13 juin 2021, 18:57

THE GATHERING SPECIAL #6

Interview Marike Groot

Marike Groot est la voix féminine du premier album « Always... » (1992). Après son départ du groupe, nous ne lui connaissions guère d'autre projet :  quelques concerts caritatifs avec le line-up original en 2012 et son apparition en 2014 pour les 25 ans de carrière de THE GATHERING, mais elle a refait surface avec le groupe de rock alternatif TULLY MONSTER. Nous nous sommes entretenus avec la chanteuse afin de revenir sur sa carrière au sein et en dehors de THE GATHERING...


Peux-tu nous parler de ton parcours musical avant de rejoindre THE GATHERING ? 
Tout à commencé à mes 18 ans, lorsque ma sœur m'a demandé de rejoindre son groupe, THE GRABBITS, suite au départ de son chanteur. Quelques semaines plus tard, nous avons donné notre premier concert dans ma ville natale et joué quatre chansons. Nous étions plus ou moins influencés par le punk qui consistait à faire du bruit, mais en même temps, nous trouvions cela limité. Le manque de motivation de ma sœur et du batteur a amené le groupe à se séparer. Peu après, j'ai rejoint THANK GOD FOR US dans lequel jouait Jacob de Greeuw (JOHAN). Cela n'a duré que six mois et avec Jacob, nous avons décidé de continuer ensemble. Mon compagnon de l'époque, RJ van der Woud (TULLY MONSTER), nous a rejoint à la basse et a trouvé le nom du groupe : LITTLE MARY BIG. Ensemble, nous avons réalisé un album « Sophy » en 1990 et un EP « Too Far Gone » en 1991. Bien que nous n'ayons pas donné de concert, nous sommes allés en finale du concours The Grote Prijs aux Pays-Bas, mais le jury était partagé et nous n'avons pas pu jouer notre chanson "The Waltz" dans de bonnes conditions, au point qu'un journaliste a écrit que je chantais comme un animal en grande détresse.

Comment as-tu rejoint THE GATHERING qui évoluait dans un style très différent du tien ?
J'ai grandi avec THE BEATLES, Nina Hagen, THE POLICE, VAN HALEN, CROSBY, STILLS, NASH & YOUNG et FLEETWOOD MAC. Un univers assez diversifié. Coller une étiquette à un style musical est quelque chose qui m'est complètement étranger. Plus jeune, cette question m'agaçait, car je ne savais jamais y répondre. Ma rencontre avec THE GATHERING s'est produite lors de l'enregistrement de la démo de LITTLE MARY BIG. Han Swagerman, le propriétaire du studio, nous les a fait écouter avec enthousiasme en nous demandant ce que l'on en pensait. Ils nous a aussi dit qu'ils cherchaient une chanteuse et qu'il leur avait fait écouter notre démo. Avant cela, je n'avais jamais écouté de metal. Cela m'était totalement inconnu, au point que je n'avais même pas idée de quel genre de musique cela pouvait bien être. N'étant pas à l'époque une adolescente heureuse et joyeuse, j'ai rapidement été intriguée par la musique et par ce type de chant que je n'avais jamais entendu auparavant. Tout cela m'a convaincu que je pouvais y contribuer, mais ça restait un projet pour moi et je n'avais pas vocation d'être un membre à part entière du groupe. J'ai donc commencé par aller les voir en concert. Hugo (Prinsen Geerligs, bassiste) qui plaisantait à moitié, m'a alors suggéré que je pourrais les rejoindre sur scène, ce qui m'a sur le coup fait très envie. Cependant, il me fallait observer et découvrir avant de me lancer. Leur manière d'agiter leurs cheveux sur scène m'a beaucoup intriguée et je me suis demandé comment je pourrais m'intégrer et quelle attitude avoir sur scène. C'est ainsi que m'est venue l'idée d'apparaître sur scène statique telle une statue et c'est ainsi que j'ai rejoint THE GATHERING.

