28 mars 2015, 15:27

ALL THAT REMAINS : Philip Labonte

« The Order Of Things » est le nouvel album du groupe de metalcore mélodique ALL THAT REMAINS, paru fin février 2015 sur le label Razor & Tie Records​. Phil Labonte, chanteur et leader du groupe, s’est entretenu, sans langue de bois, avec HARD FORCE sur cette nouvelle sortie, la musique et des sujets de société.

 

Bonjour Phil, peux-tu nous parler de ce nouvel album ?
Je suis hyper excité par la sortie de « The Order Of Things ». Définitivement, c’est notre meilleur album même si tous les autres sont biens. Personnellement, c’est quelque chose de très fort pour moi. Le titre «The Order Of Things » a un rapport avec ce que tu acceptes de changer dans ta propre vie. Généralement, tu n’acceptes que 10% de ce qui t’arrive dans ta vie et les 90% restants, tu les vis. Quand tu as compris ça, la vérité, la vie, la mort, tu peux trouver une paix intérieure et accepter même les choses les plus dures, et te dire que c’est l’ordre des choses qui veut ça. Nous avons bossé avec un nouveau producteur appelé Josh Wilbur qui a travaillé avec GOJIRA, LAMB OF GOD, KILLER BE KILLED…

Comment s'est déclenchée l'écriture de « The Order Of Things »?
Notre producteur Josh Wilbur a écrit avec moi les lyrics et les mélodies. C’est honnêtement une première pour moi. C’était une super interaction et aucune autre personne n’avait travaillé avec moi comme ça. C’était génial ! Pour la musique, tout le groupe a participé et nous avons composé ce qui nous faisait plaisir mais clairement c’est du ALL THAT REMAINS !
 

"Il y a différentes facettes dans le heavy metal et nous aimons emprunter ces différents aspects pour construire notre musique." Philip Labonte (ALL THAT REMAINS)



Peux tu nous parler des choix des singles « No Knock » et « This Won’t Probably End » ?
Nous avons volontairement choisi « No Knock » car c’est un titre bien heavy. Un des plus heavy de l’album d’ailleurs ! Nous avons eu envie de faire de la sorte puis sortir un single un peu plus calibré pour les radios par la suite. Notre public aime ce genre de titre bien heavy !
« This Won’t Probably End » le second single est moins heavy. Tu sais, les gens ont différents aspects dans leur personnalité, leurs goûts. Nous faisons la même chose en tant que groupe. Nous avons différentes facettes. Nous faisons du heavy metal mais il y a différentes facettes dans ce genre et nous aimons emprunter ces différents aspects pour construire notre musique.

Quelles sont les principales influences musicales de cet album ?
Je ne sais pas trop ! Il y a sûrement plein d’influences musicales avec lesquelles nous avons grandi et des trucs que nous écoutons en ce moment. Je ne sais pas si ça a influencé les choses, peut-être. Pendant l’écriture de l’album, je n’ai pas trop écouté de musique car je ne voulais pas que cela interfère avec mon processus créatif. Dans le groupe, nous sommes plutôt « Fais ce que tu veux ! » « Si tu aimes ce style, no problem ! ».

Qu’est-ce que tu apprécies  comme musique ? Comme artistes ou groupes ?
J’aime BRING ME THE HORIZON et tout le côté heavy. J’apprécie ACACIA STRAIN mais aussi la pop music américaine comme Kelly Swift et des artistes du même type.  J’aime beaucoup de styles musicaux différents, tu sais. J’aime le heavy metal des 80’s comme IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST...  MAIDEN était l’un de mes groupes préférés il y a plusieurs années, lorsque j’étais plus jeune, et l’album « Piece Of Mind » mon favori. J’aime le hair metal aussi

Tes goûts sont très éclectiques ?
Oui, très éclectique finalement. Je ne sais pas si tout le monde ressent les choses de cette façon. La plupart des gens, en privé, écoutent des tas de choses. Les gens qui disent, je ne suis que "metal", je crois que ce n’est plus vrai actuellement ! Il doit y en avoir cependant. Je n’ai aucune honte de dire que j’écoute plein de trucs différents qui n’ont pas de rapport avec le style de musique que je joue.

