Adeptes d’une recette gorgée de soleil floridien qui fait ses preuves depuis maintenant trois décennies, les quatre infatigables vétérans DERANGED remettent une fois de plus le couvert sur la marmite bouillonnante du death metal avec joie. Et la recette n'a toujours pas bougé d'un cartilage : huit morceaux expédiés en trentre-trois minutes d'une intense et sauvage barbarie. J'en vois qui frétillent dans le fond !
Et ils ont bien raison puisque tout ce qui fait le charme de ce style antédiluvien est ici une nouvelle fois délivré avec ferveur : riffs pachydermiques qui broient et concassent en règle, breaks mastodontes tout droit sortis de l’enfer, le tout saupoudré de quelques solos bien sentis. Les vocalises profondes de Johan Bergström grondent comme jamais, aucune inquiétude non plus sur les roulements de batterie diaboliques de Rikard Wermen, comme toujours amenés avec doigté, qui n'hésite pas pas à leur faire croiser le fer avec des parties blastées pour relancer le tout dans la foulée. Les amoureux du CANNIBAL CORPSE canal historique peuvent se réjouir : le clan suédois est bel et bien de retour avec un dixième album particulièrement sanglant ! A l'image de son artwork brutal et explicite, signé des mimines expertes de Mike Hrubovcak (délégué au crachoir chez VILE et MONSTROSITY, le bougre sait de quoi il parle en matière de deah metal !), DERANGED ne s'embarasse d'aucune fioriture. Et c'est bien ce qui fait son charme depuis plus de trente ans...
Oui, « Deeds Of Ruthless Violence » n’est rien d’autre qu’un vibrant hommage à l'amour de la viscère encore tiédasse et à la descente de pils par hectolitre. Une suite de de coups de boules métalliques distribuée avec amour qui vient s'ajouter aujourd'hui à une discographie exempte de tout reproche, majeur dressé et roteuse calée dans la veste à patches : burps !