Neuf morceaux expédiés en une bonne grosse demi-heure, le moins que l’on puisse dire c’est que le quintet d'Helsinki va droit à l’essentiel. D’autant qu’il a une nouvelle fois poussé son death mâtiné de grindcore dans ses ultimes retranchements : groove impérial, vocalises hargneuses, breaks titanesques, basse sanguinaire et production de mammouth. Certes, la recette est bien connue mais elle fait toujours son petit effet. L’exécution sert ici le propos comme il se doit : Aleksi Roitto Fredrik martèle ses fûts tel un canon d’artillerie, les guitares du couple Tero Pirhonen / Kalle Kuosmanen sont cinglantes et dévastatrices, quant au frérot Timo Pirhonen, celui-ci n’est pas en reste et cogne sans ménagement sur sa basse qui n’en demandait pas tant. Le potentiel de destruction est clair et sans détours sur ce deuxième album où REFUSAL applique toute sa science de la sauvagerie contrôlée, du riff qui découpe et incise avec une fougue incontrôlable. Le groupe est plus que jamais décidé à en découdre et le démontre sur un "Suffocate" d’ouverture aux allures de gros pavé balancé dans le plus pur respect de la tradition. La production en béton armé, très suédoise dans l’esprit, donne d'ailleurs toute sa consistance aux structures bien musclées avec une mention spéciale pour la section rythmique taille patron qui pilonne tout du long. Le tout est complété par des growls furax éructés par Nikkla Lius, ici remonté à bloc, qui ressemblent à s’y méprendre à ceux dont ce bon vieux Barney Greenaway a le secret !
Infatigable défenseur d'un style aux croisées du grind, du death et du punk, le club des cinq envoie une fois de plus missile sur missile (le redoutable "Exploit" torché en moins de deux minutes en laissera plus d’un sur le carreau !) avec des sommets de violence comme il n’en avait jamais atteint auparavant. « Epitome of Void » est un véritable rouleau-compresseur qui avance en mode pied au plancher, brutal et massif, un vil brûlot qui perfore, vrille et martyrise les esgourdes sans le moindre ménagement. Voilà qui me fait dire qu’une fois de plus avec REFUSAL, vos penchants masochistes seront à n’en point douter... comblés !