2 novembre 2018, 10:49

MASS HYSTERIA

• Interview Raphaël Mercier, Mouss, Jamie Ryan et Fred Duquesne


© Eric Canto


MASS HYSTERIA est de retour avec une bombe métallique et mélodique qui s’intitule « Maniac ». Loin d’une midlife crisis et de la pathologie psychiatrique sous-tendue par le titre, la substantifique moelle n’est qu’euphorisante. Raphaël Mercier, Mouss, Fred Duquesne et Jamie Ryan, respectivement batteur, chanteur, guitariste et (nouveau) bassiste, se livrent à cerveau ouvert. La psyché metal dans toute sa splendeur…
 

Qui est maniaque dans le groupe ?
Raphaël : Je ne vais pas répondre pour les autres. (rires)

Maniaque dans le sens d'"excité"…
Raphaël : Je le suis, on l’est tous actuellement et on l’était tous au moment de composer, en fait !
Jamie Ryan : Et en plus, une fois que l’on est sur scène, on l’est encore plus de toute façon. Personnellement, ma copine était étonnée de me voir serein juste avant de jouer au Download. Au contraire, j’étais juste excité, je voulais jouer. Je n’attendais que ça toute la journée !
Mouss : Je suis plutôt maniaque. Je suis à donf' dans ma tête !
Raphaël : C’est ce que je ressens depuis hier (le groupe est en répétition pour les concerts qui arrivent), maintenant. J’ai envie d’y aller. Le côté maniaque, on l’a. Ce dont j’avais envie avec le titre “Maniac”, c’était de mettre en avant le côté psychiatrique, pas le côté “film d’horreur”.

Alors, qui est obsessionnel dans le groupe ? Dans le langage grand public, les mots “maniaque” et “obsessionnel” se confondent.
Jamie : Yann Heurtaux (l'autre guitariste).
Raphaël : Raphaël Mercier, je pense !

Tu as des petits rituels ?
Raphaël : Oh oui !

Tu en as avant les concerts ?
Raphaël : Pas qu’un !

Peux-tu nous en raconter un ? On est sous secret médical comme tu le sais ! (Rires)
Raphaël : J’écoute toujours les mêmes albums avant de monter sur scène.

Lesquels ?
Raphaël : « Alive II » de KISS, par exemple. J’ai aussi une chapelle à la maison avec des gri-gris du metal. Je les consulte avant de partir en tournée. J’ai aussi un caractère obsessionnel sur la position des cymbales. Tout est millimétré. Des fois, c’est un peu chiant (rires). Vraiment, je pense à chaque fois que cela va m’aider et que cela va marcher.

C’est magique ?
Raphaël : Oui, c’est ça, des pensées magiques.
Jamie : Moi, je fais toujours les mêmes étirements depuis dix ans. Puis, j’y vais.

Et toi, Mouss ?
Mouss : Je me brosse les dents avant les concerts.
 

« Je voulais écrire sur la fratrie, la fraternité, ce qui nous unit le plus. Ce n’est pas la politique en tout cas ! » – Mouss


« Maniac » c’est lacanien, non ? C’est la pulsion de niaque ?
Mouss : Complètement !

Ça vient d’où ?
Mouss : Ça part d’un morceau où je chante en yaourt et je termine par « ma niaque » plusieurs fois dans le refrain. Ça sonnait bien. Yann me demande si c’est “Maniac” le titre du morceau. Je lui réponds qu’il n’y a aucune parole, rien du tout. Je reste donc avec cette idée de mots. Dans ma tête, c’était en référence à mon power si tu veux, pour “MA NIAQUE”. Yann me dit : « Non, utilise-le en un seul mot ! Ça tape pour le titre ! » Je lui dis : « On va utiliser les deux dans la chanson. »

Je trouve tes textes moins engagés qu’avant, Mouss…
Mouss : Complètement. Depuis que la France a voté Macron, pour moi c’est la catastrophe et c’est terminé. Je ne vais pas en faire une manie ou une obsession. J’ai déjà beaucoup écrit sur le point politique, je ne voulais pas me répéter. Ils sont tous pourris. Je l’ai assez dit sur « L’Armée des Ombres » ou sur « Matière Noire ». Je voulais écrire sur la fratrie, la fraternité, ce qui nous unit le plus. Ce n’est pas la politique en tout cas !
Raphaël : Ce n’est ni la politique, ni la religion.
Mouss : On est tous d’accord ! Je préfère me focaliser sur d’autres choses. Cet album est moins engagé.
Raphaël : C’est plus un retour aux fondamentaux de MASS.

Comment décririez-vous l’album en quelques mots avec au moins deux termes du langage psychiatrique ? Bien sûr, vous ne pouvez pas utiliser le mot "maniaque"...
(Ils réfléchissent)
Raphaël : C’est un album puissant, déjà. Plus fouillé qu’à l’accoutumée.
Jamie : Ça a été obsessionnel depuis plusieurs mois.
Raphaël : Ça l’est encore. Jusqu’aux premières dates même, je pense !
Jamie : On est la tête dans le guidon.

D’autres idées ?
Raphaël : Obsédant.
Jamie : Cathartique.

Quand a commencé cette aventure ?
Jamie : Nous avons fait les premières démos en octobre et novembre 2017. Après, on n’a rien fait du tout jusqu’au nouvel an. On les a laissées.
Raphaël : On a attaqué en janvier.
Jamie : La quasi-totalité du produit fini ressemble aux démos initiales. Ça a très peu changé.
Raphaël : Tout s’est fait rapidement. On a répété de janvier à avril 2018. On a attaqué juste après le Download, en juin dernier.

Quel est le premier morceau que vous avez fait pour cet album ?
Raphaël et Jamie : "Reprendre mes esprits", le premier titre de l’album aussi.

C’est quoi la génèse de ce morceau ?
Jamie : Fred et Yann étaient dans le studio de Fred. Je n’avais pas pu m’y rendre ce jour-là. On s’était imposé une règle : les morceaux rapides seraient en Do et les morceaux lourds seraient en La. Deux jours plus tard, ils me font écouter un morceau rapide en La. OK, il n’y avait plus de règles (rires). Ils m’ont dit : « Mets-toi devant les enceintes » et là, pow ! (il mime une explosion). J’ai dit OK, on est bon.
Raphaël : Ça a donné l’esprit de la suite ! Jamie a aussi amené des riffs car en plus d’être bassiste, c’est un très bon guitariste.
Jamie : Il y a des riffs à moi sur les chansons "Derrière la foudre", "Se brûler sûrement", "Nerf de bœuf" et deux ou trois ponts sur d’autres titres. Ça a surpris d’anciens membres du groupe que ces riffs soient conservés. Habituellement, toutes les compos viennent de Yann. Je me suis creusé la tête en essayant de penser comme lui. Je me suis dit : « Que ferait-il » ?
Raphaël : Bon après, c’est important d’avoir une direction artistique car sinon, ça peut partir dans tous les sens. Chacun amène ses idées, bien sûr.

Yann est le chef d’orchestre en quelque sorte ?
Raphaël : Oui.
Jamie : Ça lui a aussi apporté des idées pour partir dans une direction à laquelle il n’aurait pas pensé.
Raphaël : On a donc commencé avec "Reprendre mes esprits". C’est allé plus loin, c’était plus lourd. "Maniac" est vite arrivé. "Chaman acide", "Se brûler sûrement" aussi.
Jamie : Ouais, sur une période de deux semaines !

