26 février 2019, 20:14

PEARL JAM

• Explication de textes : « Ten »


Si mon collègue Jérôme Sérignac a choisi de ne s'intéresser qu'aux références historiques, cinématographiques ou littéraires dans les paroles d'IRON MAIDEN, je préfère pour ma part me pencher sur l'intégralité des textes d'albums de divers groupes incontournables. Après GHOST et METALLICA, procédons à la dissection de ceux de « Ten » de PEARL JAM. Sans conteste un des meilleurs premiers albums de hard rock/rock alternatif/appelez-ça-comme-vous-voulez, jamais sortis, il a également révélé tout le talent de lyriciste d’Eddie Vedder, frontman charismatique et habité.


Après Los Angeles et la vague des “hair bands” qui dominent les charts américains, Seattle s’apprête à devenir l’épicentre d’un véritable bouleversement musical baptisé grunge. Les années 80 placées sous le signe d’un look “coloré”, où de nombreux musiciens parlent de bon temps et de fesses pendant que le thrash se fait lentement mais sûrement une place auprès des fidèles, vont être balayées par une contre-culture sombre et désenchantée venue de l’Etat de Washington.

« Ten », premier album de PEARL JAM, sort le 27 août 1991, un mois avant « Nevermind », le deuxième NIRVANA, et « Badmotorfinger », le troisième SOUNDGARDEN. Et un an avant « Dirt », le chef-d’œuvre d’ALICE IN CHAINS. Né des cendres de MOTHER LOVE BONE dont le chanteur est mort d’overdose peu de temps avant la sortie de leur unique album, « Apple », il réunit quatre musiciens de Seattle, le bassiste Jeff Ament, les guitaristes Stone Gossard et Mike McCready, ainsi que le batteur Dave Krusen, qui quittera le groupe pour suivre une cure de désintoxication et sera remplacé par Matt Chamberlain (qu'on verra en live chez SOUNDGARDEN), puis Dave Abbruzzese. Quant au chanteur, un certain Eddie Vedder, surfeur basé en Californie, il a découvert les titres instrumentaux du groupe par l’intermédiaire de la cassette que lui a fait écouter Jack Irons, alors batteur de RED HOT CHILI PEPPERS, et a composé une bonne partie des textes dans la foulée ou presque.

Exception faite de “Jeremy” et sa vidéo “limpide” quant au sujet de la chanson, qui aurait pensé que « Ten » abordait des sujets aussi sombres ? Mensonge, inceste, meurtres, internement forcé, harcèlement, dépression, suicide, échec parental… Une véritable plongée dans la psyché torturée du talentueux M. Vedder.


"Once"

Bien qu'Eddie Vedder ait imaginé un arc narratif réunissant, chronologiquement parlant en termes d’histoire, “Alive”, “Once” et “Footsteps”, c'est pourtant le second qui ouvre « Ten », “Alive” figurant en troisième plage et le dernier, qui ne sera pas retenu pour l'album, apparaissant en face B du single “Jeremy”. Le chanteur l’appellera « la trilogie “Mama-Son” » (maman-fils). Dans “Alive”, on découvre un jeune homme instable qui apprend que celui qui l'a élevé était en fait son beau-père et que son géniteur est décédé quelques années plus tôt. Sa mère entame alors avec lui une relation incestueuse et lui dit qu’elle regrette que ça ne soit pas plutôt lui qui soit mort. Dans “Once”, il a sombré dans la folie et est devenu un meurtrier qui, dans “Footsteps” où il accuse sa mère d'être responsable de sa dérive, attend son exécution dans le couloir de la mort.

“Once” montre un homme dangereux qui reconnaît n’éprouver aucun remords après avoir assassiné une prostituée (« backstreet lover ») dont il a laissé le corps sur le bord de la route. « J’ai une bombe dans la tempe qui va exploser/ J’ai un calibre 16 caché sous mes vêtements/ C’est un jeu ». Mais il se souvient de l’époque, « autrefois » (« once upon a time »), où il parvenait à se contrôler. Il est d’ailleurs sur le point de récidiver avec celle qui a pris place à côté de lui dans sa voiture (« J’ai la main dans ma poche, tellement déterminé, discret, je prie »).