Pourquoi as-tu décidé de quitter THE GATHERING ? 
Comme je le disais précédemment, je n'étais pas un membre à part entière du groupe. De plus, nous vivions à 140 km de distance. Je ne participais donc pas aux répétitions. Un an après mon arrivée et plusieurs concerts joués ensemble, il a fallu prendre des décisions contractuelles car nous étions devenus très populaire. Mon beau-père qui avait déjà négocié des contrats dans ce domaine, a découvert que les termes de ce dernier n'étaient pas très avantageux. Mais le groupe a estimé qu'il ne pouvait pas attendre et a quand même continué avec Foundation 2000 plutôt que de chercher un autre label néerlandais prêt à miser sur eux. Cela a malheureusement créé quelques tensions entre nous. Pour le second album, quand nous avons commencé la composition de « Almost A Dance », il est apparu qu'il fallait que les lignes de chant évoluent. Bien que Bart le souhaitait, la transition s'est avérée difficile pour lui. De mon côté, même si j'aimais beaucoup la musique et qu'en théorie ces nouvelles compositions m'offraient plus d'espace, je ne me sentais pas capable de le faire. A cette époque, je me remettais encore d'une maladie auto-immune accompagnée d'une dépression. Ajouté au fait qu'avec les garçons, nous n'étions pas proches et bien qu'il avait été décidé que je sois officiellement un membre du groupe, la pression était pour moi trop forte. J'ai donc décidé de terminer la série de concerts programmés afin de leur laisser le temps de trouver une nouvelle chanteuse.

Quels souvenirs gardes-tu de cet incroyable anniversaire des 25 ans ?
Ce week-end avec TG25 a été merveilleux. Je ne connaissais ni Anneke, ni Silje. Ce fut génial de travailler avec elles. J'ai adoré pouvoir chanter "In Motion #1" au côté d'Anneke qui est une chanteuse merveilleuse et une grande artiste. C'était très plaisant de pouvoir répéter tous les quatre ensemble, Bart, Anneke, Silje et moi. Bien sûr aussi rejouer les titres de « Always... » avec les gars, que nous avions déjà rejoués ensemble en 2012. Voir en duo Silje avec Anneke ou Bart et aussi nous quatre ensemble m'a donné la chair de poule. Je ne pensais pas que cela fonctionnerait aussi bien, mais avec le public, c'était magique. Je regrette que sur l'album certaines de mes harmonies aient été laissées de côté, mais grâce aux vidéos réalisées par le public une partie a été immortalisée. C'est dommage que Martine van Loon et Niels Duffhues n'aient pas participé à cette réunion. J'aurais aimé les rencontrer et connaître leur point de vue avec le recul sur la sombre époque de « Almost A Dance ». Quant au public, il a fait de ce week-end une fête d'anniversaire incroyable. C'était absolument fantastique de voir cette foule venir du monde entier, son engouement sur les réseaux sociaux au cours des semaines précédant les concerts. Voir aussi ces gens apprécier les différents line-up de THE GATHERING et être la plupart du temps amical est bienveillant (sourire). Je pense que THE GATHERING a vraiment une superbe fan-base.

Entre ton départ de THE GATHERING et ton activité récente avec le groupe TULLY MONSTER, tu sembles avoir un peu délaissé la musique. Pourquoi ?
En fait, je n'ai jamais vraiment arrêté. C'est juste que j'ai participé à de nombreux groupes ou projets qui n'ont pas abouti. Ou du moins qui ne sont pas allés assez loin pour être remarqués. En fouillant un peu, il est possible de trouver deux ou trois choses, mais en effet pas grand chose. Parmi ces projets, pour lesquels j'ai officié comme chanteuse et guitariste, il y a MAE WEST, WONDERLUST, THE WEAVILS (un BEATLES tribute-band) dans lesquels j'ai pu travailler mes harmonies vocales. J'ai pu y prendre beaucoup de plaisir, mais je manquais d'assurance en moi, j'étais perfectionniste et sensible, il y a donc aussi eu des ruptures difficiles. Je suppose que les gens attendaient beaucoup de moi et je n'étais pas capable de le faire. Mais l'envie de continuer a toujours été la plus forte. Au final, je suis heureuse d'avoir pris le temps de terminer mes études supérieures, car aujourd'hui j'ai trouvé mon équilibre entre mon travail, mon mari et mon fils... et bien sûr mon groupe TULLY MONSTER.
 

THE GATHERING : Facebook.com/thegatheringofficial
TULLY MONSTER : Facebook.com/thetullymonster


Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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