Le dernier morceau composé, c’est lequel ?
Raphaël : « Nerf de bœuf »
Jamie : Le riff était celui du pont de « Se brûler sûrement ». Ça allait mais ça faisait deux trucs musicaux trop collés comme deux morceaux en un. On l’a enlevé, je l’ai gardé en tête car je le trouvais bien. Yann aussi l’a gardé à l’esprit car il pensait que l’on pourrait en faire quelque chose. Mais où et comment ? On l’a laissé de côté, on a fini les autres morceaux. On a fignolé les choses.
Raphaël : En fait, Yann et moi répétions ensemble tous les deux comme cela arrive souvent. J’ai commencé à jouer le plan d’intro. Lui posait des accords hachés, des riffs. On s’est dit : « Tiens, ça fait une bonne intro ». On a continué à jouer, il a repris le riff justement, le morceau a pris forme au fur et à mesure. On se regardait. Il est parti en speed…

Le morceau est né d’une jam ?
Raphaël : Ouais.
Jamie : Yann nous a envoyé ça. On avait une structure. On est contents du résultat.
Raphaël : Un de mes morceaux préférés.
 

« « Maniac », c’est l’album plus plus. Quand c’est rapide, c’est plus rapide. Quand c’est lourd, c’est plus lourd. Quand c’est mélodique, c’est plus posé. » – Raphaël Mercier



Alors, Raphaël, le travail de batterie est monstrueux sur l’album. C’était quoi le challenge ?
Raphaël : Franchement, je n’arrive pas à en parler. J’ai été stimulé par Yann. En fait, lorsque Yann et Fred ont fait les démos, il y avait des programmations de batterie afin de donner une direction aux morceaux avec des idées auxquelles je n’aurais pas pensé forcément ou pas l’habitude de jouer. Ça m’a fait progresser dans mon jeu. J’ai repris quasiment l’ensemble de la direction rythmique des démos. J’ai ajouté des trucs, fignolé ça et là. Yann me disait : « Tu ne veux pas rajouter un roulement comme ça ? ». Je lui répondais : « Pourquoi me demandes-tu ça ? J’ai 48 ans » (rires). C’était assez physique.

C’est une véritable performance, je trouve...
Raphaël : Oui, c’est très physique. On joue au clic et avec des machines. Il y a des passages speed et thrash. Vraiment, je bosse beaucoup pour être le plus parfait possible en live même si la perfection n’existe pas. Ça m’angoisse un peu quand même ! Je travaille, on travaille pour que le rendu soit digne de l’album. Nous avons répété ensemble ces trois jours et honnêtement, cela commence à prendre forme.

Je trouve « Maniac » encore plus metal que les autres albums. Est-ce que c’est votre midlife crisis ?
Raphaël : J’ai passé la quarantaine, la crise de la cinquantaine peut-être (rires). Jamie a 30 ans. « Maniac », c’est l’album plus plus. Quand c’est rapide, c’est plus rapide. Quand c’est lourd, c’est plus lourd. Quand c’est mélodique, c’est plus posé. Sur "Antre ciel éther" ou "Arômes complexes", il y a un truc original, je trouve. On s’est fait plaisir, quoi !
Jamie : On est dans le cliché « C’est notre meilleur album » mais là, j’y crois.
Raphaël : Il figure parmi mes trois préférés. Il prend la place de « Matière Noire » et de « Contraddiction ». J’adore aussi « Une Somme de Détails ». « Maniac » est en première position. Celui-là, il passe tout seul. Il n’y a pas un titre plus faible que l’autre.

Un titre, un mot… “Nerf de bœuf” ?
Jamie : Puissant.
Mouss : Papa.

“Antre ciel éther” ?
Raphaël : Obsédant.
Mouss : Planer.

“Maniac” ?
Jamie et Raphaël : Frénétique.
Mouss : La niaque.

“Arômes complexes” ?
Jamie : Dansant à sa façon, pour moi !
Mouss : Joyeux bordel.

