ARKHON INFAUSTUS est de retour... et ça va se savoir ! Les affreux Parigots et leur black/death vicelard qui ferait passer DSK pour un PAM ont en effet décidé de remettre le couvert près d'une décennie après avoir bombardé une dernière fois nos esgourdes avec un « Orthodoxyn » de très bonne facture. Un come-back qui n'aura pas lieu sur Osmose, maison de disques historique du groupe, mais chez les tenanciers maugeois des Acteurs de l'Ombre, devenant au passage l'une des signatures les plus importantes du label en termes de notoriété. Mais j'en vois déjà qui ronchonnent dans le fond : "Commeeeeent ? un simple EP après dix ans de silence, c'est un scandaaaaale !". Pas vraiment en l'occurrence puisque « Passing The Nekromantaeion » affiche tout de même plus de trente-trois minutes au compteur. C'est quatre bonnes minutes de plus que « Reign In Blood » ou « Speak English Or Die », voilà qui permet donc de relativiser. Mais revenons à nos moutons : ce cru 2017, toujours aussi cru ?
Que nenni. L'époque où le groupe faisait la nique à BELPHEGOR (les démos et les deux premières galettes) est bel et bien révolue. Il ne faut qu'une poignée de minutes pour s'apercevoir que le désormais duo (D.K. Deviant reste le seul rescapé du line-up originel, ici épaulé au claquage de fûts par un certain Skvm qui officie également chez TEMPLE OF BAAL) oeuvre dans un registre plus écrasant, toujours aussi sombre, porté par des compositions fouillées aux multiples facettes. Des choeurs et guitares lancinantes qui émaillent l'introductif "Amphessatamine Nexion" aux envolées brutes et dissonantes de "The Precipice Where Souls Slither" en passant par le labyrinthesque "Yesh le-El Yadi" et ses rebondissements rythmiques qui colleront la trique aux plus pervers, il y a là de quoi se faire plaisir. Quant au final instrumental, "Corrupted Epignosis" et ses dix minutes terrifiantes qui clôturent l’EP façon rigor mortis, il prend des allures de procession d’âmes perdues qui défilent dans un froid glacial et une atmosphère funèbre. "Welcome to hell" comme dirait l'autre !
Avec « Passing The Nekromantaeion », ARKHON INFAUSTUS remplit son contrat maléfique les doigts dans le pif et s'offre une résurrection en première classe. Ceux et celles qui ont apprécié « Orthodoxyn » peuvent donc se jeter sur cette offrande diabolique sans hésiter puisque les ambiances développées sur cet EP en constituent la suite logique. Les autres feraient bien d'y poser au moins une oreille sous peine de passer à côté d'un des meilleurs groupes de black/death made in France (à nouveau) en activité. D'autant que la bête s'est ici parée de ses plus belles peaux : une production puissante et massive forgée dans l'enfer des Hybreed Studios et un artwork énigmatique à souhait, qui invite au voyage du côté obscur de la force. Un voyage... dans les entrailles de la bête.