8 février 2021, 19:41

Marilyn Manson

• Le mécanisme des violences conjugales


Alors que l'empire de Marilyn Manson se fissure chaque jour un peu plus depuis que l'une de ses ex-fiancées a révélé les violences sexuelles et psychologiques qu'il lui avait fait subir, la parole se libère et de nombreuses autres femmes accusent le musicien. Des faits corroborés par les témoignages de certains de ses anciens collaborateurs. L'occasion de faire un point sur la situation, mais aussi de répondre à quelques questions sur le mécanisme des violences conjugales.


Lundi 1er février, Evan Rachel Wood, qui disait depuis des années qu'un ex-petit ami lui avait fait subir des sévices sexuels et psychologiques, et qu'elle avait été victime de pressions, de chantage et de menaces de mort de sa part quand elle l'avait quitté, révélait l'identité de son agresseur : Brian Warner, mieux connu des mortels sous le nom de Marilyn Manson. La jeune femme, aujourd'hui âgée de 33 ans, l'a rencontré quand elle avait 19 ans, lui le double de son âge. S'en est suivie une relation chaotique qui a duré entre 2007 et 2011.
En avril 2019, l'actrice, vue dans Westworld et The Wrestler, avait témoigné, sans jamais le citer, devant le Comité Sénatorial permanent de la Sécurité publique californien, dans le cadre du Phoenix Act qu'elle a créé. Ce dernier étend le délai de prescription de trois à cinq ans pour les victimes de violences conjugales résidant en Californie et ne demande pas de peines plus lourdes pour leurs auteurs, juste une meilleure prise en charge pour leurs victimes. 
« Il a commencé à gagner ma confiance quand j'étais adolescente et a abusé de moi de façon horrible pendant des années, peut-on lire dans son post Instagram. Il m'a lavé le cerveau et m'a manipulée pour que je me soumette. C'est terminé, je ne vivrai plus dans la peur des représailles, de la calomnie ou du chantage. Je suis là pour révéler que cet homme est dangereux et dénoncer les nombreux professionnels qui lui en ont donné la possibilité, avant qu'il ne détruise d'autres vies. Je suis aux côtés des nombreuses victimes qui refusent de rester silencieuses plus longtemps. »


Comme tout témoignage en cette ère post-#MeToo, son message a certes été accueilli avec effroi par un certain nombre de fans et de détracteurs de Manson, mais aussi par un concert de ricanements et de réflexions sarcastiques et odieuses, à base de « Elle a besoin d'argent ou quoi ? », « Plus personne ne parle d'elle, il faut qu'elle se fasse un peu de publicité pour relancer sa carrière ? », et autres « Elle s'attendait à quoi en sortant avec lui ? » ou « Si c'était le cas, pourquoi elle n'est pas partie ? ». Ceux qui accompagnent systématiquement le témoignage des victimes de violences conjugales quand la personne incriminée est célèbre. Le fait que le sujet ait été largement abordé dans l'actualité, surtout depuis le confinement, puisque l'on sait qu'en France, une femme meurt sous les coups de son compagnon tous les deux jours et demi en moyenne, n'aura rien changé.

Alors, avant de continuer cet article, voici quelques informations utiles à l'usage de certains pour leur permettre d'appréhender une partie des mécanismes de l'emprise dont sont victimes celles qui se retrouvent prisonnières d'une relation violente qui annihile leur volonté de s'enfuir. 

Pourquoi une femme violentée demeure-t-elle dans la relation abusive ? 
On a tous entendu des femmes marteler : « Si mon compagnon me levait la main dessus ne serait-ce qu'une seule fois, je partirais dans l'heure ! ». Sans doute le feraient-elles. Dans l'absolu. A condition d'être bien dans leur tête et non fragilisées, sans enfant et indépendantes financièrement ; ce serait une réaction logique. Mais qu'en serait-il si, insidieusement, leur relation avait changé à cause du lent travail de sape de celui qui, après avoir joué les princes charmants, va les battre et/ou les humilier ? Et, pour certains, vont éclater en sanglots, en s'excusant de leur attitude et en promettant que « C'est la dernière fois », comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation ? Ou qui les manipulent pour qu'elles tombent peu à peu sous leur emprise, à force de dénigrements et d'insultes, jusqu'à ce qu'elles pensent qu'effectivement, elles ne valent rien ?
Il y a de multiples raisons qui font qu'une femme prisonnière d'une relation violente reste avec son agresseur : la peur, le déni, la honte, la crainte de se retrouver à la rue, l'isolement. L'espoir que la personne va changer et qu'elle l'aime malgré tout. A sa façon. Et la culpabilité. Car une femme (ou un homme, même si les cas sont plus rares, et il en va de même pour un enfant maltraité) victime de violences conjugales finit toujours par penser qu'elle est en partie responsable de ce qui lui arrive. Qu'elle n'est pas assez aimante. Qu'elle est nulle. Et qu'au final, elle l'a bien cherché… Sans parler de celles qui ont des enfants et pour qui le problème apparaît comme encore plus insoluble.
Si le sujet vous touche, je vous invite à consulter l'article consacré aux violences conjugales sur Psychologie.com

Pourquoi une personne maltraitée et/ou violée met-elle parfois des années, voire des décennies, à trouver le courage de s'exprimer ?
« Les victimes de violences commises par des proches mettent énormément de temps à parler, analysait début janvier la psychiatre Luriel Salmona dans un entretien avec LCI. Car rester en contact avec l’agresseur, continuer à subir une emprise, des menaces ou des manipulations entraîne des risques importants d’amnésie traumatique. Ainsi, l’événement se met dans une sorte de brouillard, n’est pas accessible et ne permet pas d’avoir l’énergie, la colère, la volonté nécessaire pour obtenir justice. » C'est la raison pour laquelle il faut se battre pour que les violences sexuelles, qu'elles soient commises sur un enfant ou un adulte, deviennent imprescriptibles. 
Une fois ce brouillard éclairci et cette volonté de justice présente, la victime doit se faire violence. Car mettre des mots sur ce qu'il s'est passé, c'est revivre le calvaire, risquer de se retrouver face à un interlocuteur qui minimise les faits, vous rabaisse, voire considère qu'il s'agit de simples affabulations. Sans parler de la peur des représailles. Et puis il faut aussi affronter le regard et les commentaires goguenards, avilissants et terriblement misogynes évoqués plus haut qui ont accompagné les deux news consacrées à l'affaire (à retrouver ici et ) que nous avons partagées la semaine dernière sur la page Facebook de HARD FORCE.

Pourquoi Manson, contre qui les témoignages de violences se multiplient (au moment d'écrire ces lignes, on en comptait douze, avec celui de Wood), n'a-t-il jamais eu ce genre d'attitude avec son ex-fiancée Rose McGowan et son ex-épouse Dita Von Teese ?
Sans doute parce qu'il ne s'en prend, physiquement et moralement, qu'aux femmes victimes de fêlures, pour pouvoir les dominer plus facilement (cf. plus loin dans l'article les commentaire d'Otep Shamaya). Pour les briser et les manipuler à sa guise. Il est toutefois prouvé qu'il est impossible d'établir un profil de la victime-type, puisque tous les milieux sociaux et toutes les ethnies sont concernées. L'addiction aux drogues et à l'alcool de Manson, peut-être due en partie à des traumatismes survenus durant son enfance, ne fait vraisemblablement que décupler ses penchants sadiques. Et son statut de star, qui a bâti sa réputation et son empire sur un univers glauque, lui a jusque-là laissé penser qu'il était au-dessus des lois. Rappelons qu'en 2017, il a limogé son bassiste Jeordie "Twiggy Ramirez" White, accusé par Jessicka Adams, ex-chanteuse de JACK OFF JILL, de violences et de viol perpétrés dix ans plus tôt…

Si vous ou une personnage de votre entourage êtes victime de violences conjugales, appelez le 3919.

Ces points passés en revue, continuons.
Les réactions en chaîne ne se sont pas fait attendre suite à la déclaration de Wood. Quelques heures plus tard, le chanteur se faisait virer de son label, Loma Vista Recordings, qui a annoncé arrêter toute collaboration avec lui. Avant que ses apparitions dans les séries Creepshow et American Gods ne soient coupées au montage. C'est ensuite CAA, l'agence artistique qui le représentait, qui lui a rendu son contrat. 