Une chanson qu’Eddie décrira à l’époque comme « autobiographique, même si jamais je n’en serais arrivé à de telles extrémités. Mon éducation a été comme un ouragan et la musique était l’arbre auquel j’étais accroché. C’est dire l’importance qu’elle avait et qu’elle a toujours pour moi. »
 

"Even Flow"

Deuxième single tiré de « Ten », “Even Flow” suit la vie d'un SDF. Un de ces laissés-pour-compte qui oscille entre espoir (« Glacé, il pose à nouveau la tête sur un oreiller de béton/ Il sent qu'il verra peut-être de petites améliorations un de ces jours », le refrain « Flux régulier/ Les pensées arrivent comme des papillons/ Il ne sait pas, Alors il les chasse/ Un jour pourtant, il recommencera sa vie ») et désespoir (« Agenouillé, il regarde à travers le journal bien qu'il ne sache pas lire/ Il prie quelque chose qui ne lui a jamais rien apporté »). Un texte qui gagne encore en intensité quand, à la fin, ce dernier dit « Maman, maman », souvenir, peut-être, d'une époque heureuse où tout semblait possible.

Un thème que PEARL JAM ne se contentera pas d'aborder le temps d'une chanson, le groupe mettant depuis des années sa notoriété à profit pour multiplier les actions, concerts et dons en faveur des SDF de Seattle.
 


"Alive"

Combien d'entre nous ont toujours été persuadés que, comme le titre du morceau pourrait le laisserait supposer, “Alive” (vivant) est une ode à la vie ? La majorité – y compris chez les anglophones. Car le texte de Vedder est assez subtil pour ne pas décrire de façon trop graphique la relation incestueuse qui s’installe entre la mère et son fils après qu'elle lui a appris qu'il a vécu toutes ces années dans le mensonge (« Oh, elle traverse lentement la chambre d'un jeune homme/ Elle a dit je suis prête, pour toi/ Je ne me souviens de rien/ Aujourd'hui encore/ A part ce regard, oui, ce regard/ Oh tu sais où il était posé/ A présent je ne vois plus, je regarde fixement »).

Comme indiqué plus haut, “Alive” est le premier titre de la trilogie “Mama-Son”, celui où tout bascule quand sa mère apprend au jeune homme que celui qui l'a élevé est en fait son beau-père et que son père est décédé quand il avait 13 ans. « C’est une torture pour lui, expliquera Vedder en 1993 à Cameron Crowe, réalisateur du film “grunge” Singles sorti un an plus tôt, dans lequel Stone Gossard, Jeff Ament et lui-même tiennent un petit rôle. Le garçon est le portrait craché de son père et il devient celui que sa mère a perdu. Il y a cette confusion… (…) Quand cette dernière le dévisage et qu’il lui demande s’il y a un problème, elle lui dit : “Bien sûr que oui/ Tu es toujours vivant, a-t-elle répondu/ Et moi, est-ce que je mérite d’être en vie ? C’est ça la question ? Et si tel est le cas/ Qui y répond ?” Il était déjà instable avant mais cette découverte va le faire basculer dans la folie et il devient un tueur en série. »

Eddie décrira la chanson comme « une œuvre de fiction basée sur une histoire réelle » – son histoire. Sa mère a en effet divorcé de son père quand il n'avait qu'un an et il a été élevé par son beau-père qu'il a toujours appelé papa. Il rencontrera même son père biologique sans savoir qu'ils sont affiliés. Ce dernier mourra en 1981 d'une sclérose en plaques sans que jamais l’adolescent ne l'ait revu. Un sujet extrêmement douloureux pour le chanteur qui se sert du morceau comme d'un exutoire. Mais, reconnaît-il, il a changé de sens au fil des années.

« Au départ, l'histoire parle d'un jeune homme qui découvre des vérités choquantes qu'il interprète comme une malédiction. Il faut qu'il apprenne à pardonner et à vivre avec. D'une certaine façon, je parle de moi quand j'étais plus jeune. Au fur et à mesure des années, nous avons joué devant de plus en plus de monde en concert et la façon dont réagit le public au refrain a toujours été incroyable. Les gens sautent, dansent, le reprennent en chœur. Ils ont donné une interprétation positive à un refrain qui ne l'était pas et en le chantant et en en faisant une fête, ils en ont changé la signification et ont brisé la malédiction. »

Involontairement, puisque dans son cas, il s’agissait juste d’une vanne quant à la façon particulière de chanter de Vedder, Mike Muir, frontman de SUICIDAL TENDENCIES, avait vu juste en déclarant au détour d'une interview que j'avais faite avec lui à l'Elysée-Montmartre en 1992 : « Mais pourquoi a-t-on l'impression qu'il est en train de crever alors qu'il chante : “Je suis toujours vivant” ? » Réponse plus haut dans le texte…
 


"Why Go"

D'après Vedder, placer un adolescent “rebelle” en hôpital psychiatrique serait une pratique relativement courante dans les banlieues américaines. « Il y a des parents qui ne s'occupent pas de leurs enfants et qui ne savant pas trop comment s’y prendre avec eux s’ils les surprennent en train de fumer du cannabis, par exemple, alors ils les font interner, expliquera-t-il en 1991 à l'occasion d'une interview. De l'autre côté, il y a les institutions qui touchent beaucoup d'argent grâce aux compagnies d'assurance en établissant un diagnostic qui affirme que l’enfant doit être soigné. Au-delà de la chanson qui le sous-entend de façon subliminale, il serait temps que des décisions soient prises et que cette situation change. »

“Why Go” parle d'une adolescente (sans doute inspirée par une certaine Heather à qui le chanteur dédie la chanson dans les crédits de l'album) qui s'est retrouvée enfermée pendant plus de deux ans en hôpital psychiatrique et qui a refusé de se conformer à ce que l'on attendait d'elle (« Elle a l'air d'être plus forte/ Mais ils veulent qu'elle soit faible/ Elle pourrait faire semblant/ Elle pourrait jouer le jeu/ Elle pourrait être un autre clone ») et se demande « Pourquoi rentrer chez moi ? » (« Why go home ? ») puisque c'est sa propre mère, à qui elle demande « de ne pas [lui] rendre visite », qui est à l'origine de cet internement totalement injustifié…

Eddie écrira une suite, baptisée “Leash” (laisse, comme celle d'un chien), qui apparaît sur « Vs », deuxième album de PEARL JAM qui sortira en 1993.


"Black"

Une “ballade” qu'Epic, la maison de disques des cinq hommes, voulait absolument sortir en guise de quatrième single. Pas de chance, les musiciens refusent catégoriquement et Vedder ira jusqu’à téléphoner lui-même aux grandes radios américaines pour s’assurer que leurs managers n’essaient pas de leur faire un petit dans le dos… Car “Black” est, selon ses propres termes, « une chanson fragile » qu’il ne veut pas voir « écrasée » par la machine promotionnelle. Ce qui n'empêchera pas les stations US de la diffuser suffisamment sur leurs ondes pour qu'elle se classe 3e dans la catégorie “Mainstream Rock” du Billboard…

“Black” aborde, de façon toujours imagée, le premier chagrin d’amour et la souffrance qui en résulte. « Et à présent, mes mains amères bercent le verre brisé/ De ce qui représentait tout pour moi » ou encore : « Tout cet amour qui a mal tourné a noirci mon monde/ Il a tatoué tout ce que je vois, tout ce que je suis et tout ce que je serai/ Je sais qu’un jour tu auras une belle vie/ Je sais que tu seras une étoile dans le ciel de quelqu’un d’autre/ Mais pourquoi, pourquoi est-ce que ça ne peut pas être dans le mien ? ».
 

"Jeremy"

Vidéo marquante de ce début des années 90, “Jeremy” est basé sur deux histoires vraies. Celle de Jeremy Wade Delle, un lycéen de 15 ans, victime de harcèlement scolaire, qui s'est suicidé en plein cours à Richardson au Texas, le 8 janvier 1991. Mais aussi celle d’un certain Brian qu’Eddie avait harcelé un an plus tôt au collège « et qui, un jour, a pété un câble et débarqué avec une arme au bahut. Il a tiré dans l'aquarium du cours d'océanographie » expliquera-t-il.

C’est à lui qu'il fait référence quand il chante : « Je me souviens très bien/ De m'en être pris à ce garçon/ On aurait dit un petit con inoffensif/ Mais nous avons déchaîné un lion/ Qui a grincé des dents/ Et mordu la poitrine de la surveillante/ Comment pourrais-je l'oublier ?/ Il m'a collé une gauche que je n'ai pas vu arriver/ J'ai eu mal à la mâchoire ».

Dans la chanson, Jeremy, dont le chanteur a lu la triste histoire dans un quotidien et qui a aussitôt voulu lui rendre hommage à sa façon, s'est construit un monde idéal sur lequel il règne (« Chez lui, il dessine des montagnes/ Au sommet desquelles il se tient, soleil jaune vif/ Les bras en l'air dans le V de la victoire/ Et les morts gisent au-dessous dans des mares bordeaux »). Ce qui sous-entend le harcèlement dont il est victime et explique que dans son monde, il se venge en passant du rôle de victime à celui d’oppresseur. Mais c'est aussi le désintérêt des parents (divorcés) pour leur fils qui est mis en avant (« Papa ne s'apercevait pas/ Que maman s'en foutait/ Le méchant Roi Jérémy/ gouvernait son monde »), voire le rejet pur et simple de sa mère (« Papa ne lui montrait aucun signe d’affection, non/ Et le garçon était quelque chose que sa mère ne voulait pas porter », ce qui sous-entend sans doute qu’elle ne le jugeait pas digne d’elle). Comme la trilogie “Mama-Son”, c’est un nouvel échec parental, encore plus terrible que celui évoqué dans “Why Go”.

Quant au refrain, « Jeremy a parlé en classe aujourd’hui », il a été inspiré à Vedder par le fait que les camarades de classe de l’adolescent qui ont été interrogés par la police l’ont décrit comme quelqu’un qui s’exprimait peu. Jusqu’à ce matin du 8 janvier où, quand la prof d’anglais lui a demandé d’aller chercher un bordereau d’admission parce qu’il était arrivé en retard au cours, il est revenu, un .357 Magnum à la main. « Madame, j’ai trouvé ce que j’étais vraiment allé chercher » a-t-il simplement dit avant de se tirer une balle dans la bouche.

Le clip, dans lequel Vedder, possédé, vit chaque mot qu’il chante, remportera quatre MTV Music Awards en 1993, dont celui de “Vidéo de l'année”. Pourtant, la chaîne musicale, qui fait alors la pluie et le beau temps en matière de succès, a obligé le groupe à supprimer le passage dans lequel le garçon du clip, plus jeune que ne l'était le lycéen, s’enfonce le pistolet dans la bouche. Ce qui fait enrager le réalisateur, Mark Pellington, la fin de la vidéo donnant l’impression que Jeremy a abattu les autres élèves, et qui lui vaudra pendant longtemps d’être régulièrement citée comme une source d’inspiration à chaque nouvelle fusillade dans une école américaine…

« Sans la musique, je pense que moi aussi je me serais suicidé devant les autres élèves. C'est ce qui m'a permis de continuer à vivre, alors on peut dire que la boucle est bouclée. Je remercie donc le pouvoir de la musique » déclarera Vedder en guise de “remerciements” quand le groupe recevra le MTV award de “Vidéo de l'année”, ce genre de cérémonie n’étant clairement pas du goût des cinq hommes en général et du frontman en particulier. La preuve, il faudra attendre 1998 et « Yield », son cinquième album, pour que PEARL JAM sorte une nouvelle vidéo – en animation – signée Todd McFarlane pour “Do The Evolution” dans laquelle les musiciens n’apparaissent même pas sous forme d’avatars. Parce qu’ils trouvaient que les clips nuisaient à la musique et qu'ils voulaient que les fans viennent les voir en concert plutôt que les regarder à la télé…
 


La fin de la vidéo, non censurée…
 

 

"Oceans"

Passionné de surf, Vedder, qui a grandi à San Diego en Californie avant d’intégrer les rangs de PEARL JAM à Seattle, s’exprime sur son amour pour l’océan et celle qu’il aime, Beth Liebling, sa petite amie d’alors, qu’il épousera un peu plus tard avant d’en divorcer en 2000. Même l’immensité des océans ne pourra pas les séparer et les flots le ramèneront toujours à elle, lui assure-t-il.

Un texte que le chanteur écrira alors qu’il est bloqué, sous la pluie, à l’extérieur du local de répétition où les musiciens qui jouent ne l’entendent pas… Une fois de plus, il les surprendra par la déconcertante facilité avec laquelle il écrit des lyrics sensés en ayant à peine découvert la structure musicale d'une chanson quelques instants plus tôt.

Quatrième et dernier single extrait de « Ten », “Oceans” ne connaîtra pas le succès de ses trois prédécesseurs.
 


"Porch"

Encore une histoire d’amour qui a mal tourné pour le narrateur, même si l’on ne sait pas si le texte est autobiographique ou non. Quoi qu'il en soit, l’amoureux éconduit reproche à celle qui l’a quitté de ne même pas lui avoir laissé un message « pour qu’au moins je puisse entendre une dernière fois le son de ta voix » et, à la fin, dit regretter de savoir que « plus jamais je ne pourrais te toucher, te tenir dans mes bras et te sentir contre moi »
 

"Garden"

Un texte obscur et une interprétation toute personnelle, sachant que le texte a été écrit quand George H. W. Bush, alors Président des Etats-Unis, a annoncé à la télévision l’intervention des forces armées américaines en Irak suite à l'invasion et à l'annexion du Koweït par les troupes de Saddam Hussein. Si tel est le cas, on peut supposer que c’est un soldat envoyé sur place, qui ne peut pas déserter mais qui ne se reconnaît pas dans la Guerre du Golfe, qui parle dans le refrain : « J’entrerai les mains attachées/ J’entrerai avec mon visage, sang/ J’entrerai avec mon drapeau d’ombre/ dans ton jardin, ton jardin de pierre. » Un jardin de pierre étant un cimetière. Une explication sans doute capillotractée mais jamais Vedder ne s'est exprimé sur le sujet.
 

"Deep"

Difficile de savoir exactement quel(s) sens donner au texte de “Deep” si ce n’est qu’une fois encore, il n’a rien de léger. On y croise un junkie, un tueur et une jeune fille qui est sans doute victime d’un viol. Dans les trois cas, les protagonistes évoqués ne sont rien – « pour la rue au-dessous » dans le cas du drogué qui « enfonce profondément son aiguille » ; « pour le ciel au-dessus » dans celui de l’assassin qui « enfonce profondément son couteau brûlant » ; « pour l’homme au-dessus d’elle » qui « s’enfonce profondément » dans le cas de « la jeune vierge descendue du Ciel/ Qui visite l’enfer »
 

"Release"

Parce qu’il s’adresse directement à son père qu’il n’a pas connu, Eddie refusera que les paroles soient imprimées sur la pochette. « Cher papa, est-ce que tu me vois à présent ?/ Je suis moi, comme toi d’une certaine façon/ Je glisserai sur la vague jusqu’où elle m’emmènera/ Je retiendrai la douleur/ Libère-moi »
 

"Footsteps"

Comme indiqué plus haut, “Footsteps” ne figure pas sur « Ten » et n’apparaît qu’en face B du single “Jeremy”. Mais comme il constitue le dernier chapitre de la trilogie “Mama-Son”, il serait dommage de l’ignorer. Le chanteur a expliqué qu’après avoir sombré dans la folie et être devenu un tueur en série, le jeune homme d’“Alive”, que l’on a suivi dans “Once”, a été arrêté et attend son exécution. Il s’adresse à sa mère qu’il accuse de l’avoir fait sombrer dans la démence et le meurtre : « J’ai fait ce que je devais faire, s’il y avait une raison, c’est toi ».

On retrouve le même morceau, baptisé “Times Of Trouble” et chanté avec des paroles différentes par Chris Cornell sur l’unique album de TEMPLE OF THE DOG, vibrant hommage à Andrew Woods, chanteur de MOTHER LOVE BONE mort d’une overdose.
 


Un mot sur la pochette pour terminer. C’est le photographe Lance Mercer qui a immortalisé ce que les musiciens appelaient leur pose “tous pour un” devant un énorme logo PEARL JAM réalisé par Jeff Ament qui a également joué les directeurs artistiques pour le packaging de « Ten ». Jusqu’à sa signature avec Epic, le groupe s’appelait en fait MOOKIE BLAYLOCK, en hommage à un basketteur américain qui évoluait en NBA. Mais quand ce dernier a signé un contrat avec Nike, les musiciens ont pensé – à juste titre – que conserver ce nom leur vaudrait des problèmes juridiques et ont choisi de se rebaptiser PEARL JAM.

Dans un premier temps, Vedder assurera qu’il s’agit du croisement entre le prénom de sa grand-mère (Pearl), mariée à un Amérindien, et une de ses recettes de confiture (jam) à base de peyotl. Avant d’avouer quelques années plus tard que l’explication était totalement bidon. “Pearl” est en fait un terme de surf employé quand la planche pique du nez dans l’eau et envoie valser le surfeur. Un lointain rapport avec les pêcheurs de perles, paraît-il. Quant à “jam”, c’est un clin d’œil aux longues improvisations qu’affectionne tout particulièrement leur idole, Neil Young, en concert.

Fidèles à leur admiration pour Mookie Blayblock, les musiciens donneront le titre « Ten » à leur première réalisation puisque c’était le numéro sur le maillot du joueur. L’album dépassera les 13 millions de ventes…
 


Explication de textes 1 : GHOST : « Opus Eponymous »

Explication de textes 2 : METALLICA : « Master Of Puppets »

Blogger : Laurence Faure
Au sujet de l'auteur
Laurence Faure
Le hard rock, Laurence est tombée dedans il y a déjà pas mal d'années. Mais partant du principe que «Si c'est trop fort, c'est que t'es trop vieux» et qu'elle écoute toujours la musique sur 11, elle pense être la preuve vivante que le metal à haute dose est une véritable fontaine de jouvence. Ou alors elle est sourde, mais laissez-la rêver… Après avoir “religieusement” lu la presse française de la grande époque, Laurence rejoint Hard Rock Magazine en tant que journaliste et secrétaire de rédaction, avant d'en devenir brièvement rédac' chef. Débarquée et résolue à changer de milieu, LF œuvre désormais dans la presse spécialisée (sports mécaniques), mais comme il n'y a vraiment que le metal qui fait battre son petit cœur, quand HARD FORCE lui a proposé de rejoindre le team fin 2013, elle est arrivée “fast as a shark”.
Ses autres publications

1 commentaire

User : Toto El Baxxozorus
Toto El Baxxozorus
le 27 févr. 2019 à 20:01
Merci pour cette excellent article !! Ten n’a pris aucune ride depuis sa sortie ! Une œuvre majeure !
Merci de vous identifier pour commenter
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK