29 juin 2019, 13:56

MANEGARM

• "Fornaldarsagor"

Album : Fornaldarsagor

Le lapin d’Alice qui n’a pas encore parlé du dernier MANEGARM, c’est qui ? C’est moi. Désolé les amis, j'y viens. « Fornaldarsagor » est sorti en avril 2019 et il s’agit du dernier né d’une longue lignée d’albums d’une grande richesse musicale. MANEGARM est un groupe de black-viking, mêlant tant d’influences avec les deux albums précédents, « Legions Of The North » et « Manegarm », qui avaient exploré des horizons si différents, que nombre de fans en avaient été déroutés et divisés.

Larguons les amarres et direction le grand Nord. Laissons nos narines frissonner sous la brise glaciale. Nous sommes les acteurs de cette saga déclamée en version originale. Nous sommes trois guerriers suédois aux animaux totem qui sont le loup, le sanglier et l’ours. Nos growls black metal fendent la brume, notre vaisseau fend une onde épaisse comme la rythmique des combats à venir. Soudain l’avancée est rompue, place à un break au refrain mélodieux incarné par Ellinor Videfors, invitée sur cet album, avec en appui des violons folk metal. Un instant de beauté suspendue pour reprendre notre souffle. Rien que cette première étape est une œuvre cinématographique aux multiples variations. Erik Grawsio le chanteur sait varier à merveille ses gammes, sa voix claire est somptueuse.

Reprenons notre exploration. "Hervors Arv" nous fait livrer un combat contre les éléments. Véritable morceau de bravoure power-viking, les riffs sont rapides, les lignes de basses fortes. La batterie folle de Jakob Hallegren s’abat sur nos têtes telle de la grêle, les refrains illuminent les cieux des fjords sur un interlude martial. Magistral !

Nous nous arrêtons dans un petit port, histoire de passer une agréable soirée païenne. "Slaget vid Bråvalla" nous prend dans ses bras comme dans une fête des trolls. TROLLFEST, ENSIFERUM, autant de références qui nous viennent à l’esprit. L’esprit est clairement à fête. Alors oui c’est sûr on est loin de la furie des trois premiers albums, ou de « Legions Of The North ». Dans ce havre blanc nous nous endormons avec l’écho du tolkiennien "Ett Sista Farväl", et c’est juste énorme.

Nous reprenons au petit matin la mer avec "Spjutbädden". Un titre assez déroutant, doté d’un groove inhabituel chez des northmen. Des violons, les riffs de Markus Ande qui balancent au gré de la houle, la voix d’Erik Grawsio est si grave qu’à elle seule elle gonfle les voiles de notre drakkar.

Avec "Tvenne Drömmar", puis "Krakes Sista Strid", on s’éloigne toujours des rivages du black metal pour viser le pagan. Rythme mid-tempo me dit un spécialiste en tendant l’oreille. Voix roulante comme les vagues. Guitare copulant avec le violon pendant que la basse tape du pied, c’était inévitable me direz-vous. C’est sacrément riche en sonorités de tout horizon.

La ballade mélancolique "Dödskvädet" nous accueillie à notre retour au port. Nous avons effectué un voyage onirique. Nombre de fans regrettent la violence uniforme des anciens albums ? Je peux comprendre. Avec « Fornaldarsagor » MANEGARM livre une saga à la palette très large de couleurs et de sensations. C’est beau et profond. Il fut un temps où l’on critiquait les choix d’orientation musicale de QUORTHON au fil de ses albums. Aujourd’hui seul un sourd oserait.

Blogger : Christophe Scottez
Au sujet de l'auteur
Christophe Scottez
Chris est ethnologue à ses heures perdues, vétéran des pogo joyeux en maillots de core. Un explorateur curieux, grand amateur de riffs et de chants sauvages. Il a grandi dans les glorieuses années 80, bercé par les morceaux canoniques d’ACCEPT, SCORPIONS, MOTLEY CRUE et autres GUNS N ROSES. Traumatisé par le divorce entre Max Cavalera et son groupe, ainsi que par un album des Mets un peu «chargé» en n’importe quoi, Chris a tourné 10 ans le dos au hard rock. Puis, un jour, il a par hasard découvert qu’une multitude de nouveaux groupes avait envahi la scène … ces nouveaux sauvages offraient des sons intéressants, chargés en énergie. Désireux de partager l’émo-tion de ce style de metal sans la prétention à s’ériger en gardien d’un quelconque dogme, il aime à parler de styles de metal dit classiques, mais aussi de metalcore et de néo-metal. Des styles souvent décriés pour leurs looks de minets, alors que l’importance d’un album est d’abord le plaisir sonore que l’on peut en tirer, la différence est la richesse du goût. Mais surtout, peut-on se moquer de rebelles coquets alors que les pères fondateurs du metal enfilaient des leggins rose bonbon et pouponnaient leurs choucroutes peroxydées ?
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