Le 2 février, Manson s'exprimait par Instagram interposé et niait toutes les accusations qu'il qualifiait « d'horribles déformations de la réalité. Mes relations intimes ont toujours été librement consenties avec des partenaires qui partageaient les mêmes goûts que moi. Peu importe comment et pourquoi ces personnes décident aujourd'hui de déformer le passé, c'est la vérité. » Une manière de ne pas nier les faits, tout en insinuant que ses ex-petites amies sont donc des manipulatrices qui cherchent aujourd'hui à tirer parti de la situation. Rappelons toutefois que même avec le Phoenix Act qui a pris effet au 1er janvier 2020, les faits évoqués sont prescrits pour la plupart des plaignantes, Evan Rachel Wood en tête, puisqu'elles disposent de cinq ans pour se manifester. On peut donc sans se tromper dire qu'elles demandent juste à ce que le chanteur réponde de ses actes et ne fasse pas de nouvelles victimes. 


« Notre relation n'a jamais été basée sur le BDSM (NDJ : bondage, domination, sadisme et masochisme), s'est défendue Wood, de nombreux commentaires disant qu'il ne fallait pas s'attendre à autre chose en sortant avec un “déviant” comme Manson. Nous n'avons jamais eu de pratiques sexuelles perverses. Nous n'avons pas eu de rapports sexuels quand il m'a torturée, ni avant, ni après. J'ai cru que j'allais mourir. » Sans rentrer dans les détails, elle fait référence à la fois où, dit-elle, après l'avoir quitté à plusieurs reprises, elle est retournée chez Manson qui menaçait de se suicider pour tenter de désamorcer la situation. Après l'avoir coincée et attachée, il a utilisé sur elle un Violet Wand, un objet phallique particulièrement prisé des adeptes de bondage qui donne des décharges électriques. 

Vendredi 5 février, alors que onze autres femmes, dont certaines présentant des troubles post-traumatiques, témoignaient contre Manson, John Ciulla, son manager depuis 25 ans, rompait son contrat. Et, dans le milieu, les langues avaient déjà commencé à se délier. 

Wes Borland a été le premier de ses ex-collaborateurs à prendre la parole. A l'occasion d'un podcast avec Space Zebra sur Twitch, le guitariste de LIMP BIZKIT et BIG DUMB FACE, qui a accompagné le chanteur en live en 2008 et 2009, s'est exprimé. « J'ai joué dans son groupe pendant neuf mois. Ce n'est pas un mec bien. Tout ce qui a été dit sur lui est  vrai. Alors il faut se calmer et arrêter d'insulter les femmes qui l'accusent. Elles disent la vérité, bordel ! (…) C'est quelqu'un d'extrêmement talentueux, mais c'est un connard qui doit être mis hors d'état de nuire. Il faut qu'il suive une cure de désintoxication et qu'il affronte ses démons. C'est vraiment un sale mec. J'étais là quand il était avec Evan Rachel Wood. J'étais chez lui et ce n'était pas cool. Je n'en dirai pas plus. (…) Ce mec a été éliminé (NDJ : “cancelled” en anglais, terme employé depuis #MeToo pour décrire ce qu'il advient des auteurs des violences faites aux femmes), au revoir, attention de ne pas te prendre la porte en sortant. »


Deuxième effet Kiss Cool avec rien moins que Trent Reznor, tête pensante de NINE INCH NAILS, producteur des deux premier albums de Manson. C'est sur son label, Nothing Records, que sont sorties les cinq premières réalisations de ce dernier, son âge d'or. Et cela fait bien des années que les deux hommes sont en très mauvais termes. « Je n'ai jamais caché mon aversion pour Manson en tant que personne et j'ai coupé les ponts avec lui il y a presque 25 ans » rappelait-il à l'occasion d'une interview avec Pitchfork. Le chanteur/guitariste, qui a été oscarisé pour la musique du film The Social Network de David Fincher, soulignait qu'il n'a jamais digéré non plus un passage de The Long Hard Road Out Of Hell (sortie sous le titre Mémoires de l'Enfer en français), biographie officielle de Marilyn Manson publiée en 1999, dans laquelle le God Of Fuck raconte que son mentor et lui avaient fait boire deux femmes jusqu'à ce que l'une d'elles s'évanouisse, avant « d'enfoncer nos doigts dans sa cavité de naissance ». Une « affabulation totale », s'est toujours défendu Reznor, furieux, depuis la publication du livre.

