16 juillet 2021, 18:30

DEAR MOTHER

"Bulletproof"

Album : Bulletproof

Tout a commencé lorsque Merel Bechtold a pris la décision de quitter DELAIN pour se recentrer sur ses projets et tracer son propre chemin en tant que musicienne. C'est en jouant la musique de DAYSHELL, un groupe qu'elle affectionne, qu'elle se reconnecte à la musique et lui vient l'idée de former un nouveau groupe. Elle appelle alors le batteur Joey de Boer (ex-DELAIN) avec qui elle a enregistré « Solipsis », l'album de son premier groupe PUREST OF PAIN. Ensemble, ils décident de lancer un nouveau groupe DEAR MOTHER. Alors que Merel a déjà commencé à travailler sur de nouvelles compositions, le besoin de trouver un chanteur se fait rapidement sentir. Elle enregistre alors une vidéo qu'elle partage sur les réseaux sociaux. C'est grâce à cette bouteille jetée dans le chaos social mondial que Merel va trouver la perle rare grâce à une autre guitariste qui la suit et lui conseille un de ses amis, David "Pear" Hruska, un russe installé à Londres qui va cocher toutes les nombreuses exigences qu'avec Joey ils se sont fixées. Le jeune guitariste qui s'est récemment découvert une passion pour le chant va faire mouche en auditionnant sur le titre "Vertigo". Le trio va alors lancer une campagne de crowdfunding qui va rapidement être couronnée de succès. Il ne lui reste plus qu'à trouver un second guitariste et un bassiste. C'est Ferry "Punto" Duijsens (THE GENTLE STORM, VUUR) qui se chargera des autres lignes de guitare et Werner Erkelens (AVIATIONS, I BUID THE SKY, ex-INDUCTION) de la basse. C'est dans ce contexte troublé est inédit que DEAR MOTHER peut enfin enregistrer son premier album. Entre confinement et interdiction des concerts l’enregistrement de « Bulletproof » aurait facilement pu être compromis, mais c'était sans compter sur l'énergie et la détermination du trio. Avec une culture du Do It Yourself certaine, il réussit non seulement à mener à bien son projet, mais aussi à le faire vivre à travers sa chaîne YouTube et ses réseaux sociaux. Cinq des 12 chansons que comportent l'album sont déjà parues et accompagnées d'un clip-vidéo qui a pu être réalisé par le chanteur, également cinéaste, grâce à l'investissement et le soutien massif d'une communauté appelée la DEAR MOTHER family.

Le teasing en mode compte-à-rebours commence en décembre 2020 avec la publication du premier single "12 Years In Exile". Le clip mets en scène les trois musiciens jouant au milieu d'un gigantesque hangar désaffecté. Cette mise en scène laisse imaginer le sentiment ressenti par le monde de la musique et de la culture en général en cette fin d'année 2020. Un monde oublié dans un entrepôt ou plus simplement un monde abandonné de tous et qui s'interroge sur son avenir. Musicalement, "12 Years In Exile" présente superbement les différentes facettes du groupe. Une introduction courte mais angoissante qui laisse place à un riff de guitare incisif soutenu par une batterie puissante. L'ensemble se met ensuite en retrait pour laisser place au couplet sur lequel le chanteur développe son large spectre vocal.

En janvier 2021, c'est "Symbiose" qui fait l'objet d'un clip. Sur fond de lever de soleil inquiétant, le titre démarre sur une rythmique ultra-rapide et puissante sur laquelle vient se greffer un chant screamé qui donne l'impression d'entendre Tatiana Shmailyuk de JINJER. N'étant pas créditée comme invitée, on comprend rapidement qu'il s'agît bien de David "Pear" Hruska. Les plus observateurs devraient aisément identifier à qui appartient la bouche démesurée accolée sur les personnages pour illustrer le chant.

En mars 2021, sort le clip de "Satellite" qui commence avec un arpège sur lequel un message nous fait comprendre que le titre aborde le sujet de l'alcoolisme et de la dépression. Le chant incarne un personnage qui se bat contre ses démons. La voix chargée d'émotion et de souffrance offre un couplet qui se développe sur un rythme mid-tempo. Si le refrain sonne comme une sorte de libération, le pré-refrain lui, incarne la révolte du personnage contre ce mal-être qui mine son esprit. Si la chanson évolue crescendo vers quelque chose de puissant, la fin qui reprend l'arpège du début, renvoie à la réalité de ceux qui continuent leur combat contre ce mal-être qui les ronge de l'intérieur et ceux qui malheureusement ont été emportés.

En avril 2021, le groupe révèle la vidéo de "Invincible" mettant en scène la rencontre de deux princesses et d'un marchand de mort qui n'est pas sans rappeler le personnage de Marilyn Manson. Musicalement, moins énergique que ses prédécesseurs, le single n'en demeure pas moins puissant et permet à David de développer la richesse de ses lignes de chant. Après un dernier couplet agressif, le refrain est repris par deux fois. Une première crée une rupture sonore, interprétée par un chœur d'enfant avant d'être repris avec puissance par le chanteur pour terminer la chanson.

En juin 2021, c'est un clip animé tiré d'une bande dessinée réalisée pour l'occasion qui révèle le titre "A Soul For Hire". L'animation propose une scène de combat sur une île au milieu d'un océan inconnu sur lequel se trouve un mystérieux trésor. Le titre propose un mi-tempo. Le plus calme que le groupe ait proposé jusqu'ici, mais avec une ligne de chant claire assez émotionelle. Le refrain plus énergique se base sur un riff electro.

Sept autres chansons viennent compléter ces cinq singles déjà disponibles sur toutes les plate-formes de streaming. On retrouve "Vertigo" qui ouvre l'album, ayant été utilisé lors de l'audition de David Pear, et qui a convaincu Merel Bechtold et Joey de Boer au-delà de leur espérance, par la ligne de chant proposée.
Plus brut, "Means To No War" est tout de même un très bon titre qui propose un excellent refrain. "The Ones Below" est une sorte de ballade au accent metal-electro qui offre à David Pear la liberté de développer son chant. "An Eye For An Eye" se déroule par un couplet dans la lignée de PANTERA tout en proposant un refrain plus chantant. Entre couplet brut et ambiance electronique, le puissant "Fade In" vous emportera avec son superbe refrain. Si votre cœur bat toujours après les déflagrations sonores précédentes, "Heart" vous laissera un peu souffler avant de laisser place à la ballade "Palace" qui referme superbement ce premier album d'une grande maturité.

Avec détermination face à l'adversité, le trio a su délivrer un album d'une grande qualité. Espérons qu'un avenir proche lui offrira l'opportunité de mettre en scène cette incroyable réalisation et faire voyager ses fans autrement que virtuellement. En attendant, « Bulletproof » fait partie des albums de cette année qui méritent que l'on y prête une oreille plus qu'attentive. DEAR MOTHER est parmi les espoirs et révélations 2021 avec lesquels il faut désormais compter.

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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