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OSE ARTS METALFEST @ Carvin (Le Majestic)

par Bruno Cuvelier
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Apr
27
2019

C’est pour la première édition du OSE ARTS METALFEST que nous nous sommes rendus à Carvin, petite ville du nord de la France, située aux portes du bassin minier.

Ce sont les benjamins de la soirée qui ouvrent les festivités un peu après 18h pour un set d’une trentaine de minutes. Ce tout jeune groupe formé en 2016 n'a pour le moment à son actif qu’un EP 4 titres paru chez M&O Music en 2017. Avec un nom qui se veut un hommage au guide de Dante vers les enfers, VIRGIL nous propose un set deathcore. sa musique est sombre, violente et cauchemardesque. Toutefois, on sent que le groupe n’a pas encore totalement trouvé ses marques sur scène. Il est assez statique en dehors du chanteur qui donne de la voix et essaye de chauffer le public au delà des quelques fans acquis d'avance. Néanmoins, VIRGIL ne démérite pas et gagnera sans aucun doute de la reconnaissance avec l'expérience. Ouvrir n'est jamais simple surtout quand c'est pour quatre groupes qui comptent leur longévité en dizaines d'années. Actuellement, le premier album « Divina Infernum » fait l'objet d'une campagne de financement participatif. Le meilleur moyen de se faire une idée reste d'écouter leur EP et de les soutenir sur Ulule.com



La soirée se poursuit avec NIRNAETH qui fête cette année ses dix-huit ans d’existence. Bien que sa production discographique soit plutôt réduite (trois albums et split LP), on remarque rapidement que le groupe est mature. Sa maîtrise de la scène est en phase avec son black/death metal que ses membres qualifient d’épique. Le groupe comporte deux moines de la confrérie de l’au-delà, vous savez, ceux qui portent des sweats à capuche sans manche, et deux morts-vivants, le cinquième membre préférant rester caché derrière sa batterie. Cette esthétique, ainsi que la prestation scénique, montrent qu’au cours de ces années le groupe a travaillé son show et qu’il a su tirer partie des nombreux concerts donnés en compagnie de groupes tels qu'OBITUARY, ROTTING CHRIST, INQUISITION et bien d’autres. Au cours des trente minutes de concert qui leur étaient allouées, NIRNAETH aura proposé tout simplement les neufs titres de son dernier album « From Shadow To Flesh » paru en septembre 2018 chez Malpersita Records.



C'est au tour des bouchers psychopathes PUTRID OFFAL de monter sur scène. En pleine force de l'âge et au sommet de leur art, ils vont nous dépecer pas moins de dix-sept titres de leur répertoire et une reprise de S.O.D. "Freddy Krugger". Le groupe de death grind originaire du Nord est revenu d'entre les morts en 2015 encore plus dément que dans sa prime jeunesse. Pour paraphraser Joël Guigou (bassiste d'AGRESSOR) : « Les mecs sont habités ! ». En effet, la scène ressemble à une morgue dans laquelle officie une bande de légistes carrément barrés. Cette folie est communicative car il suffit à Phil Reinhalter de faire un signe de la main pour que dans la salle une partie du public se mette à tourner en rond de façon frénétique. Atteint d'une gène liée à une Simmonsyte aigue, les musiciens passent leur temps à tirer la langue en secouant la tête comme s'ils voulaient se débarasser de cette chose qui les possède. Profitant d'un instant de lucidité, nous avons échangé quelques mots avec le légiste en chef, Franck Peiffer qui nous a révélé avoir du matériel pour un nouvel album qui devrait voir le jour l'an prochain pour fêter leur trente ans.



Avec WITCHES nous remontons encore un peu plus dans le temps pour toucher aux origines du metal hexagonal. Sibylle Colin-Tocquaine ne manque pas de le rappeler en demandant qui était né en 2000 avant d'enfoncer le clou en annonçant un titre datant de 1988, puis 1987. Quand une personne du public lui demande son âge et lui répond qu'elle ne les fait pas, nous sommes entièrement d'accord vu l'énergie que dégage le groupe du haut de ses 33 ans d’existence. Si Sibylle est la seule sorcière rescapée des débuts, WITCHES était un groupe de filles dans lequel son frère Alex faisait exception en y jouant de la batterie. Il est à regretter que le groupe n'ait pas eu la possibilité de réaliser plus que deux albums et deux EP perdus au milieu de nombreuses démos. Par chance, il dispose du matériel nécessaire pour espérer un nouvel album en 2020. Avec un peu plus de six siècles devant lui pour atteindre l'âge canonique de 666 ans, il ne fait aucun doute que sa détermination marquera durablement l'histoire du metal français bien au delà de la littérature spécialisée. Comme le diraient les anglo-saxons : « enjoy the violence ». Pour notre part, nous avons aimé cette violence musicale au féminin, délivrée avec beaucoup de bonne humeur.



La soirée se termine avec AGRESSOR, groupe mythique de la scène death metal française. Difficile de faire mieux quand on sait que tout a commencé au milieu des années 80 et qu’avec LOUDBLAST et MASSACRA ils vont permettre au metal français d’émerger dans un pays où la musique anglo-saxonne non mainstream n'a guère bonne presse. En attendant, le groupe originaire d’Antibes comme à son habitude nous délivre un set puissant. Aucun artifice. Nous sommes au cœur de l’esprit du metal de ces années 80. Sur scène les musiciens ressemblent tout simplement aux kids, qu’ils ont été eux-mêmes. Seule la musique à sa place. Une musique rapide, agressive, voir démonstrative. Une musique qui transgresse les codes, à commencer par ceux de ses pairs, le hard-rock et le heavy-metal, dont il se nourrit. Ce sont ces codes qu’Alex Colin-Tocquaine et Joël Guigou ont développés et continuent de porter aujourd’hui.

Le public aura eu la chance d'assister à un très bon festival. Bien que la salle n'était des plus simples à sonoriser, l'ingénieur du son à, malgré quelques difficultés notamment au début du set de PUTRID OFFAL, su gérer la situation et permettre aux groupes d'avoir un rendu correct. Espérons que cette édition sera la première d'une longue série qui d'ici quelques années verra sa notoriété dépasser les limites de la région et au delà des frontières.

Photos © Eric Meuriche


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