14 mai 2021, 17:43

LABELS & LES BÊTES

"Le coté obscur de la force métallique" - épisode 46

Blogger : Clément
par Clément


COVID par-ci, confinement par-là, vaccination en dents de scie et autres syndromes dépressifs en toile de fond, il est temps de tourner la page et de passer à autre chose pour nous autres, humanus simplex. La bonne nouvelle dans l'histoire, c'est que vos trois ambassadeurs du côté obscur de la force ont une nouvelle fois embarqué pour un aller simple au cœur des ténèbres pour vous ramener le meilleur, tout du moins le plus vil du metal qui sent fort ! Alors, oubliez tracas et turpitudes du quotidien : enfilez votre plus beau cuir, chaussez vos fidèles rangers, installez-vous confortablement et surtout, ne prévenez pas les voisins... de toute manière cela ne sert à rien puisqu'ils vous détestent déjà !
 

MOURNING DAWN : « Dead End Euphoria » (Aesthetic Death)

Et de cinq ! Avec ce nouvel album dans sa besace, le trio parisien MOURNING DAWN confirme son statut de patron doom made in France depuis pas loin de vingt ans ! Toujours fidèle à sa ligne de conduite, à savoir un metal obscur profond et sépulcral, le groupe fait à nouveau des merveilles en matière de lenteur écrasante et d'embardées pachydermiques.
Le son est ici lourd comme une fondue de plomb mais pas dénué de mélodies, ce qui le rapproche invariablement de ses compatriotes ATARAXIE et FUNERALIUM. Quant aux vocalises de Laurent “Pokemonslaughter”, celles-ci sont puissantes, belliqueuses et se voient doublées par des rythmiques plus death, enjouées qui viennent relever le tempo quand il le faut et permettent d'aérer la structure de chaque morceau. Dont trois d’entre eux dépassent d'ailleurs la barrière des 10 minutes (voire 25 pour cette plongée en eaux troubles qu’est “The Five Steps To Death” ! ).
Mélancoliques, solennels, les riffs délivrés tout du long de ces 70 minutes témoignent d’une expérience indéniable dans le troussage d'atmosphères prenantes tout comme la frappe pesante de Nicolas Joyeux (ahem) ne laissera aucune chance aux esgourdes qui manquent d'entraînement. Vous voilà prévenus...
(Clément)


LORD KETIL : « Cult Of The Elder Ones » (Asgard Hass)

Le duo lillois n’en est ici pas à son coup d’essai puisqu’il s’agit de son troisième méfait, cette fois sorti sous la bannière suisse Asgard Hass, profondément ancré dans le black metal à l’ancienne et sans chichi.
Un nouvel assaut qui délivre du tremolo sans sourciller et des mélodies glaciales qui renvoient l'auditeur presque trois décennies en arrière, à l'âge d'or des grands anciens norvégiens. Parce qu’entre nous, « Cult Of The Elder Ones » comporte suffisamment de moments de bravoure ponctués de guitares acérées et de tempos bouillonnants pour mettre à l’honneur l'authenticité vengeresse du black traditionnel, la force brute et épique qui coule dans les veines d’un vieux GORGOROTH.
L’on sent ici cette envie d’en découvre qui transparaît tout du long de l’album, mise en scène par une production vintage signée par le LB Lab, qui montre les muscles quand il le faut sans en faire trop. Tout est bien dosé : section rythmique en mode blitzkrieg, un vocaliste habité par son rôle et des tempos ciselés par un batteur appliqué.
Oui, LORD KETIL livre sur cet album une prestation qui ravira aussi bien les nostalgiques d’un temps révolu que les plus curieux à la recherche d’un son authentique...
(Clément)


TERRORDOME : « Straight Outta Smogtown » (Selfmadegod Records)

La palme d'or de la grosse patate 2021 est décernée cette année à un modeste groupe polonais qui carbure au bon vieux thrash metal des familles, un produit peu frelaté mais qui donne toujours bien chaud aux oreilles ! Avec ce troisième album, c'est l'ivresse assurée : certes, vous n'allez pas vous retrouver à poil dans la neige à vous prendre pour un élan ou au milieu du carrefour à danser comme une ballerine mais c'est tout comme !
Alors bien entendu, TERRORDOME n'invente rien, il reste même conceptuellement parlant très primaire ("Worried Again" et son refrain de hooligan torse nu et bière en main), mais ça dévale la pente à 200 km/h sans frein et sans direction ("Into The Void" ou le furibard "Steel On The Road") dans la plus totale inconscience à chaque morceau.
Cela fait penser aux premiers albums de LOST SOCIETY dans l'esprit avec un peu de hardcore dans les gencives en bonus ("Ego-Boost Downfall"). Cerise sur le gâteau : cette folle course passe la ligne d'arrivée sur un extrait de La Nuit des Morts-Vivants de Romero (1968), histoire de prouver qu'on peut être jeune et avoir bon goût malgré tout.
(Crapulax)