Tu as déclaré que « A War You Cannot Win », votre album sorti en 2012, n’était pas bon. Pourquoi ?
Musicalement, je n’étais pas satisfait du résultat en comparaison avec les précédents albums. Mais surtout si tu compares « The Order Of Things » avec « A War You Cannot Win ». Clairement, il n’ y a pas photo : « A War … » est naze ! Après, je pense que c’est normal comme réaction lorsque tu sors un nouvel album.

Tu as un peu déchainé les réseaux sociaux concernant tes déclarations sur la communauté LGBT (Lesbian-Gay-Bisexual-Trans) et la communauté afro-américaine. Qu’en penses-tu ?
Certaines personnes étaient d’accord avec moi et d’autres non. J’ai évoqué la situation sociale de cette communauté, son histoire, des infos récentes d’altercation avec la police. Après, on l’interprète comme on veut.

Robb Flynn (MACHINE HEAD) s’est manifesté sur ces réseaux suite à tes déclarations. As-tu quelque chose à lui répondre ?
Je trouve ça drôle qu’il ait été contrarié mais il peut dire ce qu’il veut, cela ne me touche pas !

Pourquoi est-il l’un des seuls artistes à s’être manifesté de la sorte selon toi ?
Je ne sais pas trop. Il devait s’ennuyer ou vouloir faire un peu de bruit. Je ne sais pas si MACHINE HEAD sort un album prochainement ou pas. Franchement, je ne sais pas. Ses opinions ne tiennent qu’à lui et je m’en moque.

Tu nous autorises à retranscrire ce que tu viens de dire à propos de Robb Flynn ?
Oui, tout à fait. Il exprime ses opinions et cela ne me touche pas (rires).
 

"Si tu me dis des choses qui peuvent m’offenser, je ne vais sûrement pas répondre par la violence mais par des mots" - Philip Labonte (ALL THAT REMAINS)



Tu sais ce qui s’est passé au début de l’année à Paris avec l’assassinat de journalistes de « Charlie Hebdo », de personnes de la communauté juive. Tu t’es d’ailleurs exprimé sur ce point. C’est quoi la liberté de parole pour toi ?
La liberté de s’exprimer concerne tous les êtres humains. Tu peux dire ce que tu veux en le mesurant bien sûr. Les gouvernements ne peuvent pas te dire ce que tu dois penser ou dire. La violence qui peut en résulter ne dépend pas des mots mais de ce que tu entends de ces mots. Rien ne justifie la violence qui s’est produite à l’égard de « Charlie Hebdo » ou de la communauté juive en France, ou de quoi que ce soit d’ailleurs. C’est inacceptable et il faut la condamner. Si tu me dis des choses qui peuvent m’offenser, je ne vais sûrement pas répondre par la violence mais par des mots. Le problème vient des idées et de la violence !

Qui est ton héros ?
Thomas Jefferson (troisième président des États-Unis, de 1801 à 1809)

Que penses-tu des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou d’autres ?
J’apprécie Facebook que j’utilise beaucoup. C’est très fun ! J’aime faire des statuts percutants, challenger les personnes, échanger des idées, essayer de faire changer les choses.  Les réseaux sociaux sont un super outil de partage. J’apprécie Twitter aussi.

Tes 2 meilleurs souvenirs dans la carrière d'ALL THAT REMAINS...
Le premier est lorsque j’ai entendu pour la première une chanson de mon groupe à la radio. C’était énorme ! J’étais vraiment content. Le second est le premier score de ventes d’album que nous ayons fait. Puis, il y a « The Order Of Things » lorsque je l’ai écouté finalisé.

Quels sont les plans de tournée ?
Notre tournée a commencé avec IN FLAMES en février aux USA et au Canada. Nous espérons jouer dans les festivals en Europe cet été. Nous sommes en attente de réponse. J’espère que nous jouerons en France.

Un message pour les fans français ?
Nous espérons venir jouer en France et que vous apprécierez le nouvel album.


ALL THAT REMAINS sera en juin au Rock Am Ring et Rock Im Park en Allemagne, au Download Festival en Angleterre.

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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