20 février 2020, 18:30

Ozzy Osbourne

• "Ordinary Man"

Album : Ordinary Man

Ozzy Osbourne est une légende du heavy metal. Un chanteur, à la folie créatrice depuis plus d’un demi-siècle, qui a toujours su s’entourer du meilleur, Sharon, son épouse, n’étant toujours pas très loin ! « Ordinary Man » est le nouvel album solo du Prince des Ténèbres, âgé de 72 ans, dix ans après son « Scream ».

Suite à la tournée d’adieu de BLACK SABBATH qui s’est achevée début 2017, Ozzy s’était remis en tête de partir en solo pour une tournée (ce qu’il a fait avec le "No More Tours") et de sortir un nouvel album. En septembre 2019, le chanteur apparaissait aux côtés du rappeur Travis Scott sur le titre "Take What You Want" de Post Malone, autre rappeur/poète fan de metal. Issu du troisième album studio de Post Malone, « Hollywood's Bleeding », ce titre, qui figure aussi en bonus dans le nouvel album d’Ozzy, cartonnera et figurera dans les 10 premiers du Billboard Hot 100, un score que n’avait pas connu Osbourne depuis 30 ans. La machine lancée, le producteur, guitariste et chanteur, Andrew Watt construit un nouvel album pour Ozzy, avec Alexandra Tamposi (cette jeune femme a écrit, entre autres, pour NICKELBACK, BLINK-182), accompagné d’une super section rythmique : Duff McKagan, bassiste de GUNS N’ ROSES, et Chad Smith, batteur de RED HOT CHILI PEPPERS.

"Under The Graveyard", premier extrait dévoilé au monde, a le même ADN que le hit sus-cité de Post Malone avec ses arpèges acoustiques, des riffs électriques écrasants en plus, soutenant la voix et les mélodies caractéristiques d’Ozzy. Le refrain est catchy, le solo de guitare très moderne dans son approche. En deuxième ligne, "Straight To Hell" sort. Plus heavy, il ouvre l’album. Slash martyrise sa Les Paul sur ce titre à la BLACK SABBATH à l’architecture mélodique et modern-rock hors norme. Ozzy, on le sait, est un maître dans l’art des ballades. Il nous fait plaisir sur son titre éponyme où Elton John joue du piano et chante un couplet. Le texte est poignant, touchant, écrit avec des mots simples mais percutants. Slash y va de son solo mélodique reconnaissable entre tous. On l’imagine au milieu de nulle part, dans un désert, le jouant !

"All My Life" est un autre énorme titre hyper mélodique où notre fan des chauve-souris donne absolument tout du début du couplet au refrain qui fait frissonner ! "Goodbye" est plus sombre avec son intro à la grosse caisse couplée à ces accords dissonants qui se transforment en gros riffs sur cette voix si singulière. Le solo slide de guitare est envoûtant et récurrent. Au revoir ? Non, pas maintenant Ozzy ! Un peu d’harmonica, McKagan envoie un riff à la basse, le groupe suit. On est dans un vrai mix de tout ce qu’a fait Ozzy dans sa carrière. La chanson est efficace et le refrain appuyé par les mots du titre "Eat Me". Cela rappelle la période « No Rest For The Wicked » (1988). "Today Is The End", avec ses arpèges introductifs, cette voix principale démoniaque et les différents effets vocaux, est étonnant. Le pré-refrain et surtout le refrain sont vraiment originaux, et assez inhabituels pour Ozzy. Les guitares compressées sont folles, un vrai déluge de notes psychopathiques. Tom Morello, guitariste de RAGE AGAINST THE MACHINE, y va de ses accords sur "Scary Little Green Men". Le titre est un ascenseur émotionnel dans son architecture. C’est groovy, punchy ! Les samples à 2 min 50 enfoncent le truc. Les lignes vocales, les lignes de piano un peu honky tonk sont énormes ! "Holy For Tonight" est une autre ballade, chantée un peu à la façon d’une prière, avec des sonorités seventies et ses chœurs féminins. Rien n’est laissé au hasard dans les arrangements comme les éléments symphoniques qui soutiennent le solo de guitare, par exemple. « Ordinary Man » se termine sur un titre rock, pop, punk aux sonorités modernes qui déboule à 100 à l’heure. Le duo  sur "It’s A Raid" avec Post Malone est étonnant, la voix d’Ozzy est complètement modifiée. Les samples des voix du Prince des Ténèbres enfoncent le chaos induit. Ce titre est dingue comme ses arrangements.

« Ordinary Man » est certainement meilleur que les quatre précédents albums qu'Ozzy ait sortis. La production et la direction artistique d’Andrew Watt sont clairement une valeur ajoutée sur ce douzième album à l’approche résolument moderne et originale dans son heavy rock.
Malgré les abus de substances en tout genre, les désordres émotionnels, les accidents, la maladie de Parkinson et autres problèmes de santé obligeant le chanteur à repousser, voire annuler, ses tournées, « Ordinary Man » ne sera, nous l'espérons, le testament ultime du Madman. Metal-horns, cross-fingers, we love you, Ozzy !

Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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