« Sache, oh mon Prince, qu’entre la chute des royaumes cathares et l’avènement des grands oiseaux de fer qui planent au-dessus de la cité rose, il fut un âge de légende, de magie et de guerriers fabuleux. C’est de ces temps troublés que nous vient l'EP de NEMEDIAN CHRONICLES ! »
Bon, pour les cartésiens nous traduirons qu’il s’agit d’un nouveau groupe d'Occitanie qui œuvre dans le power-metal épique. Leur influence majeure ? L’âge hyborien de Robert E. Howard. Leurs personnages ? Conan et Sonja la Rouge. Voici la présentation de son EP.
Quatre titres qui prennent leur temps. Judicieuse idée pour un rendu épique. Le héros de NEMEDIAN CHRONICLES est né où ? Non, qui a dit sur les bords du chantier de l’A61 ? Dehors le cancre ! "Born On A Battlefield" voyons, dans la clameur des combats. Claviers amples, batterie en retrait qui monte et s’affole crescendo avec des guitares bien chatouillées, toute ressemblance avec les bandes originales de Basil Poledouris est voulue et surtout réussie. En dehors du sauvage et indompté cimmérien, on pense à "The Bard’s Song" de BLIND GUARDIAN, Alexandre le chanteur a réellement un bel organe... je parle d’une voix troublante évidemment !
La pièce de résistance c’est "The Thing In The Crypt". Les riffs sont bien énervés, la rythmique ultra speed renvoie au HELLOWEEN période « Keeper Of The Seven Keys ». On nous avait promis de l’épique, nous voilà servis. Du speed metal années 80 des plus réussi, car quand c’est épique faut gratter... sa gratte !
S’en suivent deux bons morceaux, "Monsterslayer" et "The Song Of Red Sonja". De toutes aussi belles factures, ils sont toutefois plus langoureux que "The Thing In The Crypt". C’est plus dansant aussi, l’apport de sonorités médiévales nous maintient dans l’illusion howardienne. "Monsterslayer" lâche des riffs lourds et lancinants et des chœurs de la grande époque des chevaliers de néon. NEMEDIAN CHRONICLES sont des survivants de l’âge du fer, ils ont the eye of the fighter. "The Song Of Red Sonja" ou l’écho du power metal. Un équilibre savamment dosé entre guitares heavy et nappes de synthé, façon vieux métrages d’Hollywood ou de la Hammer.
L’enchaînement des titres restitue une ambiance héroïco-métallique. On passe un excellent moment en compagnie de ces ménestrels. Moment court hélas, car cet EP a tout d’un encas à un festin mythique, et on voudrait en écouter bien d’avantage. Comme dirait Crom : « les mecs battez le metal tant qu’il est heavy, et magnez-vous de nous servir un album bien huileux. »
NEMEDIAN CHRONICLES. Pas barbant les barbares, et vive les slips en peau de lapin !