Parmi la horde de formations qui tentent de ressusciter le saint esprit du death metal du début des 90 avec un zeste de modernité bienvenue, VALGRIND mérite un coup d’œil plus qu’appuyé. Pas que ces trois mercenaires originaires de Bologne soient plus belliqueux que leurs petits camarades de promotion mais parce que son principal compositeur, Massimiliano, possède un curriculum vitae qui fleure bon l’authenticité. En effet, avec plusieurs démos dans sa besace parues entre 1995 et 1998, le bougre s’y connaît lorsqu’il s’agit de faire parler la poudre avec une expérience toute légitime.
Et quand cet expert revient en 2012 avec un line-up flambant neuf pour le premier album officiel de VALGRIND, « Morning Will Come No More », en vingt ans (!) c’est évidemment pour honorer le death metal canal historique dont la formule n’a pas changé d’un ongle endeuillé depuis son auguste conception. La recette est connue : un groove à décoller le bassin, une section rythmique en mode pilonnage intensif et une production à l’ancienne comme à la grande époque des studios Morrisound. Huit années se sont écoulées et sur ce quatrième album le trio confirme qu’il a bel et bien atteint sa pleine maturité. Oui, le son old-school jouissif rappelant les grandes heures de la scène death US des années 1990 est toujours à l’ordre du jour, l’ombre de MORBID ANGEL, NOCTURNUS ou DEATH plane d'ailleurs toujours dans les parages. Mais le trio italien va plus loin, apportant ici sa patte pour proposer une relecture moderne de l’ensemble. Le travail phénoménal abattu par Adrian Daniele Lupidi aux guitares renvoie ainsi aux ambiances magiques que PESTILENCE troussait avec grâce sur ses premiers méfaits mais des références plus modernes, parfois presque black, viennent trahir son désir des sentiers battus : tant mieux !
Entre la pochette de toute beauté, réalisée avec soin par ce même Daniele, toujours aussi inspiré, et la production crystalline signée Cristian Copat, « Condemnation » assume sa façade old school jusqu’au bout des orteils, le death metal des italiens transpire l’hommage et l’héritage. Celui d’une scène dont il ressuscite les vieux démons avec une approche massive, oscillant entre juteux mid-tempo et embardées thrash savoureuses, qui le rapprocherait dans l'exécution de la vieille garde néerlandaise, PESTILENCE, ASPHYX et GOREFEST en tête de la shopping-list.
Certes, VALGRIND n’a pas pour ambition de réinventer la roue avec cet album plutôt classique dans le fond comme la forme mais l’énergie qu’il déploie tout au long de ces dix morceaux le rend séduisant. Voilà une copie propre et sans bavures qui va en donner pour leurs deniers aux amateurs de death metal à l’ancienne, puissant et technique. J'en suis !