24 octobre 2020, 20:00

FURIES

• Interview


FURIES a sorti son premier album « Fortune's Gate », un bon cru de heavy rock aux touches 80s adapté à la sauce 2020 ! COVID oblige, Lynda Basstarde, Billy Laser et Sam Flash sont au rendez-vous sur Skype pour nous parler de musique... Un moment rock'n'roll ! 2 gars, une fille !
 

Salut à vous 3. Alors Furies, c’est plutôt déesse de la vengeance ou chauve-souris à la Ozzy ?
(rires)
Lynda Basstarde : Les 2 !
Billy Lazer : Chauve-souris moi plutôt !
Sam Flash : Tu ne nous as pas comparés au truc fétichiste des animaux, comme on nous le dit d’habitude !
LB : Des déesses chauve-souris, ça marche aussi !

Mais pour les garçons du groupe ?
LB : On est unisexe dans le groupe. Fille - garçon, c’est pareil !
SF : Tu as dû voir sur les photos promo que c’est le cas avec nos tenues. 

De la K7 2 titres à l’album, c’est quoi l’histoire du groupe ?
BL : De la K7 à l’album, ça a été moteur, cela a marqué l’arrivée de Sam et moi aux guitares. Il y a eu une petite évolution stylistique, on a accéléré le tempo par moments, durci le truc aussi. Il y a des éléments speed mélodique venant de moi combinés aux éléments thrash de Sam. Depuis la K7, on a forgé le style numéro 2 de FURIES, celui que tu connais maintenant !

C’est quoi l’histoire de « Fortune’s Gate » ?
SF : Chacun a apporté des riffs. On les a mixés, retravaillés ensemble. Certains morceaux venaient d’idées plus réfléchies d’un membre du groupe. Elles ont été associées à d’autres idées. Les titres se sont construits ainsi. Les paroles sont arrivées par la suite, les mélodies aussi.
LB : On est tous multi-instrumentistes. Généralement, les guitaristes apportent les riffs. On travaille les arrangements tous ensemble. Je m’attaque aux textes et aux mélodies de chant par là suite. Sur cet album, le process a à peu près été ainsi.
BL : Oui, ce n’est pas un truc absolu. Si tu prends la chanson "Never Say Die" qui est thrash, c’est une idée de Zaza Bathory, notre excellente batteuse. Même si elle n’a pas d’instrument mélodique, elle peut composer et nous chanter ses idées de riffs. A nous de les guitariser par la suite. Puis on arrange tout ensemble par la suite pour que cela colle au style du groupe.
SF : Pareil pour "Fire In The Sky" et "Superstition" qui viennent de Linda et Zaza principalement.
BL : Complètement. Pour "Fire", j’ai écrit la seconde partie ou ça s’accélère à la "Kill 'em All" de METALLICA.

Et cet artwork, vous nous en parlez ?
LB : L’artwork a été réalisé par Slo, bien connu du monde du metal. Billy le connaît bien.
BL : Oui, il est connu avec "Metal Maniax". On le connaissait avec mon ancien groupe, les FOUR HORSEMEN, un tribute-band à METALLICA qui a fait beaucoup de concerts. Slo nous faisait nos illustrations et je trouvais ça très beau. J’ai proposé aux filles direct ce gars que j’avais en tête. Il a fait du très beau travail pour FURIES.
LB : Pour « Fortune's Gate », la pochette illustre comment on était avant dans la grotte et avec cet album, on sort de cette grotte justement. On escalade la Tour Eiffel qui symbolise la puissance, Paris, la France. Elle est connue mondialement, on invite les gens à nous suivre dans de nouvelles contrées, à travers cette porte de l’au-delà... qui dit mort, dit renouveau. On va vers la lumière et on invite les auditeurs à faire de même.

FURIES emprunte au heavy metal old-school avec des touches thrash, speed. Pourquoi ce choix artisitique en 2020 ?
SF et LB (à l’unsisson sans se concerter) : c’est la musique qu’on aime, qu’on écoute !
SF: On est fan de la musique metal des années 80. C’est plutôt du thrash pour moi, pour Billy, c’est plus du speed mélodique. On est loin du metal moderne, on est plus old-school avec un son traditionnel. On avait toutefois la volonté d’avoir un son moderne, propre mais on ne voulait pas faire un truc revival enfermé dans un carcan old-school. Au studio où l’on a enregistré une partie de l’album, on a eu accès à de l’excellent matériel, vintage notamment. Un vrai bonheur, une vraie opportunité. Ce studio a une histoire dans la variété française et appartient à Dominique Blanc Francard, un célèbre ingénieur du son. Igor, l’assistant, fan de metal, a tout de suite capté ce que l’on voulait niveau son et nous a enregistrés. Le mec qui a mixé l’album est en Italie. On a appris qu’il avait aussi produit l’album de Michael Romeo, le guitariste de SYMPHONY X, on était ravis de son travail sur notre album. Ça a vraiment mis en avant ce que l’on voulait niveau interprétation, sons et titres finalisés.

