Composé de quatre membres ayant déjà bien traîné leur bosse dans les rangs de l'underground espagnol, TEITANBLOOD est plutôt du genre expérimenté. Un simple coup d'oeil au CV de chacun de ces guerriers ne laisse que peu de doute quant à leur aptitude malfaisante et pourtant « The Baneful Choir » est seulement leur troisième album au compteur, perdu dans une multitude d'obscures EP et de splits maléfiques. Gage de qualité, le sceau du mystérieux label Norma Evangelium Diaboli qui héberge en son sein la fine fleur du black metal, ANTAEUS, DEATHSPELL OMEGA ou FUNERAL MIST excusez du peu, est apposé sur la divine missive. Pas de doute donc sur le contenu : noir, destructeur, insondable, qui tout du long d'une cinquantaine de minutes abyssales se nourrit de ce qui se fait de plus extrême en la matière. Black, death, industriel, ambient, n'en jetez plus la coupe est pleine.
Pendant que "Rapture Below" et "Black Vertebrea" se chargent d'installer une ambiance de fin des temps sur quelques minutes fort peu amicales, "Leprous FIre" assène le KO d'entrée de jeuu sans prendre de pincettes : riffs dissonants, breaks hallucinés, climats hostiles, le tout soutenu par des parties de batteries pantagruéliques. Une introduction imparable dans le monde de TEITANBLOOD qui laisse craindre le meilleur pour la suite. C'est donc les oreilles rougies par cette plongée en eaux troubles que l'on se remet en course avec en ligne de mire les monstrueux "Ungodly Others" et "Inhuman Utterings" désignés pour faire monter la pression d'un cran. Deux obus qui symbolisent toute la force du quatuor espagnol, ces crescendos maléfiques qui explosent en de somptueux assauts chaotiques répétés de manière cyclique jusque dans les dernières secondes. Une plongée dans les ténèbres qui balaie les derniers espoirs d'un éventuel revirement lumineux :non, ici le noir a triomphé une fois de plus. Les potards, eux, sont dans le rouge.
Intenses et sauvages, les guitares tournoient, la batterie, elle, est littéralement débridée, accompagnant sans jamais baisser la garde ce magma compact qui annihile toute forme de résistance. TEITANBLOOD écrase par ses changements de rythmes, les tempos plus massifs et suffocants se mêlent aux embardées fulgurantes qui déchirent et lacèrent sans répit, et ces atmosphères d'outre-monde. A l’écoute des terrifiants "Sunken Stars" ou "The Baneful Choir", l'on imagine sans peine un no man’s land ravagé par une guerre qui n'en finit plus. Une terre noirâtre qui se pare de reflets écarlates au son d'un "The Verdict Dead" qui prédit quant à lui un dernier assaut aux relents…de terre brûlée.
Vous l'aurez compris : dotée d'une production implacable ainsi que d'un artwork énigmatique signé Timo Ketalo (DEAD CONGREGATION, DEATHSPELL OMEGA, FUNERAL MIST, KRYPTS...)", cette expérience qu'est « The Baneful Choir » est une sombre révélation. Une chorale funeste qui réclamera, même aux plus aguerris, de nombreuses écoutes attentives et prolongées pour en saisir toutes les subtilités.