3 juillet 2019, 23:54

Slash feat. Myles Kennedy & THE CONSPIRATORS + RIVAL SONS

@ Nîmes (Arènes)

Quarante-huit heures après SLIPKNOT et AVATAR qui ont retourné les arènes de Nîmes, c’est au tour de Slash et ses amis de s’y produire. Alors que le superbe amphithéâtre romain affichait quasiment complet lundi avec à peu près 12 000 spectateurs, c’est "petite configuration" ce soir puisque "seulement" 5 000 et quelques personnes sont venues faire le plein de hard rock’n’roll électrique sous un ciel incertain.

RIVAL SONS débarque à 20 heures pétantes sur fond de "Le Bon, la Brute et le Truand" d’Ennio Morricone et c’est la claque. Totalement imprégné par les Seventies, de LED ZEPPELIN à FREE en passant par les WHO, le style des Californiens n’a rien de passéiste tant ils ont parfaitement su digérer leurs influences pour proposer un hard rock à la fois vintage et actuel grâce à un très gros son. Ce qui leur a permis d'ouvrir pour BLACK SABBATH, AC/DC ou AEROSMITH sans jamais paraître hors sujet.

Sous ses faux airs de Jim Morrison, Jay Buchanan a une voix aussi impressionnante que sur album, ce qui n’est pas peu dire, et c’est certainement l’un des meilleurs chanteurs de blues-rock énervé d’hier et d’aujourd’hui. Bémol toutefois, son attitude assez distante avec le public le rendrait presque antipathique, même si l’on ne s’attend pas non plus à ce qu’il s’extériorise plus que ça. Michael Miley, le batteur, défonce sa batterie avec enthousiasme et les cinq hommes, puisqu’ils sont rejoints sur scène par un claviériste à la barbe certainement soyeuse, Todd Ögren-Brooks, proposent un set de 45 minutes qui fait la part belle à « Feral Roots », leur sixième et dernier album studio en date ("Back In The Woods", "Feral Roots", "Too Late", "Sugar On The Bone"…), ainsi qu’à quelques incontournables du groupe, dont "Electric Man" et "Keep On Swinging". C’est déjà fini, dommage, j’en aurais bien repris pour 45 minutes de plus.

Rapide changement de plateau et Slash feat. Myles Kennedy & THE CONSPIRATORS entrent en scène. Bien que bon, le son est un peu moins percutant que celui de RIVAL SONS mais il est vrai que le groupe pratique un hard rock’n’roll un peu moins “rugueux” et la guitare de Slash est bien entendu en avant. Rejoints par Cory Churcko qui joue avec talent les intérimaires depuis une semaine en remplacement de Frank Sidoris, l’autre guitariste parti au chevet de sa femme malade, les musiciens se concentrent désormais sur leurs trois albums studio ("Apocalyptic Love", "Mind Your Manners", l’excellent "Shadow Life", "You’re A Lie", "Driving Rain"…), non sans jouer également cinq titres extraits du premier album solo éponyme de Slash sorti en 2010.



On retiendra plus particulièrement "Back From Cali" et la ballade "Starlight", qui marquèrent les débuts de la collaboration Myles Kennedy (déjà frontman d’ALTER BRIDGE)-Slash, ainsi que "We’re All Gonna Die" et "Doctor Alibi". Initialement chantés par Iggy Pop et Lemmy de MOTÖRHEAD, deux des nombreux invités du guitariste sur l’album, ils le sont ce soir par Todd “Damnit” Kerns. Genre de bassiste idéal, excellent musicien et très bon chanteur qui double la voix de Myles (très en forme et qui, lui, communique avec le public) et monte encore plus haut dans les aigus grâce à un impressionnant registre vocal. Le tout avec un évident plaisir d’être là et le sens du show. Ceux qui espéraient entendre plusieurs reprises des GUNS en seront pour leurs frais, seule "Nightrain" figurant dans la set-list. On est loin des sept titres joués il y a trois ans (moins deux jours) à Nice. Mais à l’époque, le groupe le plus dangereux du monde ne s’était pas encore reformé et il est évident que Slash cherche à faire le distinguo entre sa carrière solo et son groupe nourricier, tout en soulignant qu’il s’agit d’un projet à part entière qui peut vivre en toute indépendance.

Un concert de Slash sans son solo serait une aberration. Arrive donc le moment tant attendu sur "Wicked Stone" où l'homme au haut-de-forme montre ce qu’il a dans le ventre et dans les doigts, accompagné par le groupe en instrumental, dont Myles qui a pris lui aussi une guitare. Mon voisin filme la scène et les minutes s’égrènent sur son iPhone : à 8, ça passe encore très bien. A 9, on commence à se dire qu'il va bientôt arrêter. A 10, que ça y est, dans 15 secondes, c'est fini. A 13, on a déjà décroché depuis quelques minutes et on attend que ça se termine… Même reproche pour le classique "World On Fire" avec son petit solo de batterie et un nouveau délire qui s’étire un peu trop pour emballer vraiment. Dommage.
Le show s’achèvera avec "Anastasia" en unique rappel. Une très bonne soirée mais dis, M. Slash, avec tout le respect que l’on a pour toi, tes soli, tu pourrais pas les faire un peu moins longs ? Un avis qui varie pourtant selon les fans, certains étant adeptes du “plus c'est long, plus c'est bon” quand il s'agit du légendaire guitariste…


Photos © Fred Moocher - Hellfest 2019


Blogger : Laurence Faure
Au sujet de l'auteur
Laurence Faure
Le hard rock, Laurence est tombée dedans il y a déjà pas mal d'années. Mais partant du principe que «Si c'est trop fort, c'est que t'es trop vieux» et qu'elle écoute toujours la musique sur 11, elle pense être la preuve vivante que le metal à haute dose est une véritable fontaine de jouvence. Ou alors elle est sourde, mais laissez-la rêver… Après avoir “religieusement” lu la presse française de la grande époque, Laurence rejoint Hard Rock Magazine en tant que journaliste et secrétaire de rédaction, avant d'en devenir brièvement rédac' chef. Débarquée et résolue à changer de milieu, LF œuvre désormais dans la presse spécialisée (sports mécaniques), mais comme il n'y a vraiment que le metal qui fait battre son petit cœur, quand HARD FORCE lui a proposé de rejoindre le team fin 2013, elle est arrivée “fast as a shark”.
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2 commentaires

User : Mat
Mat
le 05 juil. 2019 à 11:53
cool de chroniquer les concerts nimois ! ...possible de faire pareil avec celui de zztop du 4 juillet ?<br />
User : Laurence Faure
Laurence Faure
le 05 juil. 2019 à 12:25
Ça aurait été avec plaisir mais je ne pouvais pas être à Nîmes pour ZZ Top. Malheureusement…<br />
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