"We Came To Hold Up Your Mind" est différent du reste de l’album qu'il clôt d’ailleurs. Pouvez-vous nous en dire un mot ?
Mouss : J’ai trouvé ce titre.
Raphaël : Yann avait depuis longtemps cette idée de morceau electro. Il y a toujours eu des machines et de l’electro dans MASS HYSTERIA. Ceux qui seraient surpris par ce morceau seraient ceux qui ne connaissent pas le MASS des débuts ! Le premier morceau du groupe que les gens ont entendu était "Donnez vous la Peine » qui démarre par un gros pied techno ! Nous étions en France parmi les premiers à faire ce mélange metal et electro. "We Came…", c’est dans cet esprit avec de bonnes grosses guitares. Il y a un gros son et pour une première, ce n’est pas dégueulasse ! "We Came…” sera peut-être l’outro de nos concerts, à la fin de ceux-ci.
Mouss : Yann avait mis l’intro de Pulp Fiction. C’est un braquage. Il demande de trouver une phrase. Je la trouve. On l’a traduite. C’était parti.

Est-ce un indicateur pour la direction musicale future de MASS HYSTERIA ?
Raphaël : Honnêtement, on ne peut pas le dire. Peut-être qu’il y en aura plus d’electro sur le prochain album.

L’album commence par un titre sur les esprits et termine par un titre sur l’esprit. C’est volontaire ?
Mouss : Ce n’est pas voulu mais tu as raison.

C’est l’inconscient qui parle ?
Mouss : Complètement.

Le prochain single de l’album ?
Mouss : On ne sait pas encore. On réfléchit. On attend avec impatience le premier concert à Reims, de voir le ressenti du public sur les nouveaux morceaux.

Est-ce qu’il y a un ou des morceaux Face B non utilisés pour « Maniac » ?
Jamie : Il y en a un.

Qui s’appelle ?
Raphaël : Il n’a pas de titre. On ne sait pas si l'on s’en servira.
 

« On recherche une première partie internationale avec qui on ferait un échange... Yann est sur un groupe en ce moment » – Mouss



Quelles seraient les trois reprises qui s’inscriraient le mieux dans votre répertoire en 2018 ?
Mouss : On en parlait récemment. Du Johnny Cash.
Raphaël : Je n’étais pas là.
Jamie : Ouais, on se disait que cela fermerait bien la salle.
Mouss : On a déjà fait du SEPULTURA.
Raphaël : Du PANTERA, je pense ! De toutes, on n’a jamais réussi à se mettre d’accord sur des covers.
Jamie : Un "Dirty Deeds Done Dirt Cheap" d’AC/DC, ça serait bien.
Raphaël : Je connais bien le répertoire d’AC/DC. Je t’avoue que j’ai du mal avec les reprises, car ça me fait toucher ce qui est sacré.
Mouss : On ne veut surtout pas massacrer les morceaux. On fait des clins d’œil sur scène, tu sais. On l’a fait avec du KORN, du METALLICA.

La release party de « Maniac » a lieu à la Cartonnerie à Reims avec l’album joué intégralement. Expliquez-nous ce choix…
Raphaël : Pour une question de logistique d’abord. Je suis content, c’est pratiquement à domicile.
Mouss : C’est une super salle, une super ville.
Raphaël : On va tester les nouveaux lights. On va jouer tout l’album. Prendre la température.
Mouss : Oui, c’est ça !
Raphaël : Il y aura aussi un set classique, un florilège de nos meilleures chansons. (rires)
Jamie : C’est quand même le meilleur endroit pour sabrer le champagne pour une nouveauté ! 

Vous allez en boire ?
Mouss : Oh, ben oui !
Jamie : Moi, je n’aime pas ça mais je vais essayer. (rires)



 

Pourquoi avez-vous annoncé votre participation au Hellfest précocement ?
Réponse collégiale : C’est l'organisateur, pas nous.
Mouss : Il y a eu négociations entre le Hellfest et notre tourneur. Il nous a dit : « Ils nous font du pied. Il y a moyen de jouer ». C’est monté niveau négos. Ils ont proposé que nous jouions plus tard que d’habitude, sur une grosse scène. Ben Barbaud a dit à notre tourneur qu’on allait être avec les gros. On allait être parmi les gros groupes français !
Raphaël : C’est la première fois qu’ils annoncent des groupes à l’avance.
Mouss :  Ben nous a aussi demandé de préparer un concert un peu particulier.
Raphaël : En même temps, ce n’est pas automatique d’être au Hellfest, on va travailler sur ce show.

