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VINTAGE LIVE REPORT - Harun Demiraslan (TREPALIUM) MACHINE HEAD + ENTOMBED + MISERY LOVES CO. @ Nantes (L’Olympic) – 2 décembre 1997

par Laurence Faure
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Mar
22
2015

© Rom Ain

 

Pour chacun d'entre nous, il y a eu LE concert qui nous a donné le virus du metal. Le Vintage Live Report n'est donc pas un compte-rendu comme les autres puisqu'il a été le déclencheur d'une passion. Après Raphaël Mercier de MASS HYSTERIA (à voir sur ce lien), c’est Harun Demiraslan, guitariste et fondateur de TREPALIUM qui vient de fêter ses quinze ans d’existence, qui a regardé dans le rétro…

 

Un des concerts qui m’a le plus marqué, c’est MACHINE HEAD en 1997 à L’Olympic de Nantes, une salle qui a fermé depuis. C’était la tournée de leur deuxième album, « The More Things Change… », et un de mes meilleurs potes qui m’avait initié à la guitare et fait découvrir pas mal de groupes, dont MESHUGGAH, SEPULTURA et MACHINE HEAD justement, avait eu des invits et m’avait proposé de l’accompagner.

J’avais 15 ans, je n’avais jamais vu un aussi gros groupe en concert et quand j’ai débarqué, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi fat. Ça changeait de mes petits concerts de bar (sourire)… Quand je suis arrivé dans la salle sold-out, c’était noir de monde. En première partie, il y avait ENTOMBED, qui m’avait scotché, et MISERY LOVES CO. qui m’avait un peu moins marqué. Je suppose que c’était un problème de timing par rapport à MACHINE HEAD car ENTOMBED n’avait joué que quatre ou cinq morceaux. J’avais trouvé ça obscur, noir, le son était terrible… Une belle entrée en matière pour le minot que j’étais.

Je ne m’attendais pas du tout à la claque que j’allais prendre avec MACHINE HEAD. L’ambiance était hyper électrique, d’autant plus que le concert avait failli être annulé parce que la mère de Rob Flynn (le chanteur/guitariste) était à l’hôpital et qu’il ne voulait pas jouer, je crois. Ils en avaient parlé peu de temps après dans un magazine où Flynn s’excusait parce qu’il avait été odieux.
 

"Quand tu as 15 ans, tu te dis que le metal, c’est une musique très noire, de rébellion et quand tu vois un mec comme Rob Flynn qui s’éclate le micro sur la gueule et pisse le sang, qui est en train d’insulter tout le monde et qui est super véner’ d’être là, ça te marque."


Il insultait la foule, donnait des grands coups de tatanes aux mecs qui essayaient de monter sur scène devant lui, il était super agressif. Ce concert a été une révélation pour moi. Quand tu as 15 ans, tu te dis que le metal, c’est une musique très noire, de rébellion et quand tu vois un mec comme lui qui s’éclate le micro sur la gueule et pisse le sang, qui est en train d’insulter tout le monde et qui est super véner’ d’être là, ça te marque. Ça n’était pas mon idole, j’étais beaucoup plus branché PANTERA, mais j’écoutais quand même beaucoup MACHINE HEAD à l’époque.

C’était aussi la première fois que je prenais un tel volume dans la gueule. Le public était fou, ça slammait de partout, il y a même eu des blessés. Dont un mec qui a sauté de la scène et s’est écrasé par terre quand la foule s’est écartée. Il a fini à l’hôpital… Et puis il y avait aussi les circle pits. J’en avais déjà vu sur des vidéos de PANTERA mais pour moi, c’était l’Amérique, ça ne se passait pas chez nous. Je suis ressorti de la salle ébahi, en me disant que c’était ça un vrai concert de metal ! Finalement, je n’en ai pas vu tant que ça qui soient aussi violents et aussi fat. Et puis malgré cette violence, il y avait une espèce d’osmose entre le groupe et le public.

