La scène metal des années 2000 a été marquée par de nombreux noms, mais l’un d’entre eux passe encore régulièrement sur toutes les stations de radio, aussi bien généralistes que spécialisées : EVANESCENCE. Le groupe fondé par Amy Lee en 1995 a marqué la musique par ses riffs simples mais impactants, mais aussi et surtout par la voix unique de sa chanteuse, qui depuis maintenant 30 ans fait partie des plus impressionnantes du style. EVANESCENCE a évidemment marqué les fans, mais il a également marqué les musiciens. On doit au groupe une partie de la nouvelle scène metal, dont Poppy et NOVA TWINS font partie des fers de lance ! C’est donc tout naturellement que nous les attendons en ouverture de la soirée du 17 septembre 2026 à l’Accor Arena de Paris, en compagnie d’EVANESCENCE eux-mêmes !

C’est devant une foule déjà bien dense que les Anglaises NOVA TWINS montent sur scène, acclamées par cette même foule. Le groupe, déjà bien établi en France, est très attendu, et l’énergie d’Amy Love et Georgia South se déchaîne dès le début de leur (trop) court set. Prenant immédiatement avantage du nombre de spectateurs présents, les deux musiciennes accompagnées du batteur Jake Woodward s’élancent dans une suite de hits imparables. ‘’Antagonist’’ est le premier séisme qui frappe la salle parisienne, avant que ‘’Cleopatra’’ balaye un public, qui fait visiblement de son mieux pour rester de marbre. En effet, celui-ci semble ne pas être très réceptif au punk alternatif futuriste des Britanniques. Qu’à cela ne tienne, le duo continue de nous présenter sa musique absolument unique dans la scène actuelle, à grands renforts d’effets de guitare et de basse, redéfinissant chanson après chanson comment devraient sonner ces instruments. Amy Love ne perd en intensité à aucun moment, et Georgia South ne fait que déployer plus d’énergie à chaque chanson. « Supernova » et « Parasites & Butterflies », les deux derniers albums du groupe, sont les seuls représentés ce soir, mais avec ‘’N.O.V.A.’’, ‘’Choose Your Fighter’’ et ‘’Hummingbird’’, le public comprend bien l’univers de NOVA TWINS. Un dernier morceau, ‘’Glory’’, et le public, bien que toujours aussi sage, rugit à l’unisson. La conquête de la France par les NOVA TWINS continue, et malgré un calme apparent dans la salle ce soir, les discussions que nous entendons dans les couloirs de l’Accor Arena pendant l’attente avant le set de Poppy nous laissent penser que le prochain passage du duo à Paris sera encore plus grandiose !

C’est ensuite à la diva metalcore Poppy de prendre son tour de scène. Accompagnée de mystérieux musiciens masqués, la chanteuse vêtue d’une robe blanche laisserait aisément s’attendre à un concert aussi léger que pop, mais le public parisien la connaît trop bien pour se laisser berner, après son concert magistral à l’Olympia début 2026. C’est donc avec ‘’Have You Had Enough ?’’, que Poppy démarre son set, laissant le doute s’installer pour les non-connaisseurs sur le style du concert, tant le chant clean de la chanteuse se marie bien avec les riffs de son groupe masqué… Jusqu’au breakdown qui la voit se changer en banshee metalcore, hurlant à pleins poumons sur le public, peut-être peu habitué à ce style de chant. En effet : celui-ci reste absolument immobile lorsque s’enchaînent les hits ultra efficaces de Poppy ! Celle-ci tentera de lancer des circle pits sur ‘’Scary Mask’’, mais rien n’y fait, la foule ne bouge pas d’un pouce devant le concert pourtant ultra énergique, efficace et bien sonorisé ! C’est à n’y rien comprendre ! Tant pis, nous tournons nos yeux vers la scène, et après avoir enchaîné quelques morceaux de manière plutôt statique sur la scène principale, Poppy s’élance désormais sur l’avancée de scène pour hurler sur la foule, comme pour la remettre à sa place ! ‘’Public Domain’’, ‘’Time Will Tell’’, ‘’Guardian’’, on se rend compte au fil du set que la chanteuse n’a pas été avare en hits ces dernières années, et pas seulement en solo, mais aussi avec BAD OMENS, dont elle reprend le désormais classique ‘’V.A.N.’’ pour le plus grand plaisir des fans de metalcore présents. Pour finir son concert, Poppy a choisi ‘’A New Way Out’’, l’une de ses chansons les plus puissantes, mais en profite pour l’introduire en commentant l’immobilité du public parisien, qui en réaction lui offre un petit wall of death final. Enfin le public se déride, et c’est sous une nouvelle ovation que Poppy quitte la scène de l’Accor Arena.

