14 juin 2024, 23:59

DESCENDENTS + HOGWASH

@ Strasbourg (La Laiterie)

Un vendredi pas comme les autres ? Absolument pas, ce 14 juin, alors que l’automne s’éternise et que nos soirées sont plus rhume que rhum, nous avons rendez-vous avec des géants du punk mélodique de la côte Ouest des Etats-Unis. DESCENDENTS passe délivrer sa bonne et sonore parole à la Laiterie de Strasbourg. Let’s go !

20h00. C’est HOGWASH qui a la charge d’animer la première partie et d’éveiller l’esprit punk de l’assemblée. Les 4 garçons dans le vent entament "We Have To Go Back", un bon hymne californien rock et mélodique dans l’esprit des Nineties, entre la fraîcheur de GREEN DAY et la fougue de PENNYWISE, sauf que le combo qui enchaîne avec "Cutting Circles" est 100 % frenchie. HOGWASH entretient le revival du skate punk insouciant bercé par LAGWAGON, les deux chanteurs ont le sourire et de bons mots joviaux, enchaînent les tubes fédérateurs, des "Old’s Cool, New’s Cool", maintenant un pont temporel musical avec une époque que l’on croyait révolue. Le public est conquis, savoure et acclame un set qui va durer à peine une demi-heure, mais où chacun aura déjà commencé à gigoter. Nous leur dirons au revoir avec la même bonne humeur que celle dans laquelle ils nous ont baignés avec leurs sourires et leur musique rapide. Un bon buzz que ce groupe, un "Safety Buzz".


20h50. Nous voyons arriver DESCENDENTS. Ils jouent pour se présenter à nous "Feel This", morceau de l’album récent « Hypercaffium Spazzinate ». Un peu étonnant, on imaginait plus des titres canoniques, ceux narrant les premières aventures de Milo, à la fois prénom du frontman et de son avatar sur pochettes. J’avoue, c’est déjà très enlevé et parfaitement dans le style du combo. Donc, un bon choix d’introduction. "Hope" et "Silly Girl", plus attendus, lui emboîtent le pas. DESCENDENTS est à la côte Ouest ce que les RAMONES sont à la côte Est, des légendes avec un son qui leur est propre, des sursauts épileptiques baignés de punk hardcore mélodique. Les rockers qui sautillent sous nos yeux sont d’un âge aussi vénérable que leurs hits sont vénérés, aussi c’est un réel plaisir de les voir se déchaîner comme il y a 45 ans. Milo ne va plus au collège depuis longtemps, mais clame toujours avec conviction "I Wanna Be a Bear". Nous sommes captivés et les premiers slams apparaissent au-dessus du circle pit. Quant aux refrains, ils résonnent tout autour de moi.

  
© Delphine Koehl - DR


Durant une bonne heure et quart, 33 extraits de la riche carrière des DESCENDENTS se succèdent, issus de presque tous leurs albums, "Clean Sheets" tire la bourre à "Everything Sux", avant que l’ultime "Nightage" ne leur claque le museau à tous les deux avec son rythme si hypnotique, gorgé de riffs punk déchaînés. La soirée se charge toujours plus en électricité émotionnelle, le public adore, le groupe ne s’économise absolument pas, du punk speed et mélodique avec les tubes "Nothing With You" et "Rotting Out", du hardcore primal sur "I’m Not a Punk" et "Van", sans oublier l’hymne que constitue "‘Merican". Au milieu des slams, nous reprenons tous les refrains avec une joie sauvage et bienheureuse. Après avoir conquis la fosse, rappelé les temps jadis de "When I Get Old", et d’aujourd’hui où Milo clame "I Don’t Want to Grow Up", et c’est tant mieux car aucun d’entre nous n’est trop vieux pour ces conneries !


Pour se diriger vers le bouquet final, DESCENDENTS opte pour des guitares furieuses et une rythmique accélérée, "Thank You", "Suburban Home" et "Smile" sont de parfaits choix. Pour le rappel, DESCENDENTS déroule le ronronnant et mélodique "Good Good Things", un "Hey Hey" plus énervé, un "Grudge" bassement appuyé et finit sur le mélancoliquement rock punk "Get the Time". Un magnifique choix pour un au revoir. Applaudissements obligés devant les hectolitres de sueur électrique déversés.

C’étaient les DESCENDENTS, des légendes vivantes qui, 45 piges après leurs débuts, sont toujours autant dans l’épate… et bien loin de l’ehpad !
 

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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