Question Hellfest : vous êtes plus MANOWAR ou SLAYER ?
Raphaël : Moi, je suis les 2.
Jamie : SLAYER.
Mouss : Moi, c’est SLAYER. MANOWAR, je les ai écoutés pour le treizième degré.
Raphaël : C’était pour jouer à Donjons et Dragons ?
Mouss : Oui, c’était pendant mes premières années de jeux de rôles. Je les écoutais. Ils avaient des pochettes incroyables. Ils étaient dans les catalogues de jeux de rôles. On les écoutait mais je ne trouve pas ça très sérieux même si ça joue.
Raphaël : Du heavy metal dans toute sa splendeur. Il faut connaître. Je comprends que cela ne plaise pas à tout le monde !
Jamie : Ils sont dans la surenchère et le record du metal. C’est génial mais je préfère définitivement SLAYER.

Une super tournée se profile avec des dates affichant complet. Il y aura le Zénith fin 2019 à Paris, ça fait quoi ? Des surprises prévues ? 
Mouss : On pense à des choses.
Raphaël : Peut-être des guests.
Mouss : On recherche une première partie internationale avec qui on ferait un échange. On discute en ce moment avec un groupe japonais. Yann est sur un groupe en ce moment. C’est HO99O9, des Américains. On aurait aimé les avoir mais ils sont trop gros !

Vous pensez quoi de cette mode des Meet and Greet ? 
Raphaël : Je ne suis pas fan. Alors c’est vrai que c’est un moyen de gagner de l’argent car c’est difficile avec les ventes de disques. Mais ça va changer, je pense, avec la nouvelle réglementation du streaming. Ça va finir par payer ! 

Vous n’en ferez jamais ?
Réponse collégiale : Non.
Raphaël : Les prix pratiqués sont excessifs. Il y a des trucs à plus de 500 dollars !
Mouss : Après, avec des groupes américains inaccessibles, je peux comprendre.
Raphaël et Mouss : On comprend, mais on ne cautionne pas.
Jamie : C’est vrai, les prix pratiqués sont dingues.
Raphaël : Moi, je m’en fous de les rencontrer les mecs, de leur serrer la main, d’avoir un autographe.
Mouss : Après, s’il y a des mecs pour payer, pourquoi les groupes s’en priveraient ? Ce n’est pas nous en tout cas.

(Fred Duquesne nous rejoint)
 

« On a une teinte plus noire, plus metal. On avait testé ça à l’époque des démos en septembre dernier. » – Fred Duquesne



Fred : Après, avec la masse d’argent générée avec les concerts, je ne vois pas l’apport de ces Meet and Greet.
Raphaël : C’est tout dans ta poche.
Fred : OK, mais c’est dérisoire par rapport au cachet.
Raphaël : Direct dans la po-poche. (rires)
Mouss : Regarde, si tu multiplies ces rencontres payantes par X concerts : à la fin du mois, ça fait un petit paquet de fric.

Fred, tu as produit l’album. Qu’est ce qui a changé par rapport à « Matière Noire » ?
Fred : Techniquement, on a changé d’accordage. On est plus bas. On a une teinte plus noire, plus metal. On avait testé ça à l’époque des démos en septembre dernier. On a trouvé ça pas mal avec Yann et Jamie. On a produit le disque tout l’été en juillet/août. On était enfermés en studio. Puis l’étape finale d’une journée qui est le mastering.

J’ai posé la question aux autres membres du groupe mais penses-tu que « Maniac », c’est la midlife crisis du groupe ?
Fred : En septembre dernier, Yann pensait qu’il fallait aller vers un côté vénère et pas vers un album à tubes comme l’aurait fait un grand groupe américain. Ce type de groupe, quand il a du succès, il ouvre encore plus la brèche pour le grand public. Regarde BRING ME THE HORIZON ou LINKIN PARK à une époque. Nous, on s’est dit : restons dans notre veine de groupe français et restons dans ce que l’on aime. A l’âge que l’on a, faisons ce qui nous fait plaisir.