10 titres en anglais dont un français, comment l'avez-vous décidé ?
LB : Ecrire en anglais permet de toucher plus de monde à l’international. On est français et je voulais rendre hommage à notre langue. Écrire en français est un exercice difficile. Trouver les bons mots n’est pas si évident ! Avoir 10 à 20% de titres français dans notre répertoire est important.

C’est quoi vos influences françaises justement ?
LB : SORTILÈGE et BLASPHÈME, du bon hard rock

Vous les garçons, vous n’êtes pas trop hard rock français ?
BL : Si, j’aime bien. Pas tout, je dirais SORTILÈGE, ADX. Je suis plus speed mélodique. Il n’y a pas grand-chose en français. Un peu ADX, mais la voix pas trop. Pour moi, c’est ANGRA période André Matos (RIP), SYMPHONY X, SONATA ARTICA. Il y a Malmsteen et en ce moment, je suis dans le metal extrême type REVOCATION pour tout te dire !
SF : Moi, c’était ADX quand j’avais 15-16 ans. J’avais des potes qui écoutaient SORTILÈGE, SATAN JOKERS aussi ! Je préfère les trucs américains en vrai comme EXODUS ou allemands comme KREATOR, EXHUMER...
LB : J’avais eu un coup de cœur pour STRATTSON avec leur album « Ouf Metal », du speed metal avec un peu de thrash. C’est déjanté comme album !

Je vous fais une de mes trucs habituels : une chanson, un mot ? Vous êtes 3, un mot chacun est possible !
"You and I" :

Puissance, ensemble
"Voodoo Chains" :
Rock'n'Roll
"Fire In The Sky" :
Faiblesse (au sens émotion), simple, efficace
"Superstition" :
Sombre, lent, lourd
"Never Say Die" :
Vieillesse, sombre, speed


Le travail des guitares est monstrueux. Comment vous répartissez vous les tâches ?
SF : Il fait tout, je ne fais rien. (rires)
BL : Ce n’est pas vrai. J’étais le premier guitariste recruté. J’ai apporté un certain nombre de choses : je suis allé chercher les choses au plus profond de moi-même. Sam a apporté ses riffs. On a mélangé les choses et nous avons travaillé sur notre son, notre cohésion, notre complémentarité, notre synchronisation avec toutes ces twin guitars. On bosse l’un avec l’autre, chez l’un, chez l’autre.
SF : Chacun a vraiment sa place.
BL : On est à la ANGRA notamment sur l’idée de complémentarité, de twin-guitars, de synchronisation.
LB : Il y a une vraie alchimie dans le groupe. On s’entend tous hyper bien.

Qu’avez-vous fait pendant le confinement ?
LB : J’ai composé un titre pour un prochain album, fait du sport, regardé des séries.
BL : Je n’ai pas du tout été productif, l’ambiance était pesante, j’ai beaucoup joué à FIFA sur console.
SF : Je n’ai rien foutu, j’ai dormi beaucoup et beaucoup joué aux jeux vidéo. J’ai fait des apéros en visio. Je n’ai jamais porté aussi longtemps le même caleçon. Heureusement que le confinement s’est arrêté (rires).

Aucun concert en vue avec l’épidémie. Comment voyez-vous les choses ?
LB : Tout est annulé et reporté, notamment nos dates en Suède, au Danemark et en Allemagne. Voyons le côté positif des choses : on se voit beaucoup. On compose de nouvelles chansons. Peut-être que l’on pourrait faire un livestream si les moyens se présentent. Ça nous manque beaucoup les concerts, le partage avec les autres dans les salles.
BL : 2020 aurait dû être une super année pour FURIES. Le virus a tout modifié. On compose à nouveau avec cet exercice du second album qui met un peu la pression quand même !

C’est quoi vos 3 plus grosses influences non metal ?
LB : J’aime bien Daniel Balavoine.
BL : Tommy Emmanuel, un guitariste acoustique australien. A chaque fois qu’il vient en France, je vais le voir. Il me fait chialer à chaque fois. Il est énorme, c’est le roi du fingerpicking.
SF : Donald Glover : un humoriste qui fait de la musique urbaine.
BL : Michael Jackson, Clapton.
LB : Oui, certaines ambiances de Jackson, c’est vrai !

