Cinglé et fier de l'être. Tel pourrait être le crédo du multi-instrumentiste américain Nick Stanger qui repousse ici les limites du genre, mais lequel d’abord ? Death ? Grind ? Mathcore ? Impossible d’y voir clair sur ce salmigondis qui réunit en son sein ce qui se fait de plus fou en matière de metal mais le fait est que ça tabasse sévère pendant à peine plus de vingt-deux minutes. Taquets, gnons, mandales et autres uppercuts sont garantis ici rubis sur l'ongle aux fans de DILLINGER ESCAPE PLAN, DEATHSPELL OMEGA et KRALLICE sur ce qui s’apparente évidemment à un audio-carnage en bonne et due forme.
Happé dès les premières secondes dans un déluge de riffs et de breaks d'une délicieuse sauvagerie, l'auditeur n'a d'autre choix que de se résigner à respecter la consigne, claire : se faire mal. Mission accomplie avec un certain brio avant de pouvoir à peine souffler sur les deux interludes "Initiation Void" et "Antidream" plutôt bienvenus. Mais le calme est de courte durée puisque "Tachyon Malnourishment", "Flesh Prison" et "Post Ironic Indoctrination" poussent le bouchon encore plus loin avec leur approche complètement hystérique hantée par ce même Nick Stanger, complètement possédé au micro. Mais c'est sur un final de haute volée que notre furieux maestro se risque à proposer quelque chose de plus ambitieux : un pavé de plus de cinq minutes (une éternité à l’échelle de la durée de l’album !),"Fester the Nether ", où se croisent dissonances déglinguées, embardées furibardes et breaks de dingos avec un certain doigté. Tout cela s'apparente à la première écoute à un gigantesque foutoir rythmique qui part dans tous les sens. Puis le bestiau se dévoile au fil des écoutes et distille un certain charme qu'il convient de saisir sans trop se poser de questions.
Alors oui, pour s'enfiler la vingtaine de minutes de sauvagerie contrôlée que propose XYTHLIA, il faut tout de même être bien préparé parce que son compositeur laisse peu de temps pour souffler dans l’histoire, je ne suis pas sûr d'ailleurs que je m'aventurerais à nouveau sur ces terres hostiles avant quelques temps. Mais à n'en point douter quand je remettrais la main sur ce condensé de folie douce après une journée bien moisie, avec pour unique envie de me faire du bien là où ça fait mal, « Immortality Through Quantum Suicide » fera l'affaire. Pour sûr !