Quant à Otep Shamaya, frontwoman d'OTEP, lesbienne et pas du genre à se laisser dicter quoi que ce soit par quiconque, elle rapporte qu'une ex-girlfriend à elle avait reçu des coups de fil hystériques de Lindsay Usich, photographe et épouse actuelle de Manson, avec qui elle était amie. « Elle disait qu'il était complètement défoncé, qu'il menaçait de la tuer, qu'il envoyait des couteaux sur elle qui restaient plantés dans le mur et qu'il l'insultait. Nous lui avons proposé à plusieurs reprises de venir chez moi parce je savais qu'il n'oserait jamais m'affronter (c'est la vérité), mais malheureusement, elle ne voulait pas le quitter. Alors mon ex lui parlait pour la calmer, jusqu'à ce que Manson s'aperçoive qu'elle était au téléphone et s'arrête.
Et puis il a commencé à téléphoner en pleine nuit. Ma petite amie m'a dit qu'il était parano, complètement défoncé et qu'il accusait sa femme de le tromper avec un homme blond moustachu, qu'il disait les avoir vus sur la caméra de surveillance. (…) Ce n'est pas un démon comme beaucoup le pensent. C'est juste un junkie violent qui harcèle et maltraite, d'après ce que j'ai entendu dire, physiquement et sexuellement des femmes qu'il considère comme plus faibles que lui. Qu'il pourrisse… »

WARNING: UNPOPULAR OPINION COMNG: Hey everyone, ok, I've been getting a lot of requests regarding my thoughts on Manson....

Publiée par Otep Shamaya sur Jeudi 4 février 2021


La styliste Love Bailey, qui se décrit comme « une femme trans », raconte quant à elle que le chanteur lui a braqué un pistolet sur la tempe un jour où elle s'était rendue chez lui en 2011 pour une session photos pour un magazine en présence d'une actrice complètement défoncée qui rampait par terre et qu'elle avait voulu aider à se relever. Manson lui aurait dit en même temps : « J'aime pas les pédés ».

Il y a aussi Phoebe Bridgers, chanteuse indé californienne, qui raconte qu'adolescente, accompagnée d'amis, elle avait visité la maison de Manson qui leur avait fièrement montré ce qu'il appelait sa « chambre de viol ». « Jusque-là, j'adorais ce qu'il faisait, dit-elle. J'ai pensé qu'il avait un affreux sens de l'humour très macho. Et j'ai arrêté d'être fan. »


Ou encore Ellie Rowsell, chanteuse de WOLF ALICE, qui raconte qu'elle s'était aperçue que Manson filmait sous sa jupe avec une GoPro tout en discutant avec elle backstage il y a quelques années quand ils avaient partagé l'affiche d'un festival. Réaction du tour manager à qui elle était allée rapporter l'incident : « Oh, il fait ça tout le temps »… Voilà qui fera sans doute sourire certains, sur l'air du « C'est pas bien grave », mais qui en dit long sur l'idée du “consensus” avec les femmes que le chanteur évoquait dans son post Instagram.

