Août 2019. Les pieds dans le sable bien brûlant et l’esprit liquéfié par la canicule je me glisse le dernier TRANSPORT LEAGUE dans les oreilles. Un subtil mélange de sludge et de doom devrait faire office de climatisation musicale parfaite. Voici donc « A Million Volt Scream ».
Soleil au zénith et 35° à l’ombre, on fond sous le titre « A Million Volt Scream ». Petit air de MARILYN MANSON avec une rythmique syncopée, si on admet que le révérend a avalé un oursin pour obtenir une voix si rauque, c’est en tout cas bien enlevé. Le hit "1200 Goddamned" me conquiert directement, façon Cortès en tournée aux Amériques. Riffs rapides, batterie et basse hypnotiques, je suis électrisé et renversé. Voilà du stoner qui ne nous laisse pas… de marbre !
Non contents d’être ultra efficaces les Suédois TRANSPORT LEAGUE se montrent variés. "Monster Human" attire particulièrement mon attention. Le groove est digne des meilleures productions de Rob Zombie, et le tout est tartiné de riffs bien gras. Clip déglinguos à découvrir en bonus. Vous l’avez compris, cet album loin de me rafraîchir m’a enfoncé plus loin dans l’état de torpeur caniculaire. Mais si je transpire c’est de plénitude musicale. Bon, je sue aussi comme un bœuf, planté au milieu d’une plage du sud, entouré de personnes qui regardent inquiètes mon sourire béat alors que j’écoute "Dawn Of Lucifer". Un titre qui offre une musique hypnotique. Lourdeur, lourdeur… est-ce que j’ai une atmosphère de lourdeur ? Oui oui. Absolument. Comme chantait Edith, TRANSPORT LEAGUE, tu me fais stoner la tête…
"Vultures" ou la ronde des grr-rifs acérés sur fond de percussions tribales. Le chant, ou plutôt les cris vous pénètrent l’occiput. Solo de fin du monde, le réveil après l’album « A Million Volt Scream » sera difficile. Les titres sont aussi tarabiscotés que le mariage des sons. "Facedown Bondage" ou "Slave In Orbit" ? La torpeur caniculaire et à présent en dehors comme en dedans. Le fond des cendriers n’est pas net comme chantait l’autre…
Bien que liquéfiant, la somme des morceaux de cet album ne manque ni de rythme, ni de diversité. J’aimerais beaucoup voir le rendu live. "Rabid Horizon", pour définitivement nous achever de bonheur. Une odyssée électrique seventies façon Easy Rider TRANSPORT LEAGUE nous rappelle que le « Gras c’est la vie ! ».
TRANSPORT LEAGUE m’a bien bluffé et assommé avec cet album. Pas refroidi pour un sou, j’ai juste trouvé un accompagnement idéal pour toute canicule. Oserais-je dire que j’ai été A-league-rement transporté ? Ah, ben je crois que je viens de l’écrire.