A l’époque, il y avait Logan Mader à la guitare et il avait fait un show phénoménal. Il jumpait partout tout en faisant des solos et pour moi qui avais du mal à me tenir debout avec ma guitare – je débutais à l’époque –, ces mecs défiaient la gravité. C’est avec eux que j’ai découvert ce que « faire le show » voulait dire. Ils avaient une approche vachement urbaine de la scène, ils parlaient avec les mains, haranguaient la foule… J’avais l’impression d’être dans un clip à l’américaine où tout était chorégraphié à merveille. Après le concert, je me suis dit que je ne voulais faire que des soirées comme ça, je n’avais plus envie de me faire chier avec des petits concerts.
 

"MACHINE HEAD, c’était une époque révolue pour moi, un amour de jeunesse. Par contre, je n’ai jamais décroché de PANTERA."



Après, j’avoue que ça fait longtemps que j’ai décroché de MACHINE HEAD. La dernière fois que je les ai vus, c’était au Hellfest. Leurs nouveaux morceaux me parlent beaucoup moins que ceux de leurs deux premiers albums. C’est une époque révolue pour moi, un amour de jeunesse. Par contre, je n’ai jamais décroché de PANTERA. Malgré la défonce et le connard que ça a pu être à une époque à cause de ça, justement, Phil Anselmo, pour moi, c’est la classe. PANTERA n’a fait que des albums cultes, sauf peut-être « Reinventing The Steel » (2000), le dernier. « The Great Southern Trendkill » est phénoménal. Dans la voix d’Anselmo, il y a toutes les drogues, la noirceur, la haine, et dans chaque album, tu sentais que personne ne tenait les rênes pour eux. Mais ce n’est pas le sujet (sourire)

Il y a un autre concert qui a eu une importance capitale pour moi, celui de GODZILLA – GOJIRA – en 1999 à Olonne-sur-Mer, près de chez mes parents. Je m'étais un peu "éloigné" de ce qui se faisait en metal mais je continuais à en jouer avec le premier batteur avec qui j'ai commencé la zique, David Zérathe. Le même gars avec qui j’étais allé voir MACHINE HEAD en fait. Un jour, à l’occasion d'un festival réunissant des groupes de la région et quelques têtes d'affiche, dont GODZILLA et OUT, il m'appelle pour me demander de venir voir le groupe de “death metal” de Bayonne prévu le soir même. Ils étaient en pleine balance et d'après ses dires, c'était juste incroyable...
 

"Ce concert de GODZILLA m'a collé une claque énorme, suffisante pour me motiver à me lancer sérieusement dans la musique. Finalement, c’est grâce à lui qu’est né TREPALIUM."


J’ai pris une énorme claque en les découvrant sur scène. Je suis allé les voir après le concert pour les féliciter et faire connaissance. Le courant est bien passé entre nous et nos chemins se sont recroisés deux ans plus tard. Le plus marrant dans l'histoire, c'est qu’ils étaient là grâce à Sylvain et Nico (respectivement batteur et autre guitariste de TREPALIUM) que je ne connaissais pas à l'époque. Par contre, les gars de GODZILLA et eux étaient potes depuis 1996, depuis les débuts de GOJIRA, quoi. Ils avaient déjà partagé l'affiche avec leurs anciens groupes vers Bayonne à l’occasion d'un fest.

C’est ce concert qui m'a donné envie de monter ce qui est devenu TREPALIUM et quand, par hasard, j'ai assisté peu de temps après au dernier concert du groupe de Sylvain et Nico, quelque part au fin fond de la Vendée, je leur ai proposé de se joindre à Ludo (le bassiste) et moi. Ce concert de GODZILLA m'a collé une claque énorme, suffisante pour me motiver à me lancer sérieusement dans la musique. Finalement, c’est grâce à lui qu’est né TREPALIUM.

Retrouvez sur le site les prochaines dates de TREPALIUM.
 

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1 Commentaire

22 mars 2015 à 18:45:57
Manu Héliot

Encore une bien belle interview Lau, authentique et sincère, ça fait toujours du bien de lire des trucs comme ça. I like it !


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