6 juillet 2020, 17:30

CONVOCATION

• "Ashes Coalesce"

Blogger : Clément
par Clément
Album : Ashes Coalesce

Pour savourer comme il se doit ce deuxième disque des Finlandais CONVOCATION, il suffit de fermer les yeux. D’ouvrir grand ses esgourdes. Et de se laisser embarquer par le souffle d'un vent glacial, drapé dans une brume épaisse qui hante les premières minutes de "Martyrise" qui ouvre l’album « Ashes Coalesce » de la plus belle des manières. Une tempête rythmique pesante, sournoise, qui annonce une plombée doom noircie par la tristesse et l'abnégation, de celles qui ont fait et font toujours le bonheur (malheur ?) des amoureux de ses illustres et glorieux compatriotes THERGOTHON et SKEPTICISM. Ceux-là mêmes qui, il y a bien longtemps, ont ouvert la voie sans retour d’une plongée dans un gouffre béant, à errer dans les ténèbres éternelles au son d'une section rythmique maléfique et perverse. Une lente, inéluctable descente dans les entrailles de la bête, que bien peu d'autres ont comme eux réussi à mettre en musique.

Il ne suffit donc que de quelques minutes pour s'en rendre compte, CONVOCATION propose ici une lecture un poil plus moderne de ce style, pratiqué avec une ferveur intacte : un metal goudronneux, bien épais et lourdement lesté de death qui ne rechigne pas à égrener quelques mélodies du plus bel effet ci et là. Mais lorsqu'il choisit, comme sur "Portal Closes", de s’engouffrer dans les abysses du doom monolithique et sans retour, le bougre écrase la concurrence. Comme si la lourdeur se suffisait à elle-même, écrasant de son poids tout espoir d'en sortir vainqueur. Huit minutes d'une beauté glacée, la froideur du marbre que l'on caresse à l'évocation de souvenirs que l'on pleure une fois la nuit tombée. Une symphonie monolithique et désespérée, guidée par l’impeccable tenue d'une section rythmique envoûtante. Du grand art. Tout comme ce "Misery Form", en tout point majestueux, interrompu brièvement à la mi-parcours par une voix féminine d’outre-monde. Avant de retrouver son indolence initiale, cette fois-ci plus solennelle... comme si l'on sentait que la fin du voyage approchait.

Comment rester de marbre face à l’imposante recette délivrée ici par le duo d’Helsinki ? Comment ne pas ressentir ce frisson qui parcourt l’échine tout du long de ces quarante-cinq sombres minutes qui semblent ouvrir tout droit un chemin vers une destination que l'on ne devine à peine ? Et que dire de cette production somptueuse doublée d’un mastering aux petits oignons signé Greg Chandler (ESOTERIC) ? Ce son profond, authentique, qui fleure bon la terre humide et le brouillard impénétrable, qui magnifie l’univers ténébreux des Finlandais. Une procession tournée vers la lumière, celle qui disparaît définitivement au bout du tunnel. Trop tôt, Trop vite.

Blogger : Clément
Au sujet de l'auteur
Clément
Clément a connu sa révélation métallique lors d'un voyage de classe en Allemagne, quelque part en 1992, avec un magazine HARD FORCE dans une main et son walkman hurlant "Fear of the Dark" dans l'autre. Depuis, pas une journée ne se passe sans qu'une guitare plus ou moins saturée ne vienne réjouir ses esgourdes ! Etant par ailleurs peu doué pour la maîtrise d'un instrument, c'est vers l'écriture qu'il s'est tourné un peu plus tard en créant avec deux compères un premier fanzine, "Depths of Decadence" et ensuite en collaborant pendant une dizaine d'années à Decibels Storm, puis VS-Webzine. Depuis 2016, c'est sur HARD FORCE qu'il "sévit" où il brise les oreilles de la rédaction avec la rubrique "Labels et les Bêtes"... entre autres !
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK