14 mars 2021, 17:43

AMARTIA

"Daylight Beauty"

Album : Daylight Beauty

Le groupe lillois de rock progressif AMARTIA revient avec un superbe album intitulé « Daylight Beauty ».

Après avoir partagé la scène du Raismes Fest en 2003 avec EPICA, EVERGREY et THE GATHERING entre autres, mais aussi ouvert pour AGUA DE ANNIQUE (le groupe de la carrière solo d'Anneke van Giersbergen), STREAM OF PASSION ou encore PENDRAGON, AMARTIA remporte un franc succès avec son troisième album « Delicately » paru en 2009. Pourtant après la sortie de « In a Quiet Place... » et le départ de sa chanteuse Britta Herzog en 2011, le groupe s'octroie une pause. C'est à l'occasion de sa rencontre avec la chanteuse Amandine Duwooz en 2014 que Vincent Vercaigne, leader et guitariste de la formation décide de relancer l'aventure. Cela débouchera sur un très bel album réalisé en 2017 intitulé « The Beast Within ». Disque qui lui donnera l'occasion de faire la première partie de KLONE.

En 2020 est venu le temps pour AMARTIA de donner une suite à « The Beast Within ». L'aventure commence par un plébiscite puisque la campagne de financement participatif lui permet de collecter plus du double de la somme nécessaire pour réaliser « Daylight Beauty ». Jamais mieux servi que par soi même, AMARTIA s'est chargé d'enregistrer et produire son sixième album tandis que le mixage et le mastering ont été réalisés par Brunö Levesque. Quant à la pochette, elle a été conçue par le bassiste, Sébastien Decarpentries. Sur fond blanc, on trouve un cœur et un bulbe de plante qui fait penser à une tête momifiée. Deux symboles, source de vie qui par le ton noir et blanc de la pochette évoque quelque chose d'énigmatique et un peu inquiétant. En opposition à son prédécesseur « The Beast Within », « Daylight Beauty » comporte peu de riff heavy et s'inscrit bien plus dans le rock progressif. Les compositions révèlent un solide duo rhytmique tenu par Sébastien Decarpentries à la basse et Quentin Daumal à la batterie, qui permet à Cyril Carette aux claviers et Vincent Vercaigne à la guitare de développer leurs soli se répondant un peu comme dans une formation jazz.

Après une introduction épurée, Amandine développe les lignes de chant mélancolique de "Lose Control" qui laisse aisément imaginer une jeune personne qui se languit de cette époque où elle pouvait danser jusqu'au petit matin. A noter de très belles parties de guitare et de clavier qui font de ce titre une jolie entrée en matière. Dans la lignée du titre précédent, "Dancing Light" se déroule sur un rythme mid-tempo qui permet à Amandine de développer sa voix de tête. Le premier solo aérien au milieu de la chanson ne manquera pas aux fans de THE GATHERING de se remémorer de bons vieux souvenirs. Débouchant sur un second solo de guitare plus agressif, le titre continue sur une note légèrement plus heavy. "Lily" est un superbe morceaux basé sur un arpège où alternent couplet, solo de guitare et clavier, puis, dans la seconde partie, un solo de saxophone qui n'est pas sans rappeler SUPERTRAMP. "Child’s Eye" débute sur un émouvant duo piano/voix avant d'être rejoint par l'ensemble du groupe. "The Journey" démarre sur un rythme de percussions electro sur lequel vient se poser à nouveau un arpège de guitare traçant le chemin pour les lignes vocales. Une invitation au voyage qui va crescendo vers un solo de clavier endiablé auquel fait écho celui de la guitare. "In Waves" est un très agréable instrumental qui ne manque pas de rappeler l'esprit d'un certain grand voyage sans pour autant le cloner. Il introduit tout aussi bien le magnifique "Old Man And The Sea" aux accents PINK FLOYD et qui a fait l'objet d'un magnifique clip inspiré par l'oeuvre d'Ernest Emingway. "Melancholy" résume tellement bien l'esprit de « Daylight Beauty » qu'il aurait pu en être le titre. Avec "Please Tell Me" et "Cloud 9" cette mélancolie ambiante se fait plus heavy et les lignes de chant se font plus gaies et déterminées, à tel point que les chorus résonnent comme des hymnes. « Daylight Beauty » se terminent sur une partie parlée en forme de réflexion faisant référence à « The Beast Within » et évoque le fait que rien n'est ni tout blanc ni tout noir.

Avec « Daylight Beauty » AMARTIA démontre qu'il est bel et bien de retour et mériterai d'être mis au premier plan de la scène rock progressif. Le vif succès de sa campagne de crowdfunding démontre que le groupe dispose d'une solide fan-base. La qualité de ce nouvel album, qui est de loin le meilleur que le groupe ait réalisé à ce jour, démontre qu'il pourrait bien compter dans le monde de demain... Basés sur une rythmique certes discrète mais d'une grande efficacité, les guitares et les claviers délivrent des mélodies imparables sur lesquelles les lignes de chant affirment la nouvelle signature vocale d'AMARTIA. En attendant, nous vous invitons à découvrir ce superbe album dont nous reparlerons très probablement à l'occasion des traditionnels top albums de fin d'année...

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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