Mais le témoignage le plus édifiant est certainement celui d'un certain Dan Cleary, qui a travaillé avec le chanteur et son groupe entre 2007 et 2008, avant de devenir son assistant personnel en 2014 et 2015, et qui a brisé l'omerta en septembre dernier. « Evan Rachel Wood a fait toute la tournée avec nous. En un an, il a fait d'elle une autre personne. Il l'a brisée. Je ne m'en suis aperçu que plus tard. » Il ajoute que par la suite, il a vu Manson « être violent et injurieux à de nombreuses reprises avec sa petite amie Lindsay. Pendant presque deux ans, je l'ai régulièrement vue en larmes, pendant qu'il lui hurlait dessus et la rabaissait. Il menaçait de la tuer, de la découper en morceaux, de l'enterrer, de l'humilier devant le monde entier. Ça lui plaisait de la faire pleurer et qu'elle ait peur de lui. Il lui rappelait souvent que sans lui, elle serait à la rue et il se moquait d'un membre de sa famille qui était handicapé. » 
Il ajoute que, comme c'est toujours le cas dans les affaires de violences, tout le monde autour de lui était au courant. Comme le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, intouchable pendant plus de trois décennies parce qu'il avait le pouvoir de faire et défaire une carrière et qu'il valait mieux détourner pudiquement les yeux plutôt que de risquer d'attirer son courroux. « Mais tout le monde (moi y compris) a peur de parler à cause du “code”. C'est mal vu de parler des affaires privées des autres.
Nous n'avons rien dit parce que nous travaillions dans la musique. Et que c'est difficile de trouver un job dans ce milieu quand on ne sait pas tenir sa langue. »
Cleary, qui n'hésite pas à souligner par ailleurs quelques aspects plus sympathiques de son ex-employeur, explique qu'il est sorti de son silence parce qu'il ne supportait plus que les victimes soient traitées de menteuses.
« Manson est un musicien talentueux, extrêmement intelligent et drôle. Mais c'est aussi un junkie brutal, mentalement et physiquement, qui sait être profondément gentil et sensible. (…) Manson m'a employé pendant longtemps, j'adorais sa musique quand j'étais adolescent. Je suis heureux des opportunités qu'il m'a offertes. J'ai parcouru le monde entier grâce lui pour la première fois. Ce n'était pas facile, mais il fallait que je parle. »


Peut-être comprend-on mieux désormais pourquoi Manson n'a pas bénéficié de la présomption d'innocence. Non, celui qui se décrivait comme “l'homme dont vous avez peur” (“Man That You Fear”) dans « Antichrist Superstar » n'a pas été victime de l'ère post-#MeToo où l'on peut parfois avoir l'impression qu'après des siècles d'un silence assourdissant, la parole des femmes est désormais entendue – et parfois trop vite. Et où certaines peuvent, par vengeance, lancer de fausses accusations. Une étude révèle pourtant que seulement 4 % des accusations sont calomnieuses. Non, il n'est pas non plus victime d'une cabale visant à – enfin ! – lui régler son compte, après qu'il a été accusé de tous les maux aux USA, dont celui d'avoir inspiré la fusillade du lycée de Columbine en 1999. « Son label savait, son management savait, ses musiciens savaient, a twitté Phoebe Bridgers. Ils prennent aujourd'hui leur distance, font semblant d'être choqués et horrifiés. Putain, c'est pathétique ! » Les rats quittent le navire…

Une qui clame qu'elle n'était au courant de rien, par contre, c'est Sharon Osbourne, qui a travaillé avec Manson pendant des années. Accusée de ne pas avoir parlé, l'épouse et manageuse d'Ozzy, qui aurait dû donner une tournée américaine en compagnie de MARILYN MANSON l'année dernière si la pandémie ne s'en était pas mêlée, s'est défendue dans l'émission télé “The Talk” qu'elle anime. « Je ne sais pas ce qui se passe dans sa chambre à coucher, affirme-t-elle. Pendant des années, nos relations ont été purement professionnelles. Je ne sais rien de ses préférences sexuelles ni de la façon dont il traite les femmes. Je sais juste comment il se comporte avec une femme plus âgée – moi en l'occurrence – et il s'est toujours montré très respectueux. » On dit qu'il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre… Mais on n’est pas là pour faire le procès de la dame de fer.