OBVURT : « The Beginning » (Brutal Minds)

Avez-vous déjà pris un OBVURT en pleine tronche ? OBVURT, sachez-le, c'est le Verdun du death metal québecquois : ça pilonne à tout-va avec des canons modèle Grosse Bertha, ça écrabouille tout dans les tranchées, ça laisse des trous béants dans le sol genre surface lunaire mais Tabernacle, qu'est-ce que c'est bon !
Ce premier album démarre pourtant plutôt léger avec un Prélude en Ré mineur pour orgue de chœur, interprété par l'Abbé Coudboul le dimanche de Pâques dernier à l'église de Sachy-des-Bulles du Québec. Mais ça enchaîne de suite avec le très brutal "Osthéophyte" (seul coup de growl en français dans le texte) et surtout par le petit bijou "The First Light" et son riff totalement mortel qui va assurément exploser tout le monde !
"Obverted" dans son style est aussi une petite tuerie avec son solo foudroyant et son planant final tout en harmoniques. Seul l'instrumental "The End", qui clôt cet EP, aurait mérité une meilleure mise en valeur avec l'insertion d'un long solo par exemple, mais bon...
C'est juste pour pinailler un peu. « The Beginning » reste un mini album bien... poilu, si on peut dire ! 
(Crapulax)


OLHAVA : « Frozen Bloom » (Avantgarde Music)

Il semble que l 'inspiration d'OLHAVA soit sans limite car « Frozen Bloom » est déjà leur quatrième album depuis 2019 ! Cette fois, le duo russe nous pousse à la contemplation du moment présent grâce à un post black metal atmosphérique de toute beauté.
Oubliés les tourments du passé et les aléas du futur, le blackgaze d'OLHAVA est là pour sublimer l'ici et maintenant. "The Queen Of Fields" et "Frozen Bloom I" vont subtilement blaster vos oreilles et votre âme pendant près de 35 minutes.
Au programme, du blizzard incontrôlable : rythmes ultra rapides, guitares shoegaze et mélodiques, voix hurlées à la mort et surtout ambiance glaciale à souhait. La sortie de l'hiver n'est pas loin mais le givre sur les arbres est encore bien présent. "Adrift" et "Frozen Bloom II" quant à eux parviendront à faire revenir un peu de lumière et de vie dans cet univers immaculé grâce à un drone metal aux guitares acoustiques, aux claviers éthériques et à ses quelques rythmes chamaniques.
Quasiment 25 minutes d'instrumental onirique pendant lesquelles la sérénité s'installe. « Frozen Bloom » est une pure merveille dont il faut se saisir au plus vite.
(Aude)​


JORDFÄST : « Hädanefter » (Nordvis Produktion)

Voici le premier album des Suédois JORDFÄST dont l’attachement au sol et à leurs racines est le thème récurrent des deux titres de « Hädanefter ». Pour un total de tout de même 40 minutes d’un black metal mélancolique et brutal, "Buren Av Loppor" et "Hädanförd" nous emmènent dans les forêts suédoises peuplées des âmes des ancêtres.
Les rythmes sont rapides, les guitares lourdes, la voix éraillée mais l’atmosphère est sombre. Plus profond dans les entrailles de l’album, on trouve aussi quelques passages mid-tempo et quelques mélodies impitoyables. Et puis, tout au long de ce voyage dans un passé qui se veut glorieux, un côté épique et guerrier.
Les chœurs masculins en voix claire sur "Hädanförd" en sont l’apogée et donnent une consistance toute particulière à un morceau tout en nuances musicales. JORDFÄST joue indubitablement dans la cour des grands avec de plus une propension à utiliser des riffs de guitares intenses, des soli ravageurs et quelques dissonances ici ou là pour créer une ambiance plus que glaciale. « Hädanefter » est un album prometteur que tous les amateurs de black metal pourront apprécier.
(Aude)

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
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