Tu es allé à Nashville pour l’album aussi...
Fred : J’étais en vacances à cette époque-là. Je me suis dis, je vais aller voir le ponte Ted Jensen qui a un énorme CV. Il est dans une banlieue craignos de Nashville, dans un blockhaus. C’est un ours. Il avait déjà travaillé sur « Matière Noire » et d’autres albums. Je m’attendais à rencontrer l’ours.
Raphaël : Je tiens à saluer mon ami Fred car on avait demandé des modifications sur l’album et Ted Jensen a répondu que l’album était mégament bien produit et il ne fallait pas toucher à son mix. Il a salué le travail de Fred.
Fred : Franchement, j’avais des doutes. Pendant le voyage dans l’avion, j’écoutais l’album sur mon ordinateur.
Raphaël : N’oublions pas que Mr. Jensen a masterisé « Back In Black » d’AC/DC !

Tu produis d’autres albums aussi Fred ? Tu es un peu le Bob Rock français (Rires)
Raphaël : Ouais, mais quand il fait MASS, c’est le mieux ! (rires)
Fred : Chaque groupe est différent. Dans cette dure vie parisienne, il y a un niveau de vie très élevé, il faut travailler en parallèle !

Dernière question : qu’est ce qui a significativement changé dans vos vies personnelles entre ces deux albums ?
Mouss : J’ai arrêté de parler de politique. Je n’écoute plus les infos. Je n’écoute plus que des émissions de radio culturelles. Ce qui a changé pour moi, c’est que je n’en ai plus rien à foutre de ceux qui nous gouvernent. Avant, ils m’énervaient. Je voulais comprendre pourquoi. Maintenant, je m’en fous !
Raphaël : Je rejoins mon ami Mouss. Moi, c’est m’occuper de ma famille, de mon chat, de faire du tennis et d’écouter des vinyles.
Mouss : C’est l’âge qui veut ça aussi !
Jamie : Moi, le grand truc entre les deux albums, c’est que j’ai rejoint MASS HYSTERIA. Ça a changé un peu la vie. Je venais de perdre mon travail dans une boîte que j’ai attaquée aux prud’hommes. J’ai gagné !
Raphaël : Tu as bien fait, bientôt il n’y en aura plus.
Jamie : J’ai intégré un groupe en place. Je ne suis pas reparti de zéro ! Je me souviens sur les premiers concerts. John, notre tour manager, me donne une carte. Le dialogue était le suivant : « C’est quoi, ça ? » « Ta chambre d’hôtel ! » « Je dors avec qui ? » « Tout seul ! ». Je me suis dit c’est trop cool, moi qui avais l’habitude de dormir dans des petits vans !
Mouss : Ça fait partie du rock 'n' roll ! Une petite chambre d’hôtel, ça ne se refuse pas !
Jamie : Voilà, mon intégration dans MASS, c’est ce qui a changé pour moi ! Plein de gens super !
Fred : La vie entre deux disques, c’est un peu l’œil du cyclone. Tout s’arrête, se fige ! Tu es là. Je dois reprendre ma vie sociale. Tu peux changer de vie amoureuse, c’est mon cas. Il faut que tu reprennes tes marques. Je vais dans les concerts. Dès que tu es stabilisé, ça repart ! La vie en tournée, tu mets tes enfants de côté, la famille de côté, les amis de côté. Tu as une vie dans les chambres d’hôtel.
Mouss : Tu es comme un routier ! Il y a une certaine romance, j’aime bien.
Fred : Oui, on ne va pas s’en plaindre. Ton corps est immobile pendant 10 heures et puis pendant une heure et demie, tu l’agites, tu te ruines les lombaires (rires).  
Jamie : Tu ne vois plus tes potes le week-end, tu bosses le week-end, mais c’est ce qu’on aime.

Vous êtes contents de repartir sur la route ?
Jamie : On n'attend que ça !
Raphaël : C’est clair, j’ai hâte que tout commence !


Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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