Vient enfin le tour d’EVANESCENCE de prendre le contrôle de la scène de l’arène de Bercy, sur un espace bien plus spacieux et bien plus éclairé que pour les groupes qui l’ont précédé ! En effet, un écran géant en fond de scène ainsi que sur le sol met le groupe en valeur grâce à de nombreux tableaux aussi beaux que faits « main » (chose assez rare à l’époque de l’excès d’IA dans les productions pour être soulignée) ! Un plan incliné permet aux musiciens de se déplacer en 3 dimensions, et ainsi offrir une expérience visuelle impressionnante d’où que l’on soit dans l’arène parisienne. Fort d’un nouvel album aussi puissant que réussi, « Sanctuary », EVANESCENCE se repose à raison beaucoup sur celui-ci, et démarre le set par pas moins de quatre de ses extraits : ‘’Sanctuary’’, ‘’Tell Me When You’ve Had Enough’’, ‘’Afterlife’’ et ‘’Rapture’’. Bien que nous soyons impressionnés par la mise en scène de ces morceaux, et que nous connaissions parfaitement ceux-ci, une partie du public semble déjà un peu perdue, ne répondant aux efforts et aux puissants morceaux d’Amy Lee et sa bande que par de sporadiques applaudissements. Amy Lee semble ne pas en prendre ombrage, et communique beaucoup avec le public, annonçant les morceaux de cet excellent nouvel album, mais amenant aussi son lot de classiques. ‘’Going Under’’ réconcilie effectivement les fans des classiques d’EVANESCENCE avec le concert, faisant enfin bouger la foule, avant une version magnifique de ‘’Lithium’’ et le « deep cut » ‘’Like You’’. Les classiques fonctionnent comme s’ils ne dataient que de la semaine dernière, et on remarque vite qu’EVANESCENCE est en grande forme. Troy McLawhorn, Tim McCord et Will Hunt font le show, soutenus par une Emma Anzai aussi solide que remarquable sur scène, tandis que Amy Lee nous offre les envolées lyriques habituelles, observant de ses yeux perçants le public parisien, ravi de revoir les yeux les plus magnétiques du metal (rappelez-vous la couverture de l’album « Fallen »).

Bien que la setlist fasse la part belle à « Sanctuary » (11 de ses 12 chansons sont interprétées ce soir), quasiment toute la discographie d’EVANESCENCE est représentée, que ce soient les classiques de « Fallen », les excellents morceaux de « The Open Door » ou les extraits injustement sous-estimés de « The Bitter Truth », tous sont interprétés avec la même énergie ! Amy Lee s’élance sur scène comme une bête en cage, et fait rêver le public français lors plusieurs moments piano-voix magnifiques en bout de scène. Soudain, ‘’Bring Me To Life’’ ! C’est presque une surprise d’entendre le hit le plus indéniable de la carrière du groupe, alors même qu’il s’agit de la chanson la plus attendue de la soirée. Le public se réveille ENFIN, criant les « wake me up » du refrain à pleins poumons, et le groupe visiblement ravi par cette réaction se donne à fond. Une explosion de confetti plus tard, on réalise à peine d’avoir à nouveau pu entendre ce hit en live qu’on revient vers les chansons plus modernes ‘’Imaginary’’ et l’exceptionnel ‘’Better Without You’’. Certains quittent la salle, ayant vécu les 3 seules minutes pour lesquelles ils semblent avoir payé, alors que nous, des étoiles dans les yeux, découvrons toujours plus « Sanctuary », avec un concert ponctué de hits ayant marqué soit nos enfances soit nos adolescences. Poppy rejoint EVANESCENCE pour le single ‘’The End Of You’’ (avec un scream très différent de celui de son passage une heure plus tôt), et le final composé de ‘’Who Will You Follow’’, ‘’My Immortal’’ et ‘’Wide Open Heart’’ plante le dernier clou d’une soirée placée sous le signe de la modernité et du classique. EVANESCENCE, quatre ans après son dernier passage en France dans la même salle, a offert aux nostalgiques autant qu’aux fans de metal moderne un moment mémorable, et probablement l’un des meilleurs concerts de sa carrière dans la capitale française.
Portfolio intégral (hors Poppy qui ne délivrait pas d'autorisation de photographies) : PORTFOLIO par Fred Moocher