Avez-vous une idole, un modèle ?
BL : Ce n’est plus d’actualité, mais c’était Alexi Laiho de CHILDREN OF BODOM. C’était comme un grand frère spirituel. Il a 2 ans de plus que moi, je voulais suivre son parcours et avoir sa réussite. Il a créé un sous-style de metal avec ses vocalises et son shredding. Kiko Loureiro (ex-ANGRA, MEGADETH) aussi et toujours maintenant.
SF : Des compositeurs de musique de films, c’est grandiose !
LB : Je dirais Bruce Dickinson d’IRON MAIDEN, un homme polyvalent, multitâche. L’univers de MAIDEN m’a scotchée la première fois que je les ai vus dans une librairie, sur un magazine à Versailles. Pareil quand j’ai mis leur CD dans mon ordinateur. C’est un modèle qui est encore là après des années, après avoir vaincu son cancer !
 


© Matthias Gibello | Smoke Eye Studio


Les 5 albums qui vous ont marqués ? Les lecteurs pourront se faire une playlist !
LB : « The Number Of The Beast » de MAIDEN (elle réfléchit). Ca fait beaucoup, non ?
BL : J’ai les 5 facile ! Ça correspond à mon évolution depuis mon adolescence. Alors « Ride The Lightning »  de METALLICA, « Fear Of The Dark » de IRON MAIDEN, « Hatebreeder» de CHILDREN OF BODOM, « Holy Land » d’ANGRA et « The Divine Wings Of Tragedy » de SYMPHONY X.
SF : Le premier de IRON MAIDEN, car je suis fan de Paul Di'anno, le premier chanteur, « Master Of Puppets » de METALLICA, « Bonded By Blood » d’ EXODUS et « In Rock » de DEEP PURPLE
LB : J’ajouterai « Awake » de DREAM THEATER, peut-être le plus metal de leurs albums, le « Symbolic » de DEATH aussi. Tous leurs morceaux me transportent et certains soli filent des frissons. C’est magique ! Et aussi « Sad Wings Of Destiny » de JUDAS PRIEST et « Alice In Hell » d’ANNIHILATOR.

Votre rêve ultime ? pas forcément musical ou sexuel...
LB : Jouer en première partie de JUDAS PRIEST !
BL : Etre sur la route, en tournée ! Ca manque tellement.
SF : Une énorme maison avec un avion et une piste d’atterrissage. J’irais chercher mes clients en avion, car il y aurait un studio d’enregistrement.
BL : Fabriquer une Tour Eiffel en allumettes grandeur nature en lien avec l’album. (rires)

 


On termine avec le questionnaire old-school ?
Allez !

Glam metal ou nu-metal ?
Glam (réponse collégiale)

Rob Halford ou Bruce Dickinson ?
(Cris)
SF : Rob Halford, car il a inventé un vrai truc.
LB :  Ah ! c’est comme si tu me demandais de choisir entre mes parents. Rob Halford, car tu m’y obliges.
BL : Bruce Dickinson, sans hésiter.

Malmsteen ou Joe Satriani ?
Malmsteen (réponse collégiale).
SF : On préfère un chevelu à un chauve (rires)
BL : En plus, il a des chemises léopard. C’est pas une question, je me casse ! (il part et revient avec un modèle Fender du guitariste suédois)

Vinyles ou streaming ?
Vinyles (réponse collégiale)

Steve Harris (IRON MAIDEN) ou Cliff Burton (METALLICA) ?
LB & SF : Steve Harris
BL :  Cliff

ACCEPT ou MANOWAR ?
LB & BL : MANOWAR
SF : Je déteste MANOWAR, ACCEPT pour moi !

HELLOWEEN première ou seconde version ?
Première mouture (réponse collégiale)
SF : Je crois que je ne connais que le premier album du groupe. Je n’ai jamais écouté le reste. (rires)

BLASPHEME ou ADX ?
LB : BLASPHEME
BL :  ADX, ce sont des copains
SF : ADX mais on a joué avec les 2 et on les apprécie !

ULTRA VOMIT ou TRUST ?
ULTRA VOMIT sans hésiter !

Doro ou Lita Ford ?
LB : Doro !
SF & BL : Lita Ford

Pourquoi Lita, les garçons ?
BL : Elle me touche plus ! (rires)

L'album « Fortune’s Gate » de FURIES est disponible depuis le 16 octobre 2020 en suivnat ce lien : FuriesFortuneGate


Blogger : Laurent Karila
Au sujet de l'auteur
Laurent Karila
Psychiatre spécialisé dans les addictions, ayant lui-même une addiction positive au metal depuis 1984. Auteur d'ouvrages spécialisés en médecine des addictions et d'ouvrages grand public ("On ne pense qu'à ça", "Une histoire de poudre", "ACCRO!" aux éditions Flammarion). Auteur des textes des albums de SATAN JOKERS ("AddictionS", "Psychiatric" et "Sex Opera") et d'autres groupes... Organisateur de Metal Diner chez son ami Olivier Andreani ("Le Cosi", Paris 5). Une nouvelle passion liée à l'écriture : chroniquer des albums avec une touche psycho-metalrock - Enjoy it, Children of Metal. Interviewer des artistes est aussi un plaisir (le face à face est mon activité quotidienne).
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