Du haut de ses deux démos balancées coup sur coup en 2016 et 2018, le quatuor parisien TOWERING n’est pas du genre à prendre son mal en patience avant de passer à l’action. Fraîchement signé sur la base d’une poignée de titres chez Dolorem Records, le voilà déjà aux commandes d’un premier album qui s’annonce sous les meilleurs auspices : mixé et masterisé par Andrew Guillton à l'Hybreed Studio (GLORIOR BELLI, MONOLITHE, TEMPLE OF BAAL) et doté d’un superbe artwork réalisé par l’artiste Seals of Blackening.
Quelques indices qui indiquent que le groupe est bel et bien prêt à passer aux choses sérieuses. Cela se matérialise sans attendre sur l’introductif "A Ritual Of Descent" dont les sombres ambiances ne rechignent pas à s'acoquiner avec des rythmiques étourdissantes. Des rythmiques rampantes, vicelardes, qui installent ici un climat étouffant… avant de laisser place nette à "The Poison Of Man", fulgurant, qui ne s’embarrasse pas de détails pour faire passer son message musclé. « Take no Prisoners » !
Le déluge de riffs qui s’abat sur les trois morceaux suivants est du même acabit, offrant un terrain de jeu rêvé pour les rythmiques vertigineuses gorgées de dissonances maléfiques délivrées par la paire de guitaristes. La deuxième partie de "Growing Seeds Of Agony" en est d’ailleurs la plus fidèle incarnation. Le batteur, à coup sûr bûcheron à coup dans la vie privée, ne se fait pas non plus prier pour livrer son quota de coups de latte en bonne et dûe forme. Mais derrière cette apparente sauvagerie qui célèbre une section rythmique aussi convaincante dans le mid-tempo écrasant que dans des accélérations plus thrash, TOWERING sait aussi se faire désirer. Les structures plus complexes, moins immédiates de "One With The Black Earth" illustrent d’ailleurs à merveille le côté plus "progressif" du disque et lui confèrent de redoutables atouts qui gagneraient à être encore développées par la suite.
« Obscuring Manifestation » est donc un album prometteur, qui laisse entrevoir un certain potentiel pour la suite des événements. Oscillant entre respect de la tradition et désir de modernité sans jamais tomber dans la simplicité, le black/death tel qu’il est pratiqué ici se révèle d'une efficacité sans faille. Costaud...