La scène metal étant particulièrement prolifique, simple constat basé sur le nombre de productions qui débarquent chaque mois en provenance des quatre coins du globe, il est nécessaire de s’imposer un premier tri pour aller à l’essentiel. Quitte à emprunter parfois quelques raccourcis trompeurs. Prenez MYLINGAR par exemple : son patronyme viking avec le titre d’album en suédois qui va bien plaidaient en faveur d’une redirection dans la foulée chez notre spécialiste maison du genre, Aude. Mais un coup d’œil rapide et attentionné sur la présentation de l’album m'a mis l'eau à la bouche avec sa punchline qui promet l'enfer : « Döda Själar » est la bande son idéale et abjecte de cette crasse épaisse qui recouvre notre monde… ». Chiche ?
Et à n'en point douter ce deuxième brûlot de MYLINGAR a tout ce qu’il faut où il faut pour séduire les têtes brûlées en quête du metal le plus extrême pendant quarante minutes d'une intense barbarie. Insoutenable pour le commun des mortels, ce salmigondis de death, black, grind et crust proposé ici ne s'adresse qu'aux irréductibles chevelus ayant banni le mot "mélodie" de leur vocabulaire, lui préférant les charmes de la brutalité sans limites. La section rythmique, schizophrène, enfile les riffs gros calibres et dissonants sans jamais baisser la garde, le batteur cogne comme un damné et le bassiste mutile ses pauvres cordes tel le zombie se régalant d’un humain encore frétillant. Mais cela n'est rien à côté des vocalises douloureuses du préposé au crachoir, que l’on pourrait résumer assez simplement par "Weeuheuuuhhhhhhaaaaaarggh". Ajoutez à cela une production hostile, caverneuse et vous comprendrez que « Döda Själar » n'a d'autre ambition que d'infliger un maximum de dégâts à vos pauvres oreilles, déjà endolories par nombre de sorties bestiales cette année !
Je confirme donc que la promesse initiale est ici respectée à la lettre : la cacophonie, la folie et le chaos guident cette expérience auditive de la première à la dernière seconde !