A l'écoute de son premier album, « XXI Parallels », le jeune trio poitevin formé en 2017 pose déjà des bases solides en matière de metal instrumental et mélodique. Déluré et sans complexe, il propose ici un style où maturité et originalité sont érigées en lignes de conduite quelque part à la croisée de PORCUPINE TREE, TOOL et TEXTURES. Des influences perceptibles une fois la courte introduction passée puisque "The Awakening : Déjà-vu" ouvre le bal avec une épaisse tartine de guitares qui vient se greffer sur des ambiances éthérées.
Derrière aussi ça pousse au portillon avec des parties djent bien calibrées qui laissent place à nouveau au calme sur le jumeau "The Awakening : The Fall". Un schéma rythmique qui jongle entre le chaud et le froid et que le groupe semble apprécier puisque sur la doublette "Hunted", il ressort l’artillerie lourde avec de belles montées en puissance façon post-metal. Dont il nuance la charge avec des parties plus posées pendant que des velléités clairement plus electro viennent elles aussi enrichir cette base.
Pas grand-chose à reprocher donc côté technique, le trio est bien en place, l'osmose est là et à aucun moment l'on ne tombe dans le démonstratif ou le recyclage. Oui, REMAINS OF MORPHEUS sonne juste.
Du côté de l'enrobage, rien à redire non plus : enregistré et mixé en à peine une semaine à Paris dans des conditions proches du live, l’album bénéficie d’une production claire et limpide. Aux côtés des fers de lance que sont TREPALIUM et KLONE, REMAINS OF MORPHEUS se fait une place au sein de cette confrérie respectée qu'est la Klonosphere avec « XXI Parallels». Noble confrérie qui fête au passage sa majorité avec dix-huit années d’activisme métallique qui se doivent d’être ici saluées.
Nul doute que le groupe, armé de son metal moderne et hybride, devrait recruter assez large dans les rangs des amateurs des formations dont il s’inspire. Good job !