Evidemment, les commentaires de Rose McGowan et Dita Von Teese, deux des ex-femmes de sa vie, étaient particulièrement attendus. La première, actrice vue dans Le Dahlia noir et Planète Terreur, ainsi que dans le clip de “Coma White” (« Mechanical Animals »), a été sa petite amie entre 1997 et 2001 et a été brièvement fiancée avec lui. Elle a aussi la particularité d'être celle qui a fait tomber d'Harvey Weinstein qui l'avait violée et d'avoir lancé le mouvement #MeToo qui a vu bien des têtes tomber, la plus notoirement célèbre à ce jour dans la musique étant celle du rapper R. Kelly. 
Quelques heures après le post d'Evan Rachel Wood qui a mis le feu aux poudres, elle déclarait dans une vidéo : « Je suis profondément désolée pour les personnes qui ont subi les violences et la torture mentale de Marilyn Manson. Quand je dis qu'Hollywood est une secte, je veux dire que l'industrie du divertissement, y compris l'industrie de la musique, est une secte. Une secte qui protège la pourriture au sommet. Leur maladie est une maladie qui doit être éradiquée. Le complexe de la renommée industrielle choisit qui il protège et qui il laissera être ses victimes. Pour le profit. Je suis aux côtés d'Evan Rachel Wood et de toutes celles qui se sont manifestées ou qui le feront. Et s'il vous plaît, ne demandez pas : “Pourquoi ont-elles mis autant de temps à se manifester ?”. Une question qui humilie les victimes/survivants, c'est ce qui empêche les autres de se manifester. Et à tous ceux qui ont couvert ces monstres, honte à vous ! »


Le 4 février, c'était au tour de la sculpturale Dita Von Teese, qui fut son épouse pendant un an et apparaît dans le le clip de “mOBSCENE” et, de façon subliminale, dans celui de “(S)aint”, tous deux présents sur « The Golden Age Of Grotesque », de commenter sur son compte Instagram : « Sachez que les détails rendus publics ne correspondent en rien aux sept années que nous avons passées ensemble. Si tel avait été le cas, jamais je ne l'aurais épousé en décembre 2005. Je l'ai quitté 12 mois plus tard en raison de ses infidélités et de ses problèmes de drogue. » Et de conclure : « Les violences n'ont aucune place dans une relation » avant d'encourager « les victimes de violences à faire le nécessaire pour se réparer, et avoir la force de s'accomplir pleinement ».


Depuis, Evan Rachel Wood a déclaré qu'à la mi-décembre, elle avait déposé plainte contre l'actuelle épouse du chanteur et une tierce personne qui projetaient de la faire chanter en publiant des photos d'elle prises pendant ses “années Marilyn Manson”, quand elle était encore mineure (la majorité est à 21 ans aux USA), « qui pourraient potentiellement détruire ma carrière ». Et a partagé une capture d'écran sur laquelle elle apparaît, coiffée de la casquette de général nazi que portait Manson en concert, avec une moustache à la Hitler. « Cela faisait partie de l'humiliation et du chantage », explique-t-elle. Elevée dans le judaïsme après que sa mère se soit convertie, elle rapporte que Manson la traitait souvent de « Juive » de façon méprisante, tout en disant que c'était malgré tout moins grave que si elle était de sang juif. Et, quand il était furieux contre elle, il dessinait des croix gammées sur sa table de nuit. Il se serait également fait tatouer des symboles nazis sur le torse. 


A vous de vous faire votre opinion sur Marilyn Manson. Le choix de dissocier – ou pas – l'artiste de l'homme est à l'appréciation de chacun(e).

En début de semaine dernière, Susan Rubio, sénatrice de l'Etat de Californie, a demandé au procureur général par intérim Monty Wilkinson et au directeur du FBI une enquête sur le chanteur.


​Si vous ou une personne de votre entourage êtes victime de violences conjugales, appelez le 3919.

Blogger : Laurence Faure
Au sujet de l'auteur
Laurence Faure
Le hard rock, Laurence est tombée dedans il y a déjà pas mal d'années. Mais partant du principe que «Si c'est trop fort, c'est que t'es trop vieux» et qu'elle écoute toujours la musique sur 11, elle pense être la preuve vivante que le metal à haute dose est une véritable fontaine de jouvence. Ou alors elle est sourde, mais laissez-la rêver… Après avoir “religieusement” lu la presse française de la grande époque, Laurence rejoint Hard Rock Magazine en tant que journaliste et secrétaire de rédaction, avant d'en devenir brièvement rédac' chef. Débarquée et résolue à changer de milieu, LF œuvre désormais dans la presse spécialisée (sports mécaniques), mais comme il n'y a vraiment que le metal qui fait battre son petit cœur, quand HARD FORCE lui a proposé de rejoindre le team fin 2013, elle est arrivée “fast as a shark”.
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