17 mai 2019, 17:17

ABNORMALITY

• "Sociopathic Constructs"

Blogger : Clément
par Clément
Album : Sociopathic Constructs

« Contaminating The Hive Mind », premier album du quintet américain ABNORMALITY avait fait son petit effet à sa sortie, quelque part en 2012. Et pour cause, son gros brutal death technique des familles était plutôt du genre sanguinaire et sans reproches : une production en béton armé, des compositions musclées servies par une section rythmique taille patron, le tout servi sur des growls éructés par une donzelle remontée à bloc. Ajoutez à la photo de famille un batteur tentaculaire : pas de doute, tout était bien mis en place pour titiller les pontes du genre, SUFFOCATION, DYING FETUS et CRYPTOPSY en ligne de mire. Pour s’en convaincre, ce n’était pas bien compliqué, il suffisait de prendre trois petites minutes pour s'envoyer entre les oreilles le monstrueux "Monarch Omega" qui ouvrait ce bal des damnés de la plus vile des manières. Celui-ci restant toujours, sept ans après sa conception, l’un des titres les plus puissants du groupe de Boston qui revient nous chatouiller les tympans avec ce troisième album succédant à l’excellent « Mechanisms Of Omniscience ».

Et le gang du Massachussetts ne s'est pas ici embarrassé d'une quelconque introduction pour lancer les hostilités avec "Monarch Alpha", suite logique du morceau évoqué quelques lignes plus haut avec du blast en mitraillette et des riff torturés par paquet de dix. A peine ce missile envoyé que le groupe change de braquet avec un "Penance" groovy en diable avant de régaler en rafale nos pires instincts sur un "Curb Stomp" atomique ! Mais c'est à coup sûr avec des morceaux où il se fait plus raffiné, plus désirable comme "Transmogrification Of The Echoborgs" ou "A Catastrophic and Catalyzing Event" qu’ABNORMALITY sort du lot à grands renforts de breaks fulgurants et de parties plus posées, moins immédiates. Témoins de son évolution et d’une maturité grandissante, ces deux assauts tout comme l’énorme "Dying Breed" montrent bien que le groupe, du haut de ses presque quinze années d’existence, maîtrise parfaitement son sujet. La vocaliste Mallika Sundaramurthy est à ce titre impressionnante dans ses growls, profonds et hargneux, les deux gratteux délivrent eux aussi une partition de haute volée gorgée de riffs zig-zag dantesques. Et derrière aussi cela envoie du lourd : le bassiste et le batteur cognent avec un doigté digne des meilleurs !

Véritable chantre de la molestation auditive, ABNORMALITY colle sa claque à la concurrence à grands coups de riffs épiques, techniques et d'envolées rythmiques vengeresses qui démultiplient l'impact de son brutal death. Les quelques plans plus "progressifs" amenés ici et là avec doigté viennent renforcer ce côté homogène, abouti propre à ce dernier album produit de main de maître par Peter Rutcho (à la manoeuvre aussi sur les albums de REVOCATION et MELIAH RAGE). Tout simplement somptueux !

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
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