmique dépote sec. La frappe méthodique et obstinée du batteur est à ce titre un vrai régal de noirceur et de rage tout comme les vocalises irritées de Davy, préposé au crachoir, dont les cordes vocales de fer dans un larynx de velours sont un monument de sauvagerie. Quant à la basse, c’est simple il n’y en a pas ! Et curieusement, cela ne se ressent pas plus que cela sur la production et les structures des compositions qui proposent un rendu final déjà très dense en l’état.

Viscéral et insoumis, « Alter Ego » distille des ambiances crépusculaires, trompeuses et une mélancolie guerrière qui en font une oeuvre diabolique et schizophrène. Une oeuvre loin d’être évidente à appréhender d’une traite, un puzzle à l'apparente simplicité rythmique mais aux structures tortueuses. Ou plus simplement l’un des disques les plus balèzes sortis en ce début d’année. Oui, balèze, c'est bien le mot. Et c’est mérité.

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