Oui c'est vrai, « Molten Giant » m'avait déjà mis la puce à l'oreille. Ce troisième album des Bordelais, auréolés d’une jolie signature chez Unique Leader Records, cachait à peine son jeu : gros brutal death technique à tous les étages armé d’une production en béton armé, le tout enveloppé dans un songwriting musclé et troussé par une section rythmique taille patron qui ne laissait que peu de place à l’interrogation. C’était du bon, du très bon même. Et cette nouvelle déflagration n’a pas à rougir de son prédécesseur, puisque tout est à nouveau en mode haut niveau.
Il ne faut que quelques secondes ici pour prendre l’état de santé du bestiau : aucune intro ou quoi que ce soit de superflu pour lancer les hostilités. Juste du blast. Un gros blast sans autre forme de procès surgit dès la première seconde de "Maelstrom" histoire de vous souhaiter la bienvenue. Coucou, on est là et on vous veut du mal. Deuxième chose qui saute aux esgourdes : la production massive et puissante, le genre de truc musculeux qui ne fait qu'une bouchée de ce pauvre machin qu'est la cochlée. Grosse impression donc à l'ouverture et sur la durée, mais est-ce que le tout tient bon la barre sur pendant quarante minutes ?
Oui. Et c'est qu'il en a sous la pédale le coquin. A peine ce "Maelstrom" nucléaire ingurgité sans manière, le voilà qui s'aventure dans des contrées plus mid-tempo sur un "Wall Of Water" groovy en diable, à coup sûr le genre de morceau qui va enflammer les pits ! Ouille. A moins que les superbes "Abyssal Flesh" ou "The Wreck" ne plient le match avec leurs solos de folie et envolées de double meurtrières ? Non, tiens, "Starvation Project" et sa paire de riffs brutaux et épiques devrait faire l'affaire avant de dérouler le tapis rouge pour un "The Chosen One" à faire devenir tout raide les fans des premiers BORN OF OSIRIS avec ses rythmiques trempées dans l'acide chlorydrique. Et je ne vous pas parle du reste issu du même tonneau. Pour sûr, EXOCRINE, du haut de ses sept années d’existence, maîtrise parfaitement son sujet. Jordy Besse est simplement au top sur ses growls, profonds et hargneux, les deux gratteux délivrent une partition de haute volée gorgée de riffs zig-zag dantesques, le bassiste (Jordy bis) est aux abois et le batteur cogne avec un doigté digne des meilleurs. Timber. Quant à l'artwork réalisé par Caelan Stokkermans, celui-ci est juste dans le ton, sombre mais efficace.
Une fois de plus les Bordelais collent une bonne claque à la concurrence à grands coups de riffs épico-techniques du meilleur goût et d'envolées rythmiques vengeresses qui démultiplient l'impact de leur brutal death. Est-ce que cela est suffisant pour dire qu’aujourd’hui EXOCRINE est dans le peloton de tête hexagonal de ceux qui comptent en matière de death metal ? La réponse